‹ BismarckChapitre 26 sur 55 · LA CONSTITUTION DE · texte numérisé non relu

LA CONSTITUTION DE

La constitution fédérale, telle . que Bismarck l'avait organisée, fut ratifiée tour à tour par les gouvernements fédérés, par le Reichstag et par les parlements des divers Etats fédérés; datée du 24 juin, elle entra en vigueur le l""' juillet 1867.

Quelle était cette Allemagne nouvelle* C'était une confédération de vingt et un États situés au nord du Mein; ils étaient groupés autour d'un gouvernement fédéral. Trois organes constituaient ce gouvernement : un président héréditaire, qui était le roi de Prusse; un conseil fédéral, Bundesratli, composé des délégués des États, véritables fonctionnaires qui dépendaient uniquement de leurs gouvernements; une assemblée élue au suffrage universel, Beichstag, qui représentait les populations allemandes. Il faut reconnaître que c'était une habile juxtaposition des trois forces qui avaient agi sur l'Allemagne depuis un demi-siècle. Le régime de 1S15, tel qu'il fonctionnait à la Diète de Francfort, ne faisait entrer en ligne de compte que les États allemands; en 1848, les populations allemandes, après avoir fait une vigoureuse poussée, avaient été sur le point de faire triompher l'unité; depuis 1862, c'est-à-dire depuis que Bismarck était président du Conseil, la Prusse avait repris à son profit, les idées unitaires, et elle les avait fait

d6 BISMARCK.

triompher, du moins en ce sens qu'elle venait de détruire l'ancien dualisme de la présidence de Vienne et de la vice-présidence de Berlin. Maig, tout en faisant leur part à chacun de ces trois éléments, les Ëlals, les populations, la Prusse, la Constitution de 1867 donnait à la Prusse une situation nettement prépondérante.

Avec ce titre modeste de président, Pràsideni, le roi de Prusse, en effet, avait pris pour lui h peu près la plénitude de l'autorité. Tous les pouvoirs, militaires et diplomatiques, étaient entre ses mains. Il avait la qualité de chef de l'armée fédérale. Il convoquait et il dissolvait le Reichsiag. Dans ses relations avec la Confédération, il était représenté par le président du Conseil des ministres de Prusse, qui, sous ce rapport spécial, prenait le titre de chancelier. La présidence du Bundesrath apjiartenait de droit au chancelier. Dans ce conseil des Hlats, la Prusse était comme assurée d'avoir toujours la majorité. Sur les quarante-trois votes répartis entre les membres du Bundesrath, elle disposait à elle seule de dix-sept votes; il lui suffisait d'en réunir encore cinq pour faire, passer ses propositions.

Bismarck, qui n'avait aucun faible pour les débauches oratoires, rapporte qu'il avait mis le Bundesrath au pas dès ses premières séances. • Je tins à mes collègues à peu près ce langage ; fl Messieurs, il n'y a pas moyen de faire quelque u chose ici avec de l'éloquence, avec des discours • qui ont la prétention de convertir l'un de nous h <■ une autre opinion, parce que chacun arrive avec

« sa conviction dans la poche, c'est-à-dire avec les

■ iiislruclions de son gouvernement. Ce n'est « qu'une perte de temps; je pense donc qu'on

■ devra se borner à un simple exposé des faits. • Et il en fut ainsi; personne ne' prononça plus de discours. Il en résulta qu'on abattit beaucoup de besogne et que le Bundesralh a rendu réellement des services. ■

En somme, en donnant à l'Allemagne le suffrage universel et le Beichslag, Bismarck s'était arrangé pour faire avant tout le jeu de. la Prusse. Le Reichstag n'avait aucune prise sur le gouvej'nemenl fédéral; son pouvoir n'était que négatif, il pouvait seulement refuser les lois qui lui étaient présentées. Quant au gouvernement fédéral, il était tout entier aux mains de la Prusse; car, d'une part, le roi de Prusse était le chef suprême <ïe la Confédération, et d'autre part, le chancelier présidait le conseil des Etats et le tenait, pour ainsi dire, à sa discrétion. Sous des apparences allemandes, l'œuvre de 18()7, commue par la Prusse, exécutée par la Prusse, imposée par la Prusse, était avant tout une œuvre prussienne.

Bismarck avait arrêté la Confédération à la ligne du Mein, Quatre Étals par conséquent avaient échappé au système fédéral, les grands-duchés de Bade «t de Hesse-Darmstadt, les royaumes de Wurtemberg et de Bavière, en un mol les vaincus de t8ê6; un autre vaincu, le royaume de Hanovre, , avait payé sa défaite d'une manière plus cruelle. Mais l'isolement des Étals du Sud n'élait, dans la pensée de Bismarck, qu'une situation provisoire.

Tout de suite, ses précautions Turoot prises pour les empêcher d'échapper à l'action que la Prusse comptait bien, tôt ou tard, exercer sur eux. Une Rérie de traités leur furent imposés dans les semainee qui suivirent Sadowa; ils se ramenaient à celle condition essentielle, qu'en cas de guerre les Ivlats du Sud s'engageaient à nieltre toutes leurs It'oupes à la disposition de la Confédération du Nord Quelques mois plus tard, ils furent incorporés ii nouveau dans l'union économique du Zollverein. En réalité, au point de vue militaire et au point de vue douanier, les quatre KtatS du Sud étaient de simples prolongements de la Confédération du Nord. La fomeuse ligne du Mein, devant laquelle Bismarck avait feint d'arrêter les visées de l'Allemagne nouvelle, n'existait que sur le papier. En France, les politiques qui ne voulaient point voir se félicitaient que l'Allemagne de IMb fût Jt présent divisée en [rois tronçons : la Confédération du Nord, les Klats du Sud, l'Autriche. La vérité était tout autre : l'exclusion de l'Autriche avait eu pour effet de fo'rlificr la nouvelle Confédération; dans celle Confédération il y avait un État dont la prépondérance territoriale et politique était désormais indiscutée; car il avait attaché à sa fortune le reste de l'Allemagne, mSme la partie du Sud qui, en apparence, vivait en dehors du régime nouveau.

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Au cours des événements qui venaient de changer en quelques mois la face de l'Europe cenlrale.

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le gouvernement français avait à peu près joui^ un lôle de dupe. Le royaume d'Italie avait été augmenté de la Vénétie; de , cela. Napoléon III pouvait se féliciter comme d'une victoire personnelle, car sa pensée de 1859 venait d'ôlre complètement accomplie. Sa diplomatie avait obtenu ou croyait avoir obtenu un autre avantage. Lors du traité de Prague, du 23 août 1866, qui avait rétabli la paix entre l'Autriche et la Prusse, l'influence de la France avait réussi à faire rédiger ainsi l'article qui concernait les duchés danois :

■ Article 5. — S. M. l'empereur d'Autriche transfère Si S. M, !c roi de Prusse tous ses droits acquis dans la paix de Vienne, du 50 octobre 1864, sur les duchés de Holstein et de Schleswig, avec la réserve que les populations des districts septentrionaux du Schleswig, si elles expriment, par un suffrage libre, le désir d'appartenir au Danemark, devront être cédées à cet État. •

Ah! le bon billet qu'avait le Slesvig septentrional, où les éléments danois et protestataires étaient nettement en majorité ; ah ! le bon billet. Et comme le gouvernement de Napoléon III avait le droit de se féliciter de cette promesse solennelle sur les droits des populations 1 Jamais et sous aucune forme, Bismarck ne procéda à une consultation des Slesvicois, et le fameux article 5 du trailé de Prague resta lettre morte. Pour Bismarck et pour Guillaume I", une seule chose comptait : la • décision de la guerre », c'est-à-dire le droit du plus fort.

Où l'impudeur de l'Allemagne dépasse vrai-

iOO BISMARCK.

inenL les bornes, c'esl quand on voîL M. de Kùhlmann, le ministre acluel de'Guillaurae II, parler, devant la grande commission du Reichstag, le 25 janvier 1918, du droit des nalionalités et mettre ■ ' ce droit, sous le patronage de Bismarck, en rappelant le texte de l'article h du traité de Prague. Voilà plus de cinquante ans que leè populations danoises du SIesvig demeurent sous le joug du militarisme prussien; voilà plus de cinquante ans que les Hohenzollern ont manqué et manquent à une parole solennellement jurée, et l'on vient nous dire que Bismarck avait reconnu aux populations le droil de décider de leur sort. On ne ment pas avec un pareil cynisme.

l'abstention de la FRANCE

Bien après les événements de 1866, Bismarck disait un jour au baron de Côurcel, ambassadeur de la République française à Berlin : • Il eût suffi de quinze mille soldats frani;ais sur la rive droite du Rhin pour rallier les troupes des princes allemands opposés il la Prusse et couper de sa base l'armée prussienne engagée au fond de la Bohème, en donnant à l'armée victorieuse de l'archiduc Albert le temps d'arriver à la rescousse. »

Quinze mille hommes auraient-ils produit tant d'effet? L'archiduc Albert, même après sa victoire de Custozza, aurait-il eu toule liberté pour transporter autre part son armée d'Italie? Bismarck n'éprouvait-il pas une sorte de plaisir rétrospectif à mettce en relief les fautes de la France à une

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.époque oii la Prusse avait su faire son ^eii dVae," manière si habile? Il est cerlain ^iVH-'esi-d&s cir- '■ constances oii l'abstention peut être la pire des erreurs. Inertia, Sapienlia, c'était un mot qui, paraît-il, circulait alors à la cour des Tuileries; hélas! le parti pris de ne rien faire, l'inertie systématique n'ont jamais eu rien de commun avec la sagesse. Trois ans plus tôt, en 1865, à propos de l'abstention de la France dans le drame de l'insurrection polonaise, le prince Napoléon s'exprimait ainsi à la tribune du Sénat : ' On a dit : pour un grand pays, parler sans agir, c'est mauvais. Nous sommes d'accord. Mais il y aurait quelque chose de pire : c'est, quand on n'agitpas, de ne pas parler non plus. • Ces paroles demeuraient tristement vraies. Le ministre des Affaires étrangères, Drouyn de Lhuys, avait essayé, de sa propre initiative, d'agir sur le théâtre même de la guerre; il avait chargé l'ambassadeur Benedetli de rejoindre Bismarck après Sadowa. Benedetli avait réussi à arriver jusqu'à lui, dans la nuit du H au 12 juillet, à Zwittau, en Moravie; Bismarck était assez fâché que la maladresse de la police militaire sur les derrières de l'armée eût laissé arriver jusqu'à lui un pareil visiteur. Cependant il le reçut, et une conversation politique s'engagea entre les deux hommes, de deux heures à cinq heures du matin. Quand on alla se reposer, aux premières lueurs de l'aurore, Benedetti partagea la chambre du conseiller de légation Abeken, tandis que son secrétaire Lefèvre de Béhaîne dut partager le lit du secrétaire Keudell. Benedetti avait vainement essayé de dis-

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--c,utftr avec .le -vainqueur. De son cùlé, [Bismarck ■ -âvàitRbar^éj'pA'ibassadeurde Prusse à Paris, M. de Gollz, de faire connaître personnellement à Napoléon III Tensemble des conditions qu'il était résolu à imposer à l'Aulriche, et qui le furent en efTel. Napoléon avait tout écoulé, tout accepté, il n'avait fait aucune objection. • Maintenant, dit Drouyo de Lhuys, il ne nous reste plus qu'à pleurer. •

On était revenu cependant à Paris à l'idée d'une compensation territoriale. Puisque la Prusse s'agrandissait d'une manière démesurée, pourquoi la France n'obtiendrait-elle pas, pour maintenir l'équilibre, le Palatinat bavarois qui prolongerait sur la rive gauche du Rhin le territoire de l'Alsace, jusques et y compris Mayence ? Bismarck a raconté à sa manière, à la tribune du Reichsiag, le 2 mai 1871, que Benedeiti était venu le trouver le 6 août et qu'il lui avait posé l'ultimatum : • Mayence ou la guerre? — Soit, avait-il répondu, nous choisissous la guerre. • Les choses ne se passèrent pas de cette manière dramatique; mais il est certain que Bismarck était bien décidé à ne pas céder un pouce du territoire allemand et qu'il le fit comprendre, tout en enveloppant son refus dans des protestations d'amitié. < J'ai le ferme espoir, disait-il avec une singulière audace, que la l'rance et la Prusse formeront désormais le dualisme de l'intelligence et du progrès. • Devant ces échecs répétés, Drouyn de Lhuys doima sa démission de ministre des Affaires étrangères (aoCit 1866) ; il fut remplacé par le marquis de Moustier, ancien ambassadeur à Vienne l'I à Constantiuople.

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LA QUESTION IIU Li:XEMBOi;nG

Alors, OD vil apparaître une nouvelle question, dont il avait déjà élé parlé à mots couverts, la question du Luxembourg. Le gi'andduché de Luxembourg faisait partie de la Confédération ^rmanique, sa capitale avait une garnison prussienne; d'autre part, il était la propriété personnelle du roi des Pays-Bas, Guillaume III. Comme ce souverain n'avait pour la Prusse que des sympathies médiocres, la France avait chance de s'entendre -avec lui; son conscntenient semblait la meilleure garantie du succès fmal. Lorsque Benedellf entretint Bismarck de la possibilité de cette annexion, celui-ci reconnut que le roi de Hollande avait le droit de disposer du Luxembourg comme il l'enteadait, il en était le souverain. • Faites en sorte, ajouta-t-il, que la cession du Luxembourg soil un fait accompli avant la réunion du Heichstag, et je me chargerai de faire avaler la pilule à l'Allemagne. ■ Alors que la Prusse avait mis brutalement la main sur 4 300000 habitants, elle pouvait bien, en effet, laisser la France annexer Iflfl 000 habitants, en vertu d'une cession régulière et d'un plébiscite. Car Napoléon avait déclaré qu'il ne procéderait à l'annexion qu'avec le consentement des Luxembourgeois, comme il l'avait fait pour Nice et pour la Savoie.

Avec quelle rouerie Bismarck nous laissa nous engager à fond dans cette affaire, obtenir le consentement du grand-duc, croire que nous avions

cause gagn^-e ! Puis, t|unnd tout paraissait convenu, le voici qui démasqun brusquement ses batleries, et qui déclara qu'il y avait maldonne. Le 31 mars (18fi7), l'ambassadeur-prussien, M. de Gollz, vint tout à coup déclarer à M. de Moustier que l'affaire du Luxembourg prenait la plus mauvaise tournure, elle se heurtait à l'opposition du parti militaire en Prusse; aussi priait-il le gouvernement français de ne pas passer outre. La surprise de M. de MousUer fut extrême : la question en ce moment était comme résolue, le ministère français avait toujours marché dans celte affaire avec M. de Bismarck, on ne pouvait pas nous avoir attirés dans un piègr. Le même jour, à Berlin, Bismarck faisait à Benedetti la mi^me déclaraliou que Gollz au quai d'Orsay: il disait qu'il était débordé par l'agitation qui avait éclaté dans la presse et dans le parlement, nous avions été trop vile, on avait donné à cette affaire une publicité inopportune.

Le lendemain, 1'" avril 18C7, une fiîte solennelle se célébrait à Paris pour l'ouverture de l'Exposition universtelle; Napoléon III y prononi;ailun discours pour louer l'union des peuples et les arts de la paix : thème classique des discours d'exposition. Le matin même, il avait reçu .du Mexique des dépêches qui ne laissaient plus de doute sur la lin tragique qui attendait l'empereur Maximilien; le soir, il recevait de Berlin la nouvelle d'une interpellation au Reichstag, qui avait retenti comme un cri de guerre.

V'n membre du parti national-libéral, Bennigsen avait adressé an ministre-président une interpella-

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lion sur la question du Luxembourg. En quelques mots très violents, il avait déclaré que, si les bruits sur la cession du Luxembourg étaient fondés, le patriotisme germanique ' ne permettrait pas qu'on arrachât à l'Allemagne une province frontière pour la livrer aux convoitises de la France. A cette interpellation, qui comblait ses vœux et qui fut saluée par des applaudissements enthousiastes, Bismarck fit une réponse modérée et évasive ; fort habilement, il y mêla les ■ relations amicales que l'Allemagne entretient avec ses voisines », et les ■ droits incontestables des populations et des États de l'Allemagne '. Il sentait bien qu'il avait partie gagnée. Si Napoléon relevait le gant, la France, qui n'était pas prête, était perdue ; s'il ne le relevait pas, elle était comme disqualifiée.

La guerre était le seul moyen de répondre à tant de duplicité; mais la France se trouvait alors dans l'impossibilité de courir un risque pareil. Pour sauver la face, le gouvernement français déclara qu'il ne demandait qu'une chose, le retrait de la garnison prussienne de Luxembourg. Bismarck ne fit point d'opposition; il lui suffisait .d'avoir empêché la France de s'accroître de la moindre parcelle. Une conférence internationale s'ouvrit à Londres le 7 mai; le II mai, un traité de neutralisation du Luxembourg était signée La Prusse, en effet, évacua la forteresse.

VOYAGE A l-ARIS AVEC GUILLAUME I"

Alors tout fut à la cordialité dans les rapports entre Paris et Berlin. Le roi de Prusse, qui avait été invité auparavant à visiter l'ExpositiOQ, arriva ^ à Paris le 5 juin avec le chancelier. Quand la voi ■ ture de Bismarck passa boulevard de Strasbourg, quelques coups de sirflel se firent entendre. • Je ne suis pas surpris de cet accueil, dit Bismarck à l'amiral Jurien de La Gravière, en prenant un air dégagé. Nous autres, hommes politiques, nous ne saurions plaire à tout le monde ; il faut en prendre notre parti. • Bismarck fut de toutes les réjouissances que la cour offrait à ses invités; il s'y montra compagnon très aimable, jusqu'à faire plusieurs loues de valse. Le maréchal Vaillant lui dit avec une rondeur toute militaire : < Savez-vous, comte, quevous faites à Paris une itnpressionsuperbeï Tout le monde dit : Vraiment, c'estun bon bougre.» Mais il ajoutait aussi.: < Tout cela est bel et bon, mais vous êtes devenus trop grands en face de nous. II fautqu'unjournouscroisionsl'épée. > Et Bismarck, de répliquer en souriant : • Eh bien, croisons. •

Le 14 juin, Guillaume quittait Paris avec Bismarck et Moltke; celui-ci avait employé son temps à faire autour de Paris des promenades qui étaient en réalité des reconnaissances d'état-major. En se quittant, le roi de Prusse et l'empereur des Franï.ais avaient échangé les plus chaleureuses protestations; ils s'étaient prorais de se revoir. Ils se revirent, en effet, trois ans plus tard, sur le champ de b;ilaillc de Sedan.

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