‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 114 sur 533 · L EXPÉDITION DU MOULIN D’AURIOL · texte numérisé non relu

L EXPÉDITION DU MOULIN D’AURIOL

sieurs de Montluc et de Tavannes bruslérent les moulins de son armée, defont les gardes d’iceux; de quoy fait gloire le dit Montluc en ses Commentaires de l'assistance du sieur de Tavannes, lequel estoit déjà plus favorisé des armes que le dit Montlue »". La mauvaise humeur qui perce dans cette phrase doit-elle être attribuée, comme l’a pensé M. L. Pingaud, à ce que Monluc n’a pas nommé Tavannes dans son récit de la bataille de Cérisoles *? C’est possible. En tout cas, Jean de Tavannes a négligé de justifier son reproche, et son livre est trop une apologie inspirée par l'amour filial et l’orgueil de famille pour qu’il faille en faire grand cas.

Les historiens provençaux Bouche et Ruffi ont aussi adopté le récit de Monluc3 : le premier, s'appuyant sur l’Æistoire journalière d'Honoré de Valbelle, place l’entreprise du moulin d’Auriol dans la nuit du 19 août. C’est à cette date, dit-il, que l'Empereur, d’après le manuscrit de Valbelle, quitta Aix pour venir reconnaître Marseille. Bouche s’est trompé : Valbelle place le 3r août Papparition de Charles-Quint devant la ville. Elle eut lieu, en fait, avant le 29 août. Monluc raconte qu’en revenant d’Auriol à Aubagne, il apprit que les Impériaux étaient devant Marseille ; que, pour ce motif, il quitta la route et se jeta dans la montagne; que les blessés de sa troupe qui continuèrent à suivre le grand chemin furent arrêtés par un parti de cavaliers ennemis, et qu’arrivé à Notre-Dame-de-la-Garde il put voir PEmpereur se retirant devant Christophe Guasco, « qui avoict tenu tout le jour l’escarmouche ». Charles-Quint ne vint pas en personne devant Marseille ; il envoya le marquis del Vasto, mais ce fut bien, d’après Gaufridi, Christophe Guasco qui fut chargé par Barbezieux de repousser les Impériaux et qui, aidé de Saint-Blancard, battit

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