DIFFICULTES AVEC LE BEICHSTAG
L'oeuvre d'organisation et de consolidatio l'empire, dont on vient de donner une esq rapide, représente de la part de Bismarck une vite remarquable. Il eut presque tout le te dans ses rapports avec le Beichstag. à refaii majorité; il avait commercé à gouverner av gauche, puis il fut amené (.eii à peu à s'app sur la droite.
La presse officieuse était dressée à suivrt évolutions; il l'entretenait grassement à cet avec les fonds secrets, qu'on appelait les • f des reptiles ». L'expression, devenue classi remontait à un discours du chancelier, le 2S vier 1869, devant la seconde Chambre prussie
quand il fit séquestrer leS biens du roi Georges de Hanovre et de l'électeur Frédéric-Guillaume de Hesse-Nassau, deux vaincus de I86fi, sous prétexte de faire taire les protestations de leurs partisans. ■ Nous voulons, avait-il dit, en finir avec ces coupables manœuvres qui se font un jeu du repos d'une grande nation et de la paix de l'Europe... Noua devons poursuivre ces reptiles jusque dans leurs repaires et voir ce qu'ils y font. Ne nous reprochez donc pas la nécessité où nous sommes d'appliquer cet argent à un tel usage. >
Les partisans de Bismarck eux-mêmes hésitaient parfois à le suivre, à cause de la violence qu'il apportait à tout ce qu'il entreprenait. Quant à ses adversaires, ils ne lui laissaient pas de répit; c'était pour eux comme un malin plaisir de provoquer ses colères. Aussi ses rapporta avec le Reichsiag furent-ils presque toujours 1res difBciIrs et traversés par maints orages. L'empereur lui avait fait présent d'une œuvre d'art pour les fêles de Noël, en IS84; Bismarck lui répondit à ce propos :
■ Je remercie respectueusement Votre Msjesté pour sonmagnifique présent de Chrislmas. L'œuvre d'art que Votre Majesté m'a envoyée me rappelle quelque peu ma position actuelle. Pendant que le centaure tâche, avec ses deux bras, de hisser le bélier sur ses épaules, une femme vient, qui se suspend de tout son poids a sa barhe. 11 en est de même avec moi. Tandis que j'ai les mains pleines du service de Votre Majesté ei du pays, l'opposilioD au parlera'-nt rae pousse et s'accroche à moi au risque de me renverser pendant que je supporte le
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poids des affaires. 11 y a seulement celle difTérence que ropposition est infiniment plus laide que la femme qui se suspend à la barbe du cenlaure.
• Cela ne m"emp?chera pas de porter allègrement et fermement ma charge sur mes épaules, aussi longtemps que Dieu m'en donnera la force et que je jouirai de la faveur de Votre Majesté. •
Bismarck parlait souvent de sa retraite. Il disait en 1S80 : • Comme vous le voyez, ma santé est encore chancelante. Et, pourtant, je ne sais trop de quoi je me plaindrais : je dors admirablement, neuf heures par nuit (il avait alors soixante-cinq ans}, je mange de bon appétit; mais je me fatigue immédiatement et ne puis rester longtemps debo.ut. C'est le résultat du surmenage de l'an passé et des événements que j'ai subis. > En réalité, il était de ceux qui meurent à leur table de travail, à moins qu'un accident imprévu ne leur casse les reins. L'attentat de Nobiling contre Guillaume P^ en 1878, avait eu pour effet de rattacher plus étroitement Bismarck à la personne du vieil empereur. • Je ne veux pas le laisser seul, disait le chancelier. C'est un serment que je me suis fait quand il était couché à terre, là-bas, aprèfi l'attentat. Je me suis juré alors que jamais je ne l'abandonnerais. Quoi qu'il advienne, je tieffdrai mon serment. >
Malgré tout, le lutteur infatigable qu'était le chancelier de fer se déclarait faligué, harassé, rompu, niude, tO'Imûde: il était las à mourir. A l'exemple du grand chef, toute l'Allemagne éprouvait, vers 1881, la • lassitude d'empire >, la Reichsmûdigkeil, suivant le néologi.>me pittoresque
qui avait été inventé pour cette crise de fatigue et d'ennui.
RAPPORTS AVEC GUILLAUME I" ET l'impératrice AUGUSTA
Les rapports entre l'empereur et le chancelier, malgré l'intimilé qui liait les deux hommes, n'allaient par'sans des heurts fréquents. Le souverain avait trop le sentiment de ses droits; le ministre avait trop le sentiment de sa supériorité politique, il ne s'en cachait pas devant ses intimes. • Si je m'en allais, disait-il en 1885, quel serait le résultat? L'empire d Allemagne tout entier ne repose que sur la confiance que l'on a en inoi à l'extérieur... Ah ! je pourrais sans doute m'en aller momentanément et voir comment, alors, ils s'en tireraient. Et puis je reviendrais une fois que l'expérience serait faite. Mais il est dangereux de faire de tels essais. >
Il lui était arrivé, en 1875, d'abandonner la présidence du conseil, qu'if avait passée à Roon,pour ne conserver que les Affaires élrangères. Il se félicitait de cette détermination, qui n'eut d'effet d'ailleurs que durant quelques mois; mais il s'en félicitait d'une manière ironique, à propos de ses relations avec Guillaume I*^. > Depuis que je ne suis plus président du Conseil des ministres de Prusse, je m'entends bien mieux avec l'empereur. Je ne suis plus tout le temps dans ses jambes, et, quand il a quelque idée pas pratique ou quelque projet biscornu en tête, Je ne suis plus là pour le gêner. »
L'impératrice Augusla n'avait pas le don de plaire au chancelier, pas plus d'ailleurs que ne l'eut plus tard sa belle-fille. On le comprend aisément. Née à Weimar, fille du grand-duc Charles- Frédéric de Saxe-Weimar et de la grande-duchesse de Russie Maria-Paulowna, ayant grandi dans l'atmosphère de l'Athènes allemande, où elle avait connu Gœthe, russe d'autre part du calé maternel, non seulement elle n'avait rien de prussien, mais encore elle représentait la culture allemande à l'époque où cette civilisation devait son originalité à Goethe, à Schiller, à Wieland. à Herder, à Kotzebue ; c'était l'âge, qui semble préhistorique aujourd'hui, où la civilisation allemande n'avait pas été encore mise à la caserne, avec des caporaux prussiens montant la garde tout autour. Aussi, depuis son mariage qui remontait à 1829, Augusta, princesse royale, reine, impératrice, n'avait jamais caché, malgré la parfaite correction de ses manières, que le prussianisme des officiers et des fonctionnaires, au milieu desquels elle était obligée de vivre, ne lui inspirait qu'une sympathie médiocre. Puis il y avait un autre grief : elle avait un goût très vif pour la littérature française; elle aimait, vers l'époque du congrès de Berlin, k s'entretenir de nos écrivains, de nos mœurs, de nos artistes, avec un jeune normalien, qui devait faire une carrière brillante dans ta diplomatie. Bismarck, qui ne cessa d'être Injuste et méfiant à l'égard de cettoffemme remarquable, l'accusait d'avoir toujours voulu juoer un rôle dans la coulisse, d'abord avec les libéraux, puis avec les ullramontains et
les prédicateurs de la cour. • De même, dît-il, qu'Eugénie en 1870, elle a, comme je m'en suis assuré depuis, adressé des instructions directes à des fonctionnaires. L'empereur est vieux et se laisse de plus en plus influencer par elle... Elle intervient aussi dans les affaires élrangères; elle s'est mis dans la tôte que c'est sa vocation de plaider partout la cause de la paix, d'être, comme elle dit, l'ange de la paix. > Tous les ennemis du chancelier, à l'en croire lui-même, se groupaient autour d'elle; elle • formait le point de cristallisation de cet accord unanime ■.
Au jour anniversaire de la naissance du kronprinz, en -1877, quelqu'un rappelait à Bismarck qu'il serait convenable de lui envoyer un télégramme de félicitations. ■ Mais ouï,' répondit-il, il faut lui en envoyer... pour la forme. Ah ! si c'était sa mère ! Pas de danger que je lui en envoie, même pour la forme, à celle-là. • L'empereur étant malade, l'impératrice restait presque tout le temps auprès de lui. Bismarck en était exaspéré. * Et c'est de l'amour, ça? Allons donc ! C'est de la pure comédie, c'est de l'atïection conventionnelle. Rien n'est naturel chez cette femme; tout est artificiel au dedans comme au dehors. •
Guillaume I^' n'ignorait pas l'hostilité réciproque du chancelier et de l'impératrice; mais l'affection qu'il avait pour sa femme, affection profonde faite de courtoisie et de respect, ne l'empCchait pas de reconnaître tout ce qu'il devait à Bismarck,et de lui maintenir son entière confiance. Ces deux hommes devaient s'entendre : l'un était l'absolu
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roi de Prusse, le complètement, le totalement roi de Prusse, le Sto^kpreussenkdnig; l'autre, à toutes les époques de sa carrière et dans toutes ses évolutions politiques, fut toujours le i-hanipion du prussianisme renfoné. En 1887, à propos du vingtcioquième anniversaire de son entrée au ministère, l'empereur avait renouvelé au chancelier ses félicitations; celui-ci lui répondit : • Pendant ce long espace de temps, j'ai vu bien des amis qui sont devenus des adversaires. Seules, la confiance el la faveur de Votre Majesté sont restées inaltérables. C'est aussi là queje trouve la jilus glorieuse récompense de mon labeur, el la plus grande consolation de mes tourments. J'aime mes deux patries, la patrie allemande aussi bien i|ue la patrie prussienne, mais je n'aurais pu les servir allègrement toutes deux, si je n'avais pas eu pour m'encourHger la satisfaction de mon roi. *
Sainl-Simi-naécritsurles rapports de Louis XIII el de Richelieu une page pénétrante; on pourrait presque la reproduire à propos des rapports de Guillaume I" et de Bismarck, en tenant compte non seulement de la diltérence des temps et des personnages, mais surtout de la différence entre la politique il la française el la poliliqueà4'allemande. Bornons-nous à emprunter quelques lignes à I auteur du Parallèle des trois premiers roU Bourbons; la transposition se fera d>ll«'-même.
" Je ne prétends pas, dit-il, vouloir contester au cardinal d'avoir été en ce genre le plus grand homme que les derniers siècles aient produit; mais il n'est pas moips vrai qu'aucune des grandes
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choses qui se sont exécutées de son temps ne l'ont été qu'après avoir été délibérées entre le roi et Richelieu dans le plus profond secret... Il en résultera qu'on ne peut, avec justice, 6ter à Louis une très grande part à tout ce qui s'est conçu et exécuté de grand pendant son règne, el qu'en môme temps il n'était pas possible que la gloire n'en revint dès lors à Richelieu el ne lui soit depuis demeurée. •
Bismarck a lOué dans son maître deux qualités, i'applicalion aux alTaires, la rectitude du jugement. • Son zèle, dit-il, était dû à un sentiment très élevé de ses obligations. Il apportait à l'accomplissement de son devoir de souverain une somme peu ordinaire de bon sens, common- sensé, que le savoir ne soutenait pas, certes, mais qu'il n'avait pas déformé non plus. » Le bon sens de Guillaume lui a permis de deviner Bismarck, de le maintenir malgré ses ennemis, de le conserver jusqu'au bout, sans jamais s'offusquer ni de son caractère ni de sa gloire; il l'a laissé agir, parce qu'il a toujours compris qu'il était bien l'homme de sa propre politique.
Guillaume 1" mourut le 9 mars 1888, dans sa quatre-vingt-douzième année. La veille de sa mort, il eut un long eniretien avec Bismarck; il lui dit qu'il comptait sur lui, qu'il devait rester en fonctions et se tenir fidèlement auprès de ses successeurs; il exigea de lui la promesse d'assister son petit-fils de son expérience, el, s'il devait être appelé à régner, de rester fidèlement à ses côtés. A un moment, dans l'affaiblissement de ses facut-
tés, il prit le chancelier pour son pelit-fils, le prince 'Guillaume, et, le tutoyant, il lui dit : • Il faut que . lu restes toujours en bons rapports avec Tempereur de Russie; là il n'y a pas lieu de se disputer. » On sait commeut le petit-fils devait rester en bons termes avec l'enipereurdeRussieet avecla Russie. Quand Bismarck annonça ie lendemain au Reichstag la morl du souverain dont il était depuis viugt-six ans le collaborateur et le conseiller, l'émolion lui coupa la parole.
l'eMPEREL'R FRÉDÉRIC III
Le nouveau règne commençait sous les plus tristes auspices. Le kronprinz Frédéric-Guillaume, qui inaugurait son règne à l'âge de cinquante-sept ans, était atteint, depuis quelques mois, d'un cancer au larynx, dont l'issue ne pouvait être que fatale; à la suite d'une opération, il avait complètement perdu l'usage de la parole. Cependant, homme de devoir avant tout, il ne voulut pas se soustraire aux obligations de sa naissance ; il quitta avec sa femme la villa de San-Remo oii il se mourail. Le règne de Frédéric lll allait durer trois ^mois à peine, trois" mois d'une agonie ininterrompue.
Les rapporis de Bismarck et du kronprinz Frédéric avaient été souvent difficiles; l'un élait un homme d'autorité et de manières rudes, l'aulre était un libéral et un prince qui cherchait à plaire. Bismarck étendait en partie au kronprinz l'antipathie'qu'il avait pour sp femme. Le grand défaut
fie la fille du prince Albert et de la reine Victoria était d être An;(laise, c'esl-à-dire libérale. Le chancelier l'appelait l'Anglaisf, la disciple de Gladstone; selon lui, «Ile ne/aisail que propnger i'in- Iluence de l'Anglett^rre. que servir les intérèls de l'Angleterre; elle n'avait lamais cessé de considérer l'Angleterre comme sa patrie; elle avait-^ versé des larmes à l'annexion du SIesvig et du Hanovre; elle avait sur son époux beaucoup plus d'influence qu'il n'était désirable; elle cherchait sans cesse à l'endoclriner. Et Bi&marck en revenait toujours au crime irrémissible : elle ftait Anglaise. Or, l'Angluterre, il la délestait de toute la haine de son prussianisme. Un jour, à la tin du siège de Paris, dans une conversation familière, il donna libre cours à ses sentiments contre l'Angleterre et contre la kronpnmessin Victoria,
< Non, voyez-vous, s'écria-t-il, ces Anglais onl des prétentions inouïes! Croyez-vous que, maintenant, ils veulent envoyer une canonnière le longf de la Seine pour chercher k Paris les ramilles anglaises qui y sont restér'sî Je connais ça : ils veulent simplement se rendre compte si nous avons immergé des torpilles, pour que les vaisseaux français remontent ensuite le fleuve derrière eux. Tas de cochons! Ils crèvent de jalousie parce que nous avons livré de grandes batailles et que nous les avons gagnées. Ils ne peuvent pas soull'rir que la petite Prusse grandiose de la sorte. Les Prussiens, pour fux, n'exi-'tenl quVn tant qu'ils leur servent de mercenaires. J'en suis sur : c'est ce que pense toute la haute classe en Angleterre.
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Ils n'onl jamais pu nous sentir et onl toujours fsit tout ce qu'ils ont pu pour nous nuire. La princesse ' royale est l'incarnation de ce que je vous dis là. Elle est pleine de la condescendance qu'elle a montrée en daignant se marier dans notre pays. •
Le Bouvel empereur et sa femme, attachés élmitement l'un à l'autre et tous les deux de nobles caractères, voulurent bien oublier, dans l'intérêt de l'empire, les coups de bouloir d'un ministre gonflé de son importance, mais nécessaire. Rien r<e fut changé dans la situation officielle du chancelier. Kn prenant le titre d'empereur et roi, Frédérialll publia un manifeste, où il loua • le fidèle et courageux conseiller, qui a donné des formules auxdesseins politiques du grand empereuret assuré leur succès «ill le déclara • indispensable au pays».
Le seul fait notable de ce règne de trois mois, ce fut un conflit entre l'impératrice Victoria et le chancelier, dans lequel l'empereur donna raison au chancelier.
Déjà, sous le règne de Guillaume [", il avait été question d'un mariage enire la princesse Victoria de Prusse et le prince Alexandre de Battenberg. Celui-ci était le prince allemand qui était devenu, en 1879, prince de Bulgarie* quand il était parti pour Sofia, Bismarck lui avait dit ces mots d'une ironie prophétique : « Cela vous fera de jolis souvenirs. • La princesse Victoria était la fille du kronprinz Frédéric; son frère Guillaume la traitait un jour d'oie ou de dinde, parce qu'elle vantait la supériorité de la vie anglaise. Un roman d'amour était né entre les deux jeuneg gens. Bismarck dé-
ji, GoogL'
clara oel que le mariage étail impossible : il brouillerait les Hohenzollero avec les Romanov, à cause des mauvais rapports de Battenberg et ■ d'Alexandre III. La vraie raison peut-être est qu'il ne déplaisait pas à Bismarck d'êlre désagréable aux t Anglaises >. Le kronprinz était devenu empereur. La mère et la fille crurent qu'on pouvait reprendre le projet de mariage, d'autant plus aisément que Battenberg n était plus prince de Bulgarie. Bismarck, dans l'intimité, parlait très cavalièrement de celle qu'il appelait la Battenbergerin. • C'est vrai, dîsait-il, que c'est un bel homme, le prince Alexandre. Il a une prestance superbe. Mais elle s'accommodera aussi bien de n'importe quel autre soupirant, pourvu qu'il ait f'aird'un homme. » Dès qu'il fut question pour la seconde Tois du projet de mariage, au mois d'avril 1888, il déclara de nouveau que la chose était impossible, toujours à cause de la Russie; pour lut, il donnerait plutôt sa démission. Frédéric III n'autorisa pas plus le mariage que n'avait fait son père.
Cependant le malheureux empereur ne craignit point de déplaire à son chancelier; if obligea le ministre de l'Intérieur, Pullkanier, une créature de Bismarck, à donner sa démission pour le sansgêne avec lequel il travaillait la matière électorale. Cet acte d'énergie précéda sa mort de sept jours. Quelques heures avant de mourir, quand sa famille e( Bismarck se trouvaient auprès de son lit, il prit la main de l'impératrice et la mil dans la main du chancelier, en signe de réconciliation. Le 15 juin, Frédéric HI avait terminé son martyre. ■
DERMÈBES LUTTES.