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LA PREMIÈRE PASSE DARMES

typhique ou idiol. Cependant sa forle constitution et un traitement au madère lui permirent de reprendre le dessus. Il avait laissé à Perlin des amis qui comptaient sur lui pour l'exécution de certains projets politiques. Au premier ran^ de ces amis se trouvaitAlbertde Roon.iiui s'étaitacquisdepuis longtemps une grande réputalion dans les sciences

Utilitaires; le choix intelligent du régent venait de appeler, au mois de décembre 1859, au ministère de la Guerre; il devait garder ces importantes fonctions jusqu'à ta fin de 1875, c'est-à-dire durant quatorze années d'une manière continue; la chose paraîtra intéressante dans les pays où l'instabilité ministérielle est comme un principe de la vie politique. Bismarck et Roon se connaissaient depuis l'année 1835, quand l'un'avait vingt ans et l'autre trente-deux; ils s'étaient liés de plus en plus, comme s'ils avaient deviné qu'ils auraient un jour besoin l'un de l'autre pour réaliser de grands desseins.

Pour le moment Roon avait décidé d'entreprendre la réorganisation de l'armée ; comme Texpérience de mobilisation qu'on avait tentée dans l'été de 1859 avait médiocrement réussi, il estimait qu'il fallait refondre le régime de l'armée, il sentait à l'avance une vive résistance dans la seconde Chambre prussienne; aussi tenait-il à avoir pour compagnon de lutte à Berlin l'ambassadeur de Pétersbourg, dont il connaissait toute l'énergie. C'est pourquoi il s'efforçaii d'ouvrir à son ami l'accès au ministère. Le chef du cabinet militaire du régent, Edwin de ManteufTcl, le fulur général de 1866 et de 1810, patronnait aussi auprès de son

malire la même candidature. L'un et l'autre sollicilaient pour Bismarck le portefeuille des Affaires étrangères.

UN J'ROGBAMME DE POLITIQUE ÉTRANGÊpE

Le régent prit le parti de demander à l'ambassadeur, lors d'un séjour à Berlin, d exposer, devant lui-même et quelques ministres, le programme qu'il comptait suivre. • Le cdté le plus faible de notre politique, dit Bismarck, est notre condescendance envers l'Autriclie, qui nous a dominés depuis Olmtilz... Si nous pouvons résoudre d'accord avec l'Autriche la question de notre influence en Allemagne, cela n'en vaudra que mieux; mais cette entente ne sera possible qxie lorsque, à Vienne, on aura la conviction que, dans le cas contraire, nous ne redouterons pas la rupture et la guerre. • Il importait de conserver de bonnes relations avec la Russie; elles étaient très précieuses pour la politique prussienne. Le ministre des Affaires étrangères, Schleinilz, prit à son tour la parole; d'après lui, les véritables dangers qui menaçaient la Prusse venaient de l'Ouest, de Paris et non d'ailleurs. Il reprenait en somme le testament de Frédéric-Guil- laume TU, le vaincu d'Iéna et de Tilsit, le vainqueur de Leipïig et de Waterloo. Le régent, le fils de la reine Louise.fut touché par cet appel aux traditions paternelles; il laissa Bismarck retourner à Pétersbourg.

Celui-ci peut-être n'en était pas autrement fâché ; il écrivait à sa sœur (f3 juillet 1860): < Je suis

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comme un vieux retrailé qui a renoncé aux choses de ce monde ou comme un militaire autrefois ambitieux qui a atteint le port d'un bon commandement, et il me semble que je pourrais attendre ici la (in de mes jours pendant de longues années de conlentemenl. i II lui disait encore (14 mars 1861) : ■ Je ne trouve point l'hiver aussi mauvais qile je l'avais pensé, et je ne demande pas que ma situation soit modiliée jusqu'à ce que je puisse, s'il * plaît à Dieu, aller me reposer à Schonhausen ou à Reinfeld et y faire confectionner mon cercueil, sans précipitation. •

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