Oncken, Vnser Reldenkaiser, p
nique ne devait point être h&iée. En 18&0, quelques princes, les grands-ducs d'Oldenbourg et le duc de Sexe-Meiningen, peut-^tre Frédéric-Guillaume de Prusse, avaient espéré que l'Empire sortirait de la guerre avec l'Autriche'. Bismarck avait écarté ces espérances prématurées : l'ardeur du combat avait rendu impossible l'union fraternelle du Nord et du Sud, et la création définitive d'un Elmpire partiel eûl empëcbé plus lard la fusion de toute l'Allemagne. Il fallait que le besoin d'unité fût ressenti par le peuple ot les princes, que la renaissance du vieil Empire devint un appétit national, et que le sacre de l'empereur Guillaume soulevât les acclamations d'un peuple enthousiaste.
Dès les premières victoires, les partisans de l'unité nationale annoncèrent la renaissance de l'Empire allemand et le prince royal de Prusse devint l'ardent défenseur de celte ambition : au milieu d'août, il rédigeait un mémoire pour l'exalter ; aux bivouacs du soir, il en enlrclenait son père, ses frères d'armes el Bismarck*. A son gré, 1(! chancelier était trop lent, et il se plaignait de sa prudence. « L'idée impériale a été à peine indiquée », écrivait-il le 3 septembre après un long entretien avec Bismarck, et il se contenait pour ne pas « exercer de contrainte' »,
1. Le duc de Saxe-Meiningen avait entrelen» à ce sujel une correspoii' dance avec ses cousins de Cobourg et de Weiiuar. et le graBd^uc d'Oldenbourg avait Tait rédiger un mémoire â cel égard. Ces pièces ont été publiées par Lareaz. Kaiser WilMm und ilie Begrûndung des Reichs, p. 574 et suiv. Le prince royal de Prusse pariait alors de créer le titre de roi des Allemands.
2. Bismarck, dans ses Pensées et Souvenirs, t. Il, p. 137. tend A faire croire que le prince Frédéric Guillaume Ëtail opposé à l'idée impériale et désirai! même en 1870 la création d'un royaume allemand. C'est une erreur, qui parait actuellement coiitrouvée. Voyei W. Busch, loe. cilci les nombreux auteurs qu'il l'ile, notammeut Freytag, Der Krtripritu iinrf die deuUche Kaiserkrane.
3. Atu Kaiter Friedrichs Tagebuch, 3 septembre 1870. On sait que Bismarck a accusé GefTcken d'avoir « tripatouillé a tes notes du kron-
LA RBNAISSANCB OK L'EMl'tRb: ALLEMAND 2ùl
Biemarclc n'était point en désaccord avec le prince de Prusse : leurs désirs étfùeat les mêmes, ils ne difTéraient que pur la promptitude à les réaliser. Le prince voulait brusquer les choses, et obtenir, par un même acte, la constitution unitaire et la renaissance de t'Ëmpire. Le miniaire voulait préparer leolcmcnt l'uaité allemande, signer définitivement les trsâtés avec les quatre cours du Sud, et seulement alors rétablir le titre impérial. Une démarche du prince Luilpold de Bavière, en octobre', lui permît de croire que la cour de Munich accepterait l'hégémonie de l'empereur allemand plus volontiers que celle du roi de Prusse : il y avait déchéance pour le roi Louis à se courber devant un autre roi; le sacrifice était miHndre de se soumettre à l'héritier d'Othon et de Frédéric Barii>erou3se. Â ce moment, peuples et princes réclamaient l'Emmure et l'empereur, Kaiser und Rtieh '. Bismarck attendit encore et n'agit .qu'après la signature des traités unitaires.
Il prévoyait une vive opposition du roi Guillaume. Prussien dans l'&me, te vieux souverain éprouvait une mélancolie pn^ f(Hide à dissimaler son Ulre de roi de Prusse sous le nom pompeux d'empereur ; pour qu'il acceptât cette « déchéance », le vœu de la nation était insuffisant, il fallait qu'il fût conlraial par les princes, seuls dignes d'exercer sur lui une influence ; pour les princes même, le sacrifice était plus facile, s'il était spontané. Ainsi Bismarck cherchait à faire offrir à son maiire la couronne impériale par un de ses pairs : l'un d'eux y était prêt, le grand-duc de Bade, mais ce n'était qu'un monarque de second plan, et que ses liens de Tamille avec Guillaume
prinï. Peméu et SmiMuirt, t. II. p. 139 el Rapport du 13 septembre 1SS8. dans Uahn, FUnl Bitmarck, t. V, p. S73.
t. Supra, t. m, p. 187.