‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 146 sur 533 · Du Bezcay, XIX · texte numérisé non relu

Du Bezcay, XIX

2. Cette relation a pour titre : L’ordonnance de la bataille faicte à Syrizolles en Piedmont, avec la defaicte des Espagnols, s. 1. n. d. [« de Carmanolle, ce jour de la bataille, lendemain de Pasques 1544 »|,in-80(B. N., Lb30 102, Rés.). Elle a été réimprimée par d’Aubais au t. II des Pièces fugilives, avec le Discours de la bataille de Cerizolles, à l'enseigne du Rocher, à Lyon, chez Sulpice Sabon, 1544, in-8° (B. N., Lb30 ror, Rés.), et d’Aultres lettres de la deffaicte des Espaignols à Syrisoles, ss. 1. n. d. [1544], in-80 (B. N., Lb30 103, Rés.). Ces trois relations contemporaines sont de valeur très inégale. La troisième est un discours assez vague, fait après coup et complètement négligeable. La seconde, qui a été reproduite par Cimber et Danjou (Arch. cur., 1re série, IL, 65-76), est évidemment fabriquée d’après la première; elle en reproduit le plus souvent les termes et y ajoute des inexactitudes, citant Monluc parmi les morts, prêtant au comte d’Anguien un rôle glorieux. Le Discours est une œuvre de complaisance, due à un panégyriste officiel. Reste la lettre anonyme, le seul de ces trois documents qui soit sérieux. J’en ai tiré le fond du récit de la journée du 13. — Voir la bibliographie complète de la bataille dans Maxxo, Bibliografia storica di Savora, IV, 231, qui cite une lettre de Bernardo Spina, publiée à Milan en 1544; une traduction française d’une lettre « escripte de Thurin à Lyon du seiziesme d'avril Pan mil cinq cens XUHIT », publiée à Toulouse, Boudeville, 1544, in-40, et un Discours de la bataille, Tholose, MDXLIII, in-80, qui paraît être une réimpression de la lettre avec des additions. Je n’ai pu consulter ces relations ni établir par suite leur filiation probable avec les

autres.

quebusiers et trois moyennes à double équipage !, et parvient sur le plateau qui dominait Cérisoles et la vallée où passaient les Impériaux. Les chevau-légers de Monneins et d’Ossun prennent contact avec la cavalerie italienne, que conduisait Cesare Maggi ”. L'escarmouche s'engage, assez mollement3. Le comte d’Anguien se repent alors de n'avoir pas suivi sa première inspiration. La seule vue des lieux lui a démontré, en effet, que occasion était unique pour engager une action décisive. Au fond de la vallée, qu'il domine, l'infanterie impériale avance péniblement : les pièces d’artillerie sont engluées dans la boue causée par lorage des jours précédents; les lansquenets allemands s'épuisent en efforts pour les en extraire; l'infanterie italienne du prince de Salerne se traîne en arrière, brisée par les marches qui Pont ramenée de Montechiaro à San Stefano*. L'erreur commise était flagrante : l’auteur de la relation anonyme française que nous suivons dit que « l’on se repentit très bien de ce qu’on n’avoit fait marcher tout le camp »; du côté des Impériaux, Paul Jove affirme que si les Français avaient poussé plus avant, le désastre était certain. Le comte d’Anguien demanda à ses capitaines € s'il envoiroit querre les gens de pied ». Ils lui conseillèrent, sagement d’ailleurs, de n’en rien faire : l’après-midi était trop avancée et la pluie recommençait à tomber $. On décida donc de rentrer à Carmagnola et de remettre la bataille au lendemain.

Monluc à raconté à sa façon cette journée du 13, à laquelle il eut part. C’est lui qui, le matin, partit, avec vingt cavaliers du capitaine Taurines, lieutenant du comte de Tende, pour reconnaître la marche de la cavalerie ennemie 7. Le fait est vraisemblable, car il avoue franchement qu'il ne put se rendre compte dans quelle

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