Texte dans Halin. FUrst Bismarck, t. Il, p
4. L'habile grand-duc ménageait ainsi Guillaume el Bismarck, car il ne proclamail ni l'empereur d'Allemagne, nil'emporeurallemand. Le mooarque comprit d'où venait cette habilclé et en manifesia haulemenl son dépil en afFcctant de ne pas voir son cliancetier el de ne lui point tendre la main. Bismarck. Pensées el Souvenirs, t. Il, p. 145.
LA RENAlSSiNCK DB L'I':MP1RK ALLEMAND !IT
L'Empire allemand est né de l'accord d'un peuple et d'un homme. Dans tout le couf3 du xix* siècle, la nation germanique a soufTert de son émietlement et a réclamé l'unilé de la pairie. Aux heures de crise, en 18i0, en 1848, en 18o9, la voix du peuple s'est élevée, forte et impérieuse ; une fois les princes ont tremblé à l'ouïe de cette grande clameur ; ils ont cédé, mais pour se venger dès que le peuple s'est assoupi. Et le désir patriotique est demeuré, prêt à éclater en colère, ou à se lever en force obéissante. Dès lors l'unité allemande est en formation et comme immanente. Mais en quel temps renaîtra le vieil Empire? Quel forme prendra-t-il ? Quelle sera son étendue? Quel esprit sera le sien? Toutes ces questions demeurent sans réponses. Pour les résoudre, un homme est venu, autoritaire et dur, mais intelligent des aspirations nationales et résolu à les satisfaire au profit de son roi. 11 ne s'est inféodé à nul parti, à nulle idée ; mais il a emprunté à toutes carrières les pierres de la maison impériale, au droit divin comme au droit des peuples, au passé comme au présent et à l'avenir. Il a conservé l'antique forme territoriale, née de guerres et de révolutions séculaires ; et, sur celle vieille mosatt|ue, il a~ planté un nouvel Empire, sui^i du vœu national. Tenace, il a suivi son plan malgré la tempête de l'Etat prussien, à travers trois guerres, en dépit de toutes les contradictions. El, le 18 janvier 1871, il a dressé de sa poigne puissante l'Empire allemand dans le château français.
A l'heure où les trompettes allemandes entonnaient le chant de triomphe dans la Galerie des Glaces, un pMe rayon de soleil se glissa entre les nuages d'hiver comme pour répandre sur la terre désolée de France une promesse de renouveau.
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'aris. — Hësialance de l'aria et de la province. Irritation des Allemands. — La question du siège et ses difScultés. Débats et opinions : irriUition en Allemagne et à Versailles. — Indignation de Bismarck : crainte d'iotervention ; conflit avec les généraux — Décision du roi. — Le bombardement d'Avron. — Le 5 janvier 1871 . — Fin de la guerre en pro-
% ïl. LWlsace kt l.\ Lohh.une. — La formation historique de l'Alsace et de la Lorraine. Le patriotisme des Alsaciens-Lorrains, — Bismarck et la terre d'Empire. — Les première» victoires et l'opinion publique. — L'organisation de l'Alsace-
■ Lorraine et les diverses compélitions : terre d'Empire. — La frontière, Metz. — Grande iniquité et grande faute.
^ III. L'ahmisticr. — Reddition proctiainedeParis. Jules Favreet la conférencede Londres. — Bismarck et les bonapartistes. — Jules Favre à Versailles : entretien avec Bismarck. — Délibérations du roi avec le chancelier. Négociations du lendemain. — Retour de Jules Favre à Paris et nouvelles négociations à Versailles, Cessation du bombardement. — Négociations militaires. — L'armistice. — Colère des généraux allemands. — Négociations ultérieures.
s; IV. Lrs psAuuiNAiRBS DE VERSAILLES. — L'Assemblée de Bordeaux. M. Thiers, chef du Pouvoir Exécutif. Effet au camp allemand. — Négociations diverses a Vorsailles : l'argent et les colonies françaises; les puissances étrangères. — M. Thiers à Versailles; premières négociations sur la paix. Visites de H. Thiers au roi cl au prince roj'al.— La question de Metz. — Les cinq milliards. Bcifort et l'entrée des Allemands dans Paris. Les derniers débats. — Les représentants du Sud. — La signature des préliminaires,
S V. Enthèb a Pahis El iiBTucn a Beblis. — La revue de Longchanips et lontré.Mlc's Allemands àParîs. Bismarck à l'Arc de Triomphe.
Débats de Bordeaux : acceptation du traité. — Echange des ratifications. — Dépit des Allemands ; mauvaise humeur de Stsmarck. —Départ de Teraailles. Retour à Berlin.
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Paris résiatait encore ; à la porte des boucheries et des boubngcries s'allongeaient les files de femmes et de mères, et les hommes d'aujourd'hui ont gardé sur leurs lèvres le goùtda pain raneeel des pfllés de rats. La provînct: résistait encore; à la place des maréchaux vaincus en un mois, deschefs nouveaux faisaient lace à la meilleure armée du monde, commandée par les premiers généraux du temps ; Chanzy résislait pied à pied dans la vallée de la Loire, Faidherbe reculait savamment au N(mxI, Denfert tenait comme un sabre fiché dans le roc de Belfort, Gambelta faisait sui^ir des armées du strf sous la pression de son patriotisme; au lieu des vétérans de Malakoff et de Solférino, prisonniers en Allemagne, des soldats sans expérience, mal équipés, mal nourris, se lançaient 6 l'ennemi par foi en la patrie. De cette double résistance est née la France moderne.
L'adversaire en était étonné et irrité. Moilke avait annoncé qu'il chasserait le lièvre à Greisauàlafin d'octobre', et le lièvre silésîen pouvait songer tranquille en son gtle. En novembre, l'inquiétude était grande au camp prussien : le général von der Tann, battu à Coulmiers, se retirait en laissant exposée la route de Versailles; les Parisiens redoublaient d'activité ; l'étrangers'inquiétait ; la situation était « critique ^ » . Pour en sortir, il fallait un coup d'éclat : la prise de Paris.
I. Moitié à son [r«ru,Si Eeplembro ISTO, GttammeUa Wei-kt, I.IV. p. 198. S. IL, iacab. Bifiiarck und die Eriverbung Eiaosa-Lathringenu lSTO-71 (Slraseburfi;. IM5), p. 53.
UISMAftCK
I mois de septembre, trois moyens s'offraient aux Alle- Is pour réduire la capitale française': l'attaque directe, iup de main, difficile dès lors que l'ennemi avait mis en e ses fortilicalioiis ; la famine, Lente mais sûre, et qui
eu raison en six semaines de la garnison de Metz; le tardement, qui agirait par terreur sur le peuple et a destruction des forts. A Reims, Roon et Moltke se it d'accord pour choisir la faim et l'attaque, en renon-
à bombarder la ville. Mais, à l'ardeur, des premiers lats, il apparut que le siège de Paris était une opération lifficilequ'elle n'avait semblé dès l'abord, et les gfénéraux liens se scindèrent. Roon réclama le bombardement idial% Moltke tint au plan primitif : il en donnait de es raisons ; le bombardement de Paris était une opération dérable, qui ne pouvait être entreprise qu'avec de es pièces de siège et des munitions en grand nombre ; irc d'artillerie avait été organisé ft Villacoublay, mais,
y amener le matériel, de grandes difficultés étaient à ire, longues dislances S parcourir, voies encombrées par ains de soldats ou d'approvisionnements, ponts et tunnels its'; au camp prussien, on croyait en septembre la Lion à Paris si fâcheuse, si h intolérable », qu'on s'atleni tenir la ville sans coup férir, et par suite de ses quei intestines'. Le bombardement ne pouvait d'ailleurs être ce que si la place était approchée d'assez prêt pour I la pût couvrir de projectiles; enfin, jusqu'au milieu de
IcILe queslion 1:1 été traitée en détails, et dans le sens le plus favo-
A Moltke. par le gËnéral von Blume, Die Befchiessung von Paris
1 und die Ursachen iht-er VersOgerung. Berlin, 18M.
loon. DenkviOrdigkeilen aus dent Leben. I. III (4< âdition), p. tU.
loltke. La guerre de IH70 (Irad. Jaegle), p. 139, Î91.
loltkc au général Stiehle, SI septembre 1S7D. Milildrische Korrespon-
LA FIN DE LA GUERRIi; S21
novembre, on redoutait une pointe hardie de l'armée de la Loire, qui permît à. l'adversaire de rafler tout le matériel prussien.
A ces considérations de tactique, s'ajoutaient des raisons de sentiment, qui ne touchaient point Moltke, mais dont quelques-uns couvraient les retards de l'action allemande : le bombardement est un « triste », moyen de guerre, qui «choque le sentiment chevaleresque' » en sacrifiant des femmes et des enfants; en Angleterre, l'opinion publique était anxieuse ; liondres s'émouvait de la destruction de la grande ville, dont la rapprochent des relations journalières; quelques Anglaises, mariées en Allemagne, ta princesse royale. M"' de Bhimcnthal, partagaient cette émotion, et cherchaient à la communiquer à leurs époux; la reine prussienne elle-même était sous cette influence'.
Ce n'étaient là que de rares exceptions; en Allemagne, on était étonné de la résistance de ^aris, mécontent du retard mis à réduire la capitale ; pendant le premier mois de la guerre, chaque journée avait apporté un bulletin de victoire; après Sedan, on croyait à la paix prochaine ; or, depuis quatre mois, l'armée était tenue en échec par « Babylone ». L'irritation était vive et fortement exprimée; comme on n'admettait pas une faute du commandement, on faisait retomber sur le chancelier la responsabilité de ces lenteurs*, et M"" de Bismarck accusait, sans douceur, le prince royal de retarder l'acte national*. AuReichstag, le mécontentement était prêt à s'exhaler sous forme d'une vive interpellation et M. d'Unruh