‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 111 sur 533 · Du Berray, coll. Petitot, XVIIT · texte numérisé non relu

Du Berray, coll. Petitot, XVIIT

6. Josepn pe La Pise, Tableau de l’histoire des princes et principauté d'Orange, 1638, p. 173. (CF. U. Rosenr, Philibert de Chälon, 1, 216, qui ne cite pas le récit de Monluc.) Branxrôme, 1, 244, parle aussi inexactement du brillant rôle du prince d'Orange en cette affaire, d’après l’Ærstoria del marques de Pescara, de Pedro Vallès.

LE RETOUR DU ( VOYAGE DE NAPLES ». Do

pée par des digressions', très inférieure pour la netteté et la composition à celles de Guichardin et de Paul Jove, mérite d’être placée au même rang pour l'exactitude des détails. C’est l’impression d’un témoin oculaire, qui, grâce à une mémoire locale très puissante, a reconstitué le lieu du combat avec une précision qu’on ne trouve dans aucun autre récit, et en a, en somme, fait un rapport fidèle. On peut lui nn sans doute, de s’être trop fait le centre de l’action ; mais c’est le défaut commun à tous les auteurs de Mémoires. « Je ne veux fere l'historien, dit-il

; J y serois bien empesché et ne sçaurois par quel bout m'y A . » Le récit de l’escarmouche de la Maddalena fait, on le voit, pourtant bonne figure à côté des documents et des narrations écrites par les hommes du métier.

Monluc est bref sur la fin de l'expédition de Naples. II note simplement la mort de Lautrec, survenue le 17 août”, et la levée du siège. Il attribue le désastre de Pexpédition au manque d’argent, et les documents ne lui donnent pas tort sur ce point : du début à la fin de la campagne, Lautrec fit presque chaque jour des appels inutiles à la bourse du roi et des Vénitiens ?. Monluc ne dit rien des dernières convulsions de l’armée, aprés que, privée de son chef, commandée par Michel-Antoine de Saluces, Guido Rangone, Pedro Navarro, tous trois malades, harcelée par les Impériaux, qui d’assiégés étaient devenus assiégeants, elle battit péniblement en retraite sur Aversa où, bientôt cernée, elle capitula le 30 août. Le texte de la capitulation portait, entre autres conditions, que les gens du Roï Très Chrétien, les Vénitiens et autres de la Ligue rendraient toutes les places, terres, lieux et forteresses qu'ils se trouveraient avoir dans le royaume de Naples, l'Abruzze, la Calabre, la Terre de Labour et la Pouille*. Et c’est ainsi que Monluc, gratifié naguère par Lau-

. Par exemple, l'éloge de Charles de Foix-Candale, noyé d’abord dans la A ninière rédaction, déplacé et dégagé dans la seconde. Monluc a lui-même senti le besoin de rendre son récit Elus clair.

2. Lettre de Guido Rangone, Naples, 17 août (Saxuro, XLVIIT, col. 409). — Brewer, n0 4663.

3. Les lettres des agents étrangers placés auprès de Lautrec sont pleines d’allusions à cette détresse financière. Cf. le jugement de Brantôme (HE, 28-30) sur la mauvaise fortune de Lautrec, plus sévère et moins équitable que celui de Monluc. | re 4

4. « Capitoli et conventione afirmati fra lo illustrissimo signor Filiberto de

trec d’une confiscation « vaillant douze cens ducquatz de rente, nommée la Tour de la Nonciade, près la Tour du Grec, un des plus beaux chasteaux qui feust en la terre de Labour et la première baronye de Naples », après s’être cru le plus grand seigneur de France, à la fin se trouva « le plus cocquin ». Ce qu'il dit de son retour « à pied la plus part du chemin » (il ne restait, en effet, pour ainsi dire pas de chevaux dans le camp français)” est illustré d’une façon saisissante par une lettre du capitaine florentin Giuliano Strozzi, qui vit partir d’Aversa, sans armes et en guenilles, les derniers soldats de Lautrec, escortés par les Impériaux jusqu'aux frontières du royaume de Naples, où ils se dispersèrent, «s’en allant chacun chercher son aventure »*.

Le lamentable échec de cette expédition fut aussi pour Monluc un désastre personnel. De retour en Gascogne, malade, sans ressources, il fut à la charge de son père, qui n'avait pas « grandz moyens » de l’aider; une fois guéri, il lui fallut, « comme personne incogneue », chercher de nouveau fortune et recommencer sa carrière. On le retrouve, en effet, simple homme d’armes dans la compagnie du roi de Navarre : son nom est cité dans quatre montres, passées le 12 mars 1529 à Condom, le 3r octobre 1530 à Agen‘, le 2 et le 12 septembre 1531 à Valence-en- Agenois °. Il n’attendit pas, on le voit, trois ans, comme il le dit, pour reprendre du service. Il fallait vivre, et la paye d’homme

Chialon, principe di Orangie et capitanio generale de la Cesarea Maestà in Italia, per una parte; et lo illustrissimo signor marchexe di Saluzo, capitanio generale del re Christianissimo, per l’altra parte. » Aversa, 30 août 1528 (Saxuro, XLVIIT, col. 478-480). Sur la prise d’Aversa, voir col. 493-494 et BREWER, n0 A7138.

1. Lettre au marquis de Mantoue, Viterbe, 7 septembre : « Che à cosa incredibile la mortalità che era seguita de’ cavalli nel ditto campo, prima che succedesse il caso, affermando che non ve ne erano in tutte 6o che fussero sani. » (Sanuro, XLVIIL, col. 487.) — Brewer, n0 4679.

2. Lettre de Florence, 12 septembre (Saxuro, XLVIIT, col. 494). — Clerk et Taylor écrivaient de Paris à Wolsey le 17 : « Nullae sunt reliquiae exercitus gallici. » (Brewer, n0 4745.) — Voir aussi deux documents dans le Catalogue des actes de François 1er, I, no 3867, et VI, no 19838, et l’anecdote de la duchesse de Savoie rebutant les « pauvres soldats devallisez » revenant de Naples, qu'a contée Brantôme (Il, 142-143).

3. B.N., Clairamb., 251, n0 1129. — Blaise de Monluc est le premier nom

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5) , fr. n. acq. 8619, Fos 26 et 28.

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