LES IMPÉRIAUX VAINQUEURS
ment comment la charge des gendarmes de Boutières ouvrit dans les rangs des lansquenets des brèches par où entrèrent les Gascons, et comment l'attaque combinée des Suisses acheva leur déroute ‘. Paul Jove et du Bellay attestent aussi la prise de Termes, mentionnée par Monluc : Bobba, Bernardo Tasso, l'ambassadeur florentin à Venise, Donato de’ Bardi, la racontent exactement de même *. Brantôme se souvient d’avoir admiré, «en un des cabinetz de la reyne d'Angleterre », un grand et beau tableau, peint sur l’ordre de Henri VIII et représentant la journée de Cérisoles : on y voyait, signalé par une inscription spéciale, l’endroit voisin d’un bois, dont parlent les Commentaires, où le capitaine des chevau-légers français eut son cheval tué sous lui et fut fait prisonnier 5.
Tandis que les Français et les Gascons des vieilles bandes, réunis aux Suisses, enfonçaient les lansquenets impériaux et culbutaient les Italiens du prince de Salerne et les Florentins de Rodolfo Baglione, l’action avait été aussi engagée par le second corps d'élite de del Vasto, les piquiers espagnols de D. Ramon de Cardona et les Allemands du baron della Scala, qui avaient en face d’eux les Italiens de Gio. Battista Grimaldi, sieur d’Ascros, et les Gruyériens de Carlo Vagnone, sieur de Dros, soutenus par le comte d’Anguien et ses compagnies de gendarmes. Espagnols et Allemands, fidèles à une vieille tactique, marchen® d’abord droit aux pièces d'artillerie qui avaient appuyé le feu des arquebusiers français, s’en emparent, tuent les chevaux et une partie des canonniers et brûlent les poudres *. Monluc, comme du Bellay d’ailleurs, a omis ce succès momentané des ennemis que Paul Jove n’a pas oublié de mentionner à sa place. Les Impériaux marchèrent alors droit aux Gruyériens qui, pris de pani-