‹ BismarckChapitre 21 sur 55 · LA PRUSSE SORT DE LA CONFÉDÉRATION · texte numérisé non relu

LA PRUSSE SORT DE LA CONFÉDÉRATION

L'Autriche croyait à la victoire, parce qu'elle savait pouvoir compter sur un fort parti à la Diète. Son délégué exposa à la Diète que l'occupation du HoUteîn par la Prusse était unç violation des droits de la Confédération; en conséquence, elle réclamait la mobilisation de l'armée fédérale contre la Prusse. Le 14 juin, la Diète eut à voter sur cette proposition; par neuf voix contre six, elle adopta la proposition de l'Autriche. Le représentant de la Prusse prit alors la parole pour déclarer que son gouvernement n'appartenait plus à la Confédération ; il la regardait comme dissoute; il renlreraità son heure dans te corps germanique reconstitué, quand l'Autriche en aurait été exclue. Le 14 juin 1866, l'Allemagne du congrès de Vienne était morte pour toujours.

On rapporte que Bismarck, en cette journée historique, consulta sa Bible et qu'il tomba sur ces versets des Psaumes : * Je me réjouirai en vous et je tressaillirai de joie; je chanterai à la gloire de votre nom, ô Très Haut. Mon ennemi prendra la fuite ; ils tomberont par terre et ils périront dès que voua paraîtrez. Car vous m'avez fait justice, et vous avez pris la défense de ma cause. » Dans ces paroles du roi David, Bismarck vit un présage Ce victoire, dott mit uns. Certes, il aurait pu trouver

dans la Bibie des textes qui flétrissent la duplicité et la violence. Du moins, c'e^t an« note à ne pas oublier, à propos de Bismarck, que les idées religieuses se sont souvent mêlées à sa conduite d'homme d'État réaliste et positif. En iS65, il écrivait à un ami : • J'espère que, parmi les nombreux pécheurs qui ne se glorifient pas par leur piélé, Dieu m'accordera aussi sa grftce et ne m'enlèvera pas, au milieu des dangers et des doutes de ma mission, l'appui de l'humble foi avec laquelle je cherche mon chemin. » On a déjà dit qu'en 1870, sur le point de quitter Berlin pourla campagne de France, il avait reçu la communion.

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