I. Bennigsen au Relcbslag, 30 mars ISTI
S. Mgr KeUelerau Beicbstag, 1" avril 1871.
3. Wierroann. Getchichle det Kullurtampfs (Uipztg, £• édil., ISSfl), p. i3.
^. Laband. Le dfoil publie de fEmpire tdlemand, irad. GandllhoD, t. I, p. BT et Buiv.
juristes : les traités de novembre ne Turent point abrogés ; ils demeurèrent « la base éternelle de droit international sur laquelle repose l'Empire' » ; dès le 1" janvier 1871, avait pris force la constitution prévue par ces traités ; elle fut ensuite modifiée par l'accord du Bundesralh et du Rei<^ta^ ; et la constitution définitive fut mise en vigueur par une « loi de publication » acceptée diT même consentemenl . Ce fut une belle procédure.
Les débats ne furent ardente que sur les « droits religieux » revendiqués par les députés catholiques, dont l'amendement fut repoussé après quatre jours de combat. Bismarck se tint et l'écart de la lutte, se bornant ft argumenter sur le titre du nouvel Etat, — s«rait-il Bund ou Reich, table ou cuvette, — et constatant que a. ce n'était là qu'une question de mots ».
Plus vives furent les paroles qu'il adressa aux Polonais. Reprenant de lointains espoirs, M. deZoltowski avait demandé au Heichstag d'écarter de l'Empire allemand les provinces polonaises. Fortement, durement, le chancelier lui dénia tout mandat spécial. «. Vos compatriotes, dit-il, (mt combattu avec le même courage et le même dévouement que tous les autres Prussiens pour la cause qui nous réunit ici, et sont également reconnaissants pour les bienfaits de la législation et de la civilisation allemandes. . . Vous n'êtes point un peuple, vous ne représentez pas un peuple, vous n'avez pas un peuple derrière vous, vous n'avez rien derrière vous que vos fictions et vos illusions, celle entre autres de croire que vous avez été élus par le peuple polonais pour y représenter la nation polonaise. » Et, s'irntant, s'énervanl, il ajouta : s Ce pourquoi vous avez été élus, j'en sais bien quelque chose :
t. llinel, Studien, 1. I, p. 87, 90. Labend, toc. cit., p. 90.
LA COMSOLEDATION DE L'EMPIRt) «7
VOUS avee été élus pour défendre les intéi-èts de l'Eglise catholique, et si vous le faites, auesildt que ces inlérélâ seront ici sur le lapis, vous aurez rempli votre devoir envers vos (acteurs, car c'est pour cela, de bonne foi, que voua avez étë élus, el pour cela que vous avez plein mandat'. » Sourd grondement qui présage le procbalti orage du Kulturkampf.
Le 14 aviil, le Reicbstag avait accepté définitivement la constitution impériale, qui fut promulguée le 16. Elle reproduit dans ses grandes lignes la constitution de 1867, en donnant quelque autonomie aux deux royaumes du Sud, et en créant uue commission pour les afiairos étrangères, dont nous avons déjà dit le rùle putatif*. En 1871 comme en i867, pour l'Empire aussi bien que pour la Confédératîion de l'Allemagne du Nord, Bismarck se garde d'organiser le régime parlementaire ; l'autorité suprême demeure aux princes ; le peuple doit ëlro eoitsulté, mais ne peut décider : il s'opposo à une ianovalion qui lui déplaît ; il n'impose pas une nouveauté qui lui oiNtvient. Le cbascelier, agent du pouvoir impérial, n'est point responsable devant les députés '. Le gouvernement prussien domine dans le Bundesrath ; l'empereur, — ou son chancelier, — r^t l'Empire.
Diverses questions constitutionnelles, de moindre importance, furent encore débattues devant la Chambre, Elles pennirenl au chancelier de fixer le rôle des futurs organes de l'Empire ; aux députés qui demandaient une indemnité parlementaire, il annonça de courtes sessions du Reicbstag, dans ['intérêt de l'Empire comme pour épargner la saaté des députés ; mais il prédit un grand avenir au Bundesrath,
i. Bismarck au ReichsMg, 1« avril IBTt. Discours (èd, Sli)kc et van Huydeo),!. IH, p. lU el eurv.
i. Supi-a.t. \U, p. 196.
3. Vs^ez les développe me nia de H.M. P. von Roeil el Kpalein, Bitmarcks Slaïutreekt (1903), p. 49 et suit-.
B qui tente pour la première fois de réunir les puissances souveraines, sans enlever à l'État particulier les bienfaits du pouvoir monarchique..., pour exercer la aouverainelé de l'Empire entier... Je vois en lui une sorte de palladium pour notre avenir, une grande garantie pour l'avenir de l'Allemagne : n'y touchez pas ' ».
D'interminables débats s'engagèrent sur la construction du futur Palais législatif. En son for intérieur, Bismarck eût voulu exiler le Reichstag de Berlin, le renfermer dans une tour d'ivoire à Potsdam, poiir le soustraire aux bruits de la foule *. 11 n'osa soutenir publiquement cette opinion, s'arrangea tout au moins pour écarter le Parlementdu centre berlinois, et ainsi futinauguré, vingt ansaprès, le splendidepalaisduThiergarten.
Une grave question restait enjeu, le sort de l'Abace-Lorraine.
Bismarck était sans illusion, les Alsaciens et les Lorrains tenaient à la France et se refusaient à entendre l'appel de la Germania : il exprimait, en plein Reichstag, son regret « qu'une population d'origine allemande fût tellement attachée à un pays de langue étrangère et dont le gouvernement n'a pas toujours été envers elle plein de bienveillance ni d'égards' ». Pour inconcevable, cela était : on ne pouvait donc conférer immédiatement aux Alsaciens les droits de . tous les citoyens allemands. Le Bundesralh prépara un projet (le loi pour organiser un régime provisoire en Alsace-Lorraine : le nouvel État serait pays d'Empire; la constitution allemande n'y entrerait en vigueur que le 1" janvier 187i*;
i. Bismarck au Reichstag, 19 avril 1871.