‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 163 sur 533 · DANS LA TERRE D'OYE (SEPT · texte numérisé non relu

DANS LA TERRE D'OYE (SEPT

épisode conté par les deux historiens, mais présenté par du Bellay comme un succès, par Monluc comme une « coyonade », il fallut revenir en arrière à cause des pluies. L'auteur des Commentaires laisse entendre que la campagne n’eut aucun résultat, mais 1l n’a pas un mot de blâme pour du Biez. Il est permis de le trouver indulgent.

De retour au fort d'Outreau, le vieux maréchal trouva que les Anglais avaient profité de son absence pour gêner par tous les moyens les travaux de reconstruction qui avançaient lentement. Surrey, nommé le 3 septembre lieutenant général de roi sur terre et sur mer pour toutes les possessions continentales de l’Angleterre", avait essayé, dans la seconde semaine d'octobre, de surprendre le fort, mais il avait été repoussé”. Ces tentatives furent renouvelées après le départ de du Biez; l'accroissement de la garnison de Boulogne, qui avait été renforcée de cinq mille hommes, rendait les Anglais plus hardis. Aussi est-il vraisemblable que ces escarmouches continuèrent après le retour de du Biez : « IT n’estoit guières jour, dit Monluc, que les Anglais ne nous vincent chatouiller sur le descendant de la mer ?, et bien souvant radmener noz gens jusques auprès de nostre artillerie qu’estoit à dix ou douze pas du fort. » Et il raconte en détail une de ces escarmouches quotidiennes où 1l se fait gloire d’avoir battu les Anglais en leur empruntant leur propre tactique.

« Deux ou trois moys après le retour de la terre d’Oye », Monluc obtint son congé. L'hiver fut très humide; la pluie et la neige rendaient peu agréables le séjour d’Outreau. De plus, la peste faisait dans la garnison de grands ravages et les difficultés du ravitaillement obligeaient souvent à ne se nourrir que de biscuit. Monluc dut être vite dégoûté de cette existence et de cette inaction. Il ne prit donc point part aux dernières opérations militaires qui précédèrent le traité d’Ardres, signé le 7 juin 1546. Mais il a fait allusion, pour en rapporter l'honneur à du Biez, à un fait d'armes qui eut lieu après son départ : la belle retraite du vieux maréchal lorsque les Anglais vinrent l’attaquer «entre le

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