SUISSES ET GASCONS CONTRE LANSQUENETS
que les arquebusiers ennemis marchaient au feu soutenus par les: lanciers florentins de Rodolfo Baglione. Quant à la violence de l’escarmouche, elle est attestée par les témoins oculaires c’est Bernardo Tasso écrivant que le combat était horrisle à voir ‘; c’est du Bellay disant : « Je vous asseure qu'y eust eu beaucoup de plaisir à voir les ruzes et stratagèmes de guerre qui se faisoient tant d’une part que d'autre, à l'homme qui eust esté en lieu de seureté et qui n’eust eu autre chose à faire ?. » « Jamais on ne vit mieux fere », dit plus simplement et plus fortement Monluc.
Entre quatre et cinq heures du soir, del Vasto, n'ayant pu réussir, comme il l’espérait, à déborder et envelopper les lignes françaises, donna l’ordre de marcher aux lansquenets du centre, que commandait Alisprando Madruzzo. « L’Allemand venoit à nous à grand pas et trot », dit Monluc. Le capitaine suisse Hans Wildperg vit arriver aussi ces quinze enseignes formidables, qui ressemblaient, dit-il, à une montagne hérissée d’une forêt de piques. Monluc, témoin oculaire et acteur, a raconté le choc de l'infanterie française (bandes de Taix et Suisses de Frôlich) et des lansquenets impériaux, qui fut le second moment et épisode décisif de la bataille. IT insiste particulièrement sur la manœuvre qui assura l'avantage aux Français : au lieu de marcher contre les Italiens du prince de Salerne, les vieilles bandes françaises se réunirent aux Suisses, el cette masse puissante d'infanterie, appuyée d’un côté par les chevau-légers de Termes et de Vimercati, de l’autre par les gendarmes de Boutières, enfonça les lansquenets. « Nous avons, nous confédérés, écrit Hans Wildperg, avec nos treize enseignes attaqué d’abord les lansquenets, et, grâce à la puissance du Seigneur, nous les avons traversés de part en part comme la tempête *. » L'impression est la même dans les Commentaires : « Les Suysses feurent fins et escors; car jusques à ce qu’ilz nous veyrent de la longueur de dix ou douze picques, ilz ne se levarent Jamais; et après coureurent
1. « Scaramuzzato che s’hebbe si lunga hora, tanto strettamente che era un’ horrore a remirar... »