‹ Bismarck et son tempsChapitre 75 sur 270 · Schneider KaUer WiiMm. I, III, p · texte numérisé non relu

Schneider KaUer WiiMm. I, III, p

du nom impérial : « Qu'aî-je à faire de ce titre d« connwn- • (tant honoraire », répliquait avec colère l'obstiné Prussien. Plus le jour approchait de son couronnement, plus était vive son irritation et profonde sa tristesse, u Je ne puis dire combien j'étais morose tous ces temps, écrivait-il à la reine, en partie à cause' de ces nouvelles responsabilités, surtout par douleur de quitter le titre prussien... J'en étais si morose que j'étais sur le point de me retirer et de tout remettre h Fritz'. »

Cependant tout était prêt : on n'attendait plus que le vote de ta Chambre bavaroise, et, comme il lardait trop, on décida de passer outre. Le 14 janvier, le roi Guillaume avait adressé aux princes allemands une lettre pour leur annoncer son nouveau titre : a Je revêts la dignité impériale, disait-il, non pour prétendre à un pouvoir qui s'est affermi dans les temps les plus glorieux de notre histoire au détriment du développement intérieur de l'Allemagne, maïs dans le ferme dessein d'être, par la grftce de Dieu, comme prince allemand le fidèle protecteur de tous les droits et de conduire t'épée de l'Allemagne pour la protection de notre patrie'. »

Le jour solennel approchait, mais il restait & trancher les <|uestions, si petites et si grandes, du protocole. Le 17 janvier, le roi Guillaume s'enferma pendant trois heures avec son Uh, Bismarck et Schleïnitz, ministre de sa maison. La discussion fut chaude; on délibéra d'abord sur le titre du nouveau souverain ; le roi cl le prince l'eussent voulu Empereur (rAUemagne. Bismarck avait déjà pi-omis aux Bavarois

1. Le roi Guillsuine à la refoe, 18 janvier W». Oocken, Unitr Utidtntaiser. p. ils.

i. Duc (le Ci'boiirg. Aus meinem Lebtn, t. lit, p. 870. avec Is date crro-

iif-e du 17.

d'écarter cette dénominatioD, qni sof^wstût un pouvoir tciri- Uwial, et d'admettre le titre d'Empereur allemand ; Guiliaume se rebiffa, déclara « qu'it voulait être Empereur d'Allemagne on ne pas être Empereur dtitout» ; « Bismarck cita d«s textes, em hrtin, en russe, — et le roi refusa de céder, ce qœ était tout à fait extraordinaire. On passa ensuite à la préséance des' rois, grands-does et princes ; et le débat fat si ardent, que Giûllaume se leva de coïère, se collant à une fenêtre, ne nKintrant plus à ses interioculeurs que son dos impérial'. Il fut convenu que Bismarck deviendrait chancelier impérial, — tt cooaiee Beust, remarqua-t-il avec indulgence, cela me mettra en bien mauvaise compagnie ». 11 ne fut pas question de ministère impénal, mais on s'arrêta longuement aiix couleurs d'Empire, à la cocarde, à la cérémonie du lendemain, qae le roi eût voulu pompeuse comme son couronnement à KaBnig^>erg*. Le 18 au matin, on dbcutait encore, et Ksmarck persuadait le grand-duc de Bade de ne point proclamer l'Empereur d'Allemagne : cet autoritaire implacable t'en»porta; l'empereur n'est que dentseker Kaiser.

Le 18 janvier 1871, Guillaume, roi de Prusse, fut proclamé Empereur d'Allemagne dans le cbftteau de Louis XIV ' ; cette Asie est chère au cœur des Allemands, car elle leur est glorieuse; elle doit être enfoncée au cœur des Français, comme un enseignement.

Dans la Galerie des Glaces, un autel avait été dressé, et quand Dieu eut parlé par la voix de son prêtre, l'empereur y

1. PriDce de Bismarck. Penaies et Souvenirs, I. II, p. 112 et suiv. Aun Kaiter Prietlrichs Tagebuch, 17 janvier 187*. Le roi (iuillauiue à la tcine, IS janvier 1870.

i. a. supra, t. I, p. Ui ul suiv.

3, lia rtcH officiel de la Juamèe a paru dans le StaatÊOHtmgei: Chaque aaBista*t en a bli ua. Le meilleur résume dans Oncken. Da* Zeilaittr tlet . Kaiter» Wilbtlm, t. II. p. 307 et suit-.

monta entouré des membres de sa famille, des princes allemands. Devant lui, point de députés ni de magistrats, point de robes féminines ni d'ornements ^acieux, mais des généraux et des soldats, des casques et des épées, le règne du fer. Casque au poing, sabre au côté, Guillaume prit la parole pour annoncer aux « puissants princes, ses alliés et confédérés M qu'il recevait d'eux, pour lui-même et ses descendants, la couronne impériale; il le faisait « dans l'espoir qu'il pourrait avec l'aide de Dieu, remplir les devoirs d'empereur pour la bénédiction de l'Allemagne ». Bismarck alors dressa sa haute taille, pftle, fiévreux", blanc dans son uniforme blanc, et tut lu proclamation impériale que lui-même * avait rédigée'. « Nous prenons, y déclarait le nouveau souverain, la dignité impériale en conscience de notre devoir, décidé à protéger les droits de l'Empire et de ses membres, à assurer la paix et l'indépendance de l'Allemagne, appuyé sur la force unie de son peuple. Nous la prenons dans l'espoir que le peuple allemand pourra trouver la récompense de son ardent et pénible combal, dans une paix durable et dans des frontières qui lui assureront contre de nouvelles attaques de la France la tranquillité troublée depuis des siècles. » Dès qu'il eut terminé, le grand-duc de Bade s'avança et comme premier des princes présents s'écria ù haute voix : « Vive Sa Majesté Impériale, l'empereur Guillaume ' ! » Les acclamations vibrèrent, L'Empire était fait.

1, Keudcll. Bîimurck et sa famille, p. i28. t. Aheken. Eitt achliikles Lebtn, p. 481.

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