Cabinet historique, t. XXV, 2e série, 1879, P
4. L'examen attentif des cartons 18, 19 et 20 des Paprers d'Etat el de PAudience a été fait pour moi, avec une obligeance dont je lui suis profondément reconnaissant, par M. Cuvelier, sous-chef de section aux archives générales de Belgique, qui n’a pu que me transmettre le résultat négatif de ses recherches.
une lacune pour les années 1543-1546"; dans la série des dépêches adressées aux Dix, l’année 1544 est représentée de façon bien maigre; il n’y est point question de Monluc”. On le voit, les documents d’origine française ou pouvant donner des renselgnements sur la-cour de France à l’époque qui nous occupe sont très rares. Je souhaite qu'un chercheur plus heureux que moi découvre celui qui permettrait d'établir d’une façon certaine l'envoi de Monluc au roi en mars 1544.
Du silence des documents il serait d’ailleurs prématuré de conclure que cet envoi n’eut pas lieu. Les Mémoires de Vieilleville citent un seigneur de Blainville comme ayant été expédié à la cour par le comte d’Anguien. Mais l’autorité de cette source narrative à été ruinée par M. labbé Marchand, qui à démontré excellemment que ces Mémoires, faussement attribués à Vincent Carloix, étaient, en réalité, l’œuvre d’un panégyriste mal informé et sans scrupules *. Martin du Bellay parle d’un gentilhomme, mais ne le nomme pas. Son témoignage n’infirme pas, du moins, le récit de Monluc. Les documents font aussi défaut pour contrôler d’une façon précise la composition, donnée par les Commenaires, du conseil qui délibéra sur opportunité d’une bataille *. Une seule chose est certaine : la comparaison des manuscrits et de l’édition originale montre que Monluc à remanié très soigneusement sa rédaction primitive, y ajoutant des détails dramatiques, l’intervention de Saint-Pol le calmant de la main tandis qu'il « trépignoit de parler », le geste « historique » du bras levé, le bonnet du roi jeté sur la table, lapostrophe en gascon aux Jeunes seigneurs : € {ares y harem aux pics et patacs ! » Ce qui est plus grave, après avoir lu du Bellay, il a inséré dans son récit deux membres de phrase qui permettent de croire qu'il était chargé de demander de l'argent : on a lieu d’être surpris
1. Le vol. 1715 du fonds italien s'arrête au 10 juillet 1542; le vol. 1716 commence au 8 décembre 15/46.
2. B. N., f. ital. 1998 (dépèches comprises entre les années 1516 et 1561).
3. GC. MarcnanD, Le Maréchal François Scepeaux de Vieilleville et ses Mémoires, Paris, 1893, introduction.
4. L'amiral d’Annebault, le secrétaire Bayard, Saint-Pol, le grand écuyer Galiot en faisaient sans doute partie. Voir un document daté du 26 février 1543, qui cite les deux premiers comme admis au conseil du roi « pour le faict de ses finances » et pour les matières d° État, et les deux derniers comme admis seulement «aux requestes ». (B. N., Clairamb., 339, fo 3.)