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LA RETRAITE DES IMPÉRIAUX

sur ce point Paul Jove ‘. Un vaincu, le capitaine Millort, avoue la défaite, mais insiste parüculièrement sur le rôle du prince de Sulmone, auquel il attribue l’honneur, partagé avec « aucuns lansquenetz et espagnolz », d’avoir « gagné » larüllerie française, et dont il’exalte la valeur personnelle ?. Monlue, qui était à l'opposé du champ de bataille, à oublié ou ignoré ce détail.

La nuit venait. Les Espagnols de D. Ramon de Cardona et les Allemands du baron della Scala avaient fait halte, vainqueurs el indécis. Tout à coup, ils virent à leur droite les lansquenets en fuite et, marchant vers eux, les Gascons et les Suisses, flanqués de la cavalerie. Alors ils commencèrent, dit Bobba, à remonter les pentes du plateau de la Gerliola, où ils étaient le matin, et à se reurer vers Asti 5. « Nous nous imaginions, écrit Peter Guter, que tous étaient battus. Mais alors nous arriva par la route la nouvelle qu'un corps d'Espagnols et de lansquenets n'étaient pas battus et avaient mis en fuite vingt-trois enseignes d’Italiens et de Gruyériens. Nous marchâmes donc contre eux sans le moindre danger, jusqu’à ce que nous fûmes en contact. Alors les Espagnols commencèrent à tirer sur nous et voulurent nous faire reculer. Mais nous marchâmes si énergiquement contre eux et bon nombre de Français à pied et à cheval avancèrent si bien aussi qu'ils prirent la fuite. » «Et ainsi, dit de son côté Hans Wildperg, le lundi de Pâques nous avons gagné deux batailles, en bons chevaliers. Dieu en soit loué! » Les gendarmes français, auxquels se joignirent le comte d’Anguien et son escorte, rappelés à

1. Bobba, Asti, 15 avril : « L’altra banda de cavallaria Cesarea, che era a mano sinistra de l’exercito, se misse in fuga senza aspettar che li cavalli Francesi gli rompesseno pur lanza contra piche; dessa banda solo combattete il st Principe de Sulmona con alcuni gentilhuomini soi, ef de quelli del sr Marchese Illmo che erano nel squadrone desso sr Principe... » CF. Branrôme, I, 234, d’après Paul Jove (voir une note de L. Lalanne, IE, 29).

2. « Et monsieur le prince, en combatant comme home d'honneur, pensant que son escouadron fuct auprestz de luy, et il ne trouva nully ou bien peus car il fict comme celluy qui s’embarque sans bisquict, et estant tousjours main à main, n0Z lansquenetz tornare avecque toute nostre cavallerye, en sorte que les chevaulx legiers se sont sauvés et les lansquenestz mors pour non combastre, et aussy les Espagnolz sont mors, lesqueulx ont faict leur devoer. » | |

3. Bobba, Asti, 15 avril : « La fantaria spagnola, vedendo hi Alemani rotti, prese a ritirarsi verso il monte à quella banda dritta dove era... » Morte « Et congneurent bien qu'ilz avoient perdeu Ja bataille, et commensarent à prendre à main droicte à La Monta, de là où ilz estoient partis le jour devant... »

temps par le colonel des Suisses James de Saint-Julien (ce détail est de Monluc), se lancèrent à la poursuite des vaincus. Monluc a évoqué avec délices ce dernier épisode, la chasse et la curée, auquel il prit part avec l’allégresse légère du triomphe, qui lui faisait oublier les rudes fatigues de la journée”. I n’a pas exagéré en disant que les vainqueurs ne se lassaient pas de tuer : « J’ay esté, écrit l’auteur de la relation anonyme, sur les lieux après le conflict, et trouvé que dedans Sirizolles et un quart de lieue à l’entour, nos cheveaulx étoient jusqu’au genoil dedans le sang, et n'eussent sçu marcher que dessus gens morts; et de ce fait vous peulx-je bien assurer pour lavoir vu entièrement. » Le 16 avril, un trompette impérial, parti la veille de Carmagnola après avoir été échangé avec un Français, annonçait à Asti que du corps de D. Ramon de Cardona il ne s'était sauvé que cent hommes qui avaient rallié l'infanterie du prince de Salerne, et quatre-vingts autres environ qui s'étaient réfugiés à San Stefano ”. L'agent mantouan, qui donne ces détails, nous apprend encore que près de deux mille lansquenets allemands furent faits prisonniers (Hans Wildperg dit trois mille), parmi lesquels l’un des deux colonels, Alisprando Madruzzo, frère du cardinal de Trente, que Caubios, chevau-léger de Termes, raconte Monluc, découvrit tout nu au milieu des morts et fit transporter à Carmagnola *. Bobba, la relation anonyme et Paul Jove mentionnent aussi comme prisonnier Charles de Gonzague, marquis de Gazuolo, que Monluc rencontra ramené par deux chevau-légers *.

1. Peter Guter écrivait : « Nous étions bien fatigués et nous en avions assez. »

2. Bobba, Asti, 16 avril. — L’infanterie du prince de Salerne, commandée en fait par Cesare Magoi, avait battu en retraite en bon ordre et arriva dans la nuit à Asti. (Bobba, Asti, 15 avril. — B. Tasso, fo 150 vo.)

3. Bobba, Asti, 17 avril : &« Da pregioni relaxati da Francesi et venuti da Carmagnola se intende che sono pregioni in Carmagnola apresso de doa millia Alemani, et un de Ihoro colonelli, cioe il sr Aliprando, fratello del Rmo di Trento, qual a quindece ferite in sua persona [Moxrue dit sept ou huit plaies], et che l’altro collonello, cioe il baron della Scala, à morto... » (Ball. hist. du Com. des trav. histor., 1806, p. 452.) — Ce détail a peut-être été inspiré à Mouluc par Paul Jove, qui le donne en termes d’ailleurs moins précis. Brantôme a copié en partie le passage où Paul Jove raconte le combat singulier de Madruzzo et de La Molle (1, 346-349).

4. « Les ennemis prins, je dy ceulx de nom, sont dom Charles de Gonsale, chef de Pavant-garde et coronnel des gens de cheval. » (Relation) — « De per-

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