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LE PREMIER REICHSTAG

Bismarck avait surpris l'opinion allemande, au début de la guerre pru'sso-autriehienne, 'quand il avait repris à son compte, lui le réactionnaire et le hobereau de jadis, les principes de 1848, et quand il avait annoncé la prochaine convocation d'un parlement allemand issu du suffrage universel. On aurait pu croire que coite promesse n'était qu'une machine de circonstance, destinée ù attirer à la Prusse, pour la durée de la guerre, les sympathies de l'Allemagne. Bismarck tint à honneur, aussitôt la guerre finie, de faire do sa promesse une réalité. Dès le 13 août, c'est-ù-dire neuf jours à peine après son retour à Berlin, le gouvernement déposait un

projet de loi : un Reichstag devait être élu, au suffrage universel et direct, pour les affaires de la Confédération de l'Allemagne du Nord. Tel était le nom que Bism^irck donnait à la nouvelle Allemagne, l'Allemagne au nord du Mein, dont l'Autriche était exclue et où la Prusse, désormais, exerçait la primauté d'une manière incontestée.

Les élections pour le Reichstag se firent au mois de février 1867; elles donnèrent la majorité au parti national-libéral, qui avait alors les sympathies de Bismarck. L'ouverture s'en fit en grande pompe à Berlin, le 34 février, par un discours de (iitiliaume 1"^ Le 11 mars, Bismarck exposait devant l'assemblée nouvelle les caractères de la transformation politique qui venait de s'accomplir. » Il n'a pu entrer dans notre pensée, disait-il, de créer l'idéal théorique d'une constitution assurant à jamais l'unité de l'Allemagne, et laissant pleine liberté à tous les mouvements partie ularistes. Remettons à l'avenir le soin de trouver, si' elle existe quelque part, cette pierre philosophale ; la mission du présent n'est pas de songer à réaliser, à quelques décimètres près, celte quadrature du cercle. •

Ces formules théoriques, peu dans la note ordinaire de Bismaçck, voulaient dire que l'assemblée qui venait d'Stre élue n'avait point devant elle un ministère responsable, qu'elle n'avait pas davan^ tage un pouvoir constituant; mais, telle quelle, elle représentait auprès du gouvernement fédéral les vieux du peuple allemand, et cela suffisait pour lui perinellre de faire de la besogne utile. Le ministre

avait terminé ainsi son discours : > Travaillez vite. Messieurs- Mettons, pour ainsi dire, l'Allemagne en selle; elle chevauchera bien d'elle-même. >

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