Du BELLray, XIX
3. Peter Guter mentione la présence, à droite des Suisses, des trois mille Gascons de Taïx et de Monluc. Il dit qu'après avoir rompu les lansquenets on les poursuivit jusqu’à ce qu'on n’eut plus d’ennemis devant soi.
comme sangliers et donnarent par le flanc... » Le prince de Salerne, très éprouvé par le combat d’arquebuserie, ne bougea pas fa Les lansquenets une fois rompus, les chevau-légers mirent en fuite les lanciers florentins de Rodolfo Baglione, et les Italiens du prince de Salerne tournèrent le dos avec eux *. Le mouvement fut, on le voit, décisif. On n’est plus, dès lors, surpris que Monluc et du Bellay se soient attribué l’un et l’autre la gloire de Pavoir provoqué. Du Bellay, qui a noté justement que del Vasto commit la faute de ne pas donner l’ordre d'avancer au prince de Salerne, affirme qu’en sa qualité de sergent de bataille 1l enjoignit à M. de Taix de se rapprocher des Suisses et de faire masse avec eux. Non moins affirmativement, Monluc raconte que, voyant les bandes françaises marcher piques baissées contre les Italiens du prince de Salerne, il accourut auprès de M. de Taix et lui montra le danger : « Où voulés-vous aller, monsieur, où voulés-vous aller? Vous allés perdre la bataille : car voicy les Allemans qui vous viennent combattre et vous prendront par flanc. » Aucun document connu ne permet de dire lequel des deux témoins il faut croire. Monluc, aprés avoir lu du Bellay, a maintenu sa version, sans ajouter la moindre observation sur cette divergence grave. Leurs récits à tous deux concordent, pour le reste, avec la relation anonyme déjà citée, avec les lettres des capitaines suisses et avec Paul Jove, qui explique très claire-
1. Bernardo Tasso, qui cherche du reste à excuser son chef, donne cette raison, qui parait acceptable, dans ses deux lettres à Girolamo Mora et à Bernardino Rota (op. cit., fos 150 vo, 158 vo). Paul Jove dit que la disposition du terrain empêcha le prince de Salerne d'avancer : c’est moins vraisemblable, — CF. Branrôme, Il, 26, qui copie du Bellay.
2. Les agents florentins Christiano Pagni et Donato de’ Bardi exaltent naturellement Rodolfo Baglione, qui fut blessé. Ils sont d’accord avec une lettre du marquis de Marignan au duc Cosme de Médicis pour constatèr — ce qui est vrai — que sou corps de cavalerie fut le seul qui se battit (Négoc. de la Fr. avec la Tosc., WU, 64-67, 95-96, 98, 100-103).
3. « Mais nostre avant-garde et bataille marchèrent droit aux ennemis la tête baissée vers lesdits lansquenets, et étoient leurs premiers rangs de picquiers et les nostres de picquiers et hacquebutiers entremeslés, qui Joignirent si fièrement lesdits lansquenets, ayant sur les aisles entièrement toute notre gendarmerie et chevaulx légers qui renversèrent les premier, deuxième et troisième rang ; lesquels renversés, notre dite gendarmerie entre par le flanc dedans ledit bataillon si furieusement, et les Suisses de Pautre costé; que à moins d’une bonne heure furent tous lesdits lansquenets mis en pièces. »