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LES COLONIES ALLEMANDES

Les questions rmancières et économiques tinrent une grande place dans les rapports de Bismarck avec le Reichstag; elles eurent pour résultat de le faire passer lui-même d'une politique libre-échangiste à une politique protectionniste, et par suite de modifier, du tout au tout, les bases de sa majorité parlementaire.

Bismarck, qui en vint à multiplier les tarifs douaniers, reconnaissait qu'il avait changé d'attitude sur le terrain économique, mais sur ce terrain seulement. « J'ai changé de système, disait-il au mois d'avril 1878, c'est possible. Je n'en ai, en tout cas, changé qu'en matière économique i car, en politique, je ne crois pas qu'on m'ait vu beaucoup varier... Lorsque je suis arrivé au pouvoir, je ne m'étais tracé qu'un but : l'unification de l'Allemagne sous l'hégémonie de la Prusse. Tout le

reste était accessoire. J'y ai subordonné toutes les considérations économiques et autres. •

La fondalion de l'empire colonial allemand remonte aux dernières années de son ministère; mais il Tant dire tout de suite qu'il ne fut point ici un promoteur, il fut un peu un colonial malgré lui. La WeltpoUlik et le pangermanisme mondial, si fort à la mode depuis Guillaume 11 le Mégalomane, étaient choses comme inconnues pour Bismarck et les hommes d'État de sa génération; ils se contentaient de faire de la deutsche Politik. Lui-même avait lin champ politique assez, limité, qui comprenait l'Allemagne, i'Aulriche-Hongrie, la Russie d'Europe.'M France, l'Angleterre, un peu l'Italie, qu'il traitait du haut de sa grandeur et avec quel mépris! «Les Ilaliens, disait-il en 1880, ressemblent à ces corbeaux qui se nourrissent de charogne et attendent autour des champs de bataille qu'on leur laisse quelque chose à manger. • Il répétait avec complaisance le mot d'un diplomate russe sur les Italiens ; ■ Comment? Ils réclament encore quelque chose, el ils n'ont pas perdu de bataille! » En dehors de ces cinq ou six États européens, le monde existait peu pour l'hôte de la Wilhelmstrasse; son horizon ne dépassait guère Londres, Paris, Vienne, Pélersbourg.

Le Times avait lancé, en février 1871, le. bruit sans fondement de la cession possible à l'Allemagne des établissements français de l'Inde. • Je ne veux pas de colonies, déclara Bismarck ; elles ne sont bonnes qu'à créer des sinécures. C'est tout ce, que l'Angleterre et l'Espagne en font, Nous

â08 BISMASCK.

antres. AU^n^ods. si non< atinns des coloDies, nog« r«<s«inbl<>rîoQS aux nobles de Pologne ; ils ont des roumires d'hermine sur les épaules ei pas de cheaiises d^^soQS. • O i peut croire qu'il pHrlail alors des colonies uu peu comme le renard parlait des raisins. i>pendant. q-iand il vit le ^j^rand dévelopitemenl que prenait le commerce alli-mand, quand il nt les cominerçanU de Hambourg el de BrtmP qui ^'eo allaient faire fortune c de l'autre cdlé », i/r-i('--n. il estima que de faire pousser du café ou du colon sur un sol allemand, avait biea des avantages: la clioee cadrait avec son programme, qui écartait délibérément la politique de magnificence pour ne comprendre que Vlntercseti' polilik. ■ Ce n'est pas noire besogne, disait-il en \^Si à propos des affaires d'Égyple, de tirer les marron? du feu pour le compte des autres. *

L'iniliative privée des maisons de commerce allemandes commençait à produire des résultats sur quelques points des côtes de l'Afrique; alors Bismarck se décida à donner à ces entreprises la protection de l'Ëtal. Ainsi naquit, en 1885, l'Ouest africain, la première colonie allemande de l'Afrique; puis, en IS84, le Togo et le Cameroun; plus larJ encore, l'Afrique orientale. La conférence inlernalioiiflle pour la délimitation du Congo et les partages africains se tint, en 1^85, à Berlin, sous la présidence du chancelier. Il semblait qu'il fût deveuu l'arbitre de l'Afrique, comme il l'avait élé sept ans plus tôt de la question d'Orient. Dans une commission du Reichstag, un député avait exprimé la crainte que la fondation de ces colo-

UERNIÈHES LUTTES.

nies n'amenât des conflits avec la France, q" TAIIemagne ne pourrait pas disposer sur pla forces navales suffisantes. Le chancelier rép de sa voix tranchante ; ■ Ce n'est pas une que de forces navales. M. Bamberger oublie qi France est placée devant les portes d'altaqi Metz, • Frankreick liegt vor den AusfalUtl von Mel%.

Que reste-t-il aujourd'hui de cet empire afr sur lequel les successeurs de Bismarck fond tant d'espérances? La guerre présente l'a fail ser tout enlier entre les mains des ennem l'Allemagne. Les Allemands n'ont pas plut» de rures d'hermine à cette heure qu'ils n'ont de mises.

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