‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 148 sur 533 · Du Bezcay, XIX · texte numérisé non relu

Du Bezcay, XIX

2. Du Bellay exagère certainement en disant que del Vasto avait dix mille hommes de pied de plus que le comte d’Anguien. La relation anonyme parle de trois mille hommes de plus.

L'ESCARMOUCHE D’'ARQUEBUSERIE. 1ÔI

dès le dimanche soir, le jeune général français était décidé, comme le disent Monluc et la relation anonyme, à livrer bataille le lendemain. Monluc et du Bellay sont du reste d’accord pour noter que, dans la nuit, del Vasto, au lieu de continuer sa marche vers Sommariva, se contenta d'occuper, en face de la route de Carmagnola, le plateau de la Gerbola, au-dessus de Cérisoles, d’où la veille la cavalerie française l'avait observé". C’est là que de trouvèrent les chevau-légers de Francesco Bernardino Vimercati envoyés le matin en reconnaissance. Partis à trois heures du matin de Carmagnola, les Français se déployèrent en bataille de l’autre côté de la route; leur position était stratégiquement inférieure, dominée par l'artillerie ennemie. On à vu que Monluc a simplement transcrit, en le résumant, l’ordre de l'armée française tel que le donne du Bellay, d’accord avec la relation anonyme, et d'une façon plus claire et plus complète que Paul Jove?.

Les deux armées restèrent toute la matinée en présence sans engager l’action. Monluc à négligé de donner ce détail. Du Bellay, qui a cherché à être plus précis, se trompe tout à fait en disant que l’escarmouche d’arquebuserie qui ouvrit la bataille commença dès le matin et dura jusqu'à onze heures. L’agent mantouan Bobba, Bernardo Tasso, secrétaire du prince de Salerne, et une relation française sont d’accord pour la faire commencer beaucoup plus tard, à onze heures d’après la dernière, à midi d’après le second, à deux heures après midi selon le premier, et pour la faire durer jusqu’à quatre ou cinq heures du soir. Monluc, qui dit avec raison que l’escarmouche dura de trois à quatre heures, ne se vante donc pas en s’attribuant

1. Bobba, Asti, 15 avril : « S. Exia con l’exercito Cesareo resto la notte in essa terra de Ceresole, et volendosi heri mattina marchiar alla ditta via di Sommariva, si hebbe aviso che il campo Francese venera inchora ritrovarci, et perho S. Exia misse lo exercito in bataglia discosto dalla detta terra di Ceresole, mezo miglio, al dritto della via di Carmagnola, per donde venevano Francesi.. » (Bull. hist. du Com. des trav. histor., 1896, p. 449. Fr. Molard, qui a publié cette lettre, en a donné, pp. 399-401, une analyse détaillée qui renferme des inexactitudes graves et des contresens.) Cf. Aprrani, note 17 à la Vita del cardinal S'anta-Croce (Miscell. di stor. ital., V, 626-630).

2. Voir un plan de la bataille, établi d’après du Bellay et Monluc, dans Haroy pe Per, Les Batailles d'autrefois, H, for. Ce plan est mal orienté.

3. Bobba, Asti, 15 avril : € S. Exia mando avanti alquanti archibuseri et cavalli, che attacarono la scaramuza circa le 14 hore, et durette essa scaramuza per più de doe grande hore o tre ancora... » — Bernardo Tasso à Giro-

dans la journée un rôle important : il marcha Île premier au feu et il soutint pendant la plus grande partie de l’après-midi tout l'effort de la bataille. On comprend dès lors qu’il ait longuement insisté sur ce premier épisode de Paction, qui fut, en fait, le plus long, que Paul Jove à omis et dont du Bellay a fait un récit très bref, concordant d’ailleurs ‘. La narration des Commentaires est à rapprocher surtout de celle de Bernardo Tasso, qui faisait parte du corps d'infanterie italienne du prince de Salerne, d’où fut tirée précisément larquebuserie opposée à Monluc. D'après ces deux témoignages, confirmés par la dépêche de Bobba, l’escarmouche fut renforcée des deux parts, les Français ayant emporté une position couronnée par une maisonnette où ils voulaient loger leur artillerie, les Italiens, aidés de quatre cents Espagnols, l’ayant reprise. Monluc dit un mot de la façon dont l'artillerie de M. de Mailly appuya le feu de ses arquebusiers, mais il n’insiste pas assez sur ce fait”. Ce qui donne à la journée de Cérisoles son caractère de bataille « moderne », c’est précisément la large place qui y fut faite à l’action combinée de l’infanterie en ordre dispersé et de Parüllerie. On souhaiterait que Monluc, ce fantassin si convaincu, eût mis ce trait original en relief. En revanche, il se plaint avec raison que le comte d’Auguien eût négligé de le faire appuyer par de la cavalerie, tandis

lamo Mora : « Alle 12 hore si comineid una grossissima scaramuzza, la qual duro sin alle 16... » (Lett. di M. Bernardo Tasso, fo 149 ro.) — Le même à Bernardino Rota : « Dalle dodici hore che comincid la scaramuzza fra l’un campo et l’altro sin’ alle diecisette che se attacd la battaglia... » (Zbid., fo 158 ro.) — « Et commença le combat à unze heures devant midy. » (Aultres lettres de la deffaicte des Espaignols à Syrizoles.)

1. De Ruble dit à tort que Monluc ne s'accorde pas avec du Bellay sur les noms des capitaines qui commandèrent sous lui l'arquebuserie. Le nom du capitaine Hevard, dans du Bellay, est certainement défiguré et le nom donné par Monluc (Lyenard, Lyonard) permet de le restituer. $

2. Boss : « Durette essa scaramuza per più de doe grande hore o tre ancora, sempra più ascaldandosi, et l’artigliaria di l’una parte et l’altra lavorava, ma più quella di Francesi... » B. Tasso : (CE havendo già Francesi pigliate alcune case sopra certi colli, dove per aventura dissegnavano di porre artegliaria per battere l’essercito nostro, sua Ecc. in una parte vi mando Gottieres Chesada et don Giovanni di Ghevara con quattrocento archibugeri Spagnoli, et nel! altra il signore Antonio Maria Sanseverino con alcuni altri capitani italiani a levargli di quel forte, i quali a colpi di archibugiate negli cacciarono, e guadagnarono 1 colli, ne per molto che s’affaticasserono i nemici per racquistargli, poterono mai. » (Let. di M. Bernardo Tasso, fo 149 ro-vo.)

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