LES SOURCES ITALIENNES : SOZZINI ET MONTALVO
— La Relazione della querra di Siena est la plus importante des sources florentines. Son auteur, Antonio di Montalvo, né en 1527 à Arevalo, diocèse d’Avila, était un Espagnol. Il vint à treize ans à Florence avec le cardinal de Tolède, fut recommandé à la femme du duc Cosme de Médicis, Eléonore, nièce du cardinal, devint valet de chambre du duc et fut par lui comblé d’honneurs. Il fut le premier commandeur de l’ordre des chevaliers de Saint-Etienne. Lorsque Cosme, en 1970, alla se faire couronner grand-duc à Rome, il l’accompagna en qualité de majordome. Il mourut en juillet 158r. Sa relation, qui contient le récit des faits de janvier 1554 à février 1556, a été faite d’après les dépêches échangées entre le duc Cosme et le quartier général du marquis de Marignan. Rédigée en espagnol, elle fut traduite en italien par Garcia di Montalvo, fils de l’auteur. Malgré son caractère apologétique, elle est assez impartiale. L'auteur à voulu faire œuvre d’historien, et il s'efforce de dégager les causes des événements qu'il raconte‘. Il importait de faire connaître sommairement ces deux sources, qui seront souvent utilisées dans ce chapitre, pour faire voir de suite à quel rang doit être placé le récit des Commentaires dans une bibliographie critique du siège de Sienne.
Les premières opérations de ce siège fameux remontent au 26 janvier 1554, date où le marquis de Marignan, général des Impériaux au service du duc Cosme de Médicis, s'empara pendant la nuit, par un hardi coup de main, du fort de Camollia, au nord de la ville. Monluc ne débarqua que vers le 8 juillet sur les côtes de Toscane et ne prit part à la défense qu'à parür du 14. On ne trouvera donc dans son livre de renseignements que sur les neuf derniers mois du siège, lequel dura, en fait, quinze mois. On à
della città di Siena d’imperiale fransese e di fransese ‘mperiale, scritto da Alessändro di Girolamo Sozzini, gentiluomo sanese, et qui s'étend d'août 1951 (avec un résumé des événements antérieurs remontant au début du siècle) à mai 1555, a été publiée avec une intéressante préface, des notes critiques et d’autres chroniques du siège dont il sera parlé plus loin, par Garraxo Miranes! au t. Il de l'Archivio storico italiano, 1842. ne
1. Relazione della querra di Siena di don A ntonto di Montalvo, tradotto dalla spagnolo da don Garzta di Montalvo suo figlio, ora per la prima volta pubblicata per cura e con note di Cesare RICOMANNI e di FRANCESCO GROTTA- NELLI, Con l’aggiunto di documenti inediti e di apposita prefazione di Lucrano
Baxcai, 18063.
déjà vu comment, lorsqu'il remania sa rédaction primitive, il a ajouté, en s’aidant de Paradin, un début au livre HE, où il rappelle brièvement les faits antérieurs à son arrivée en Toscane. Dans le premier état des Commentaires, le récit du siège de Sienne se soudait à celui de la prise de Ceva par cette transition vague : «Or, quelque temps après, monsieur le mareschal de Strossy, qui estoit à Sienne, manda au Roy qu'il ne pouvoit servir en deux sortes, c’est tenir la campaigne et commander dans Sienne; et qu’il le supplyoit très humblement voulloir faire eslection de quelque personnaige, de laquelle Sa Majesté se peult fier, pour y commander tant qu’il seroit en campaigne”. » Et le récit s'ouvre par une scène à grand effet. L'auteur nous fait pénétrer dans le conseil du roi et assister à la délibération où il fut choisi pour commander à Sienne. C’est une occasion pour lui de rappeler avec orgueil Paffection que lui témoignait le roi, « son bon maistre », et l’estime où le tenait son ancien chef Brissac. Henri IT a-t-1l lui-même désigné Monluc et évincé les autres candidats? Brissac a-t-il vraiment insisté pour qu’on lui renvoyât en Piémont son mestre de camp? Nous l’ignorons. La vive imagination gasconne de l’auteur doit avoir arrangé la scène. Monluc paraît avoir, du moins, gardé un exact souvenir de la « patente » qui lui fut envoyée. Elle portait, en effet, que Pietro Strozzi, lieutenant général du roi en Italie, étant contraint de sorur de Sienne où le tient assiégé le duc de Florence, « pour aller donner ordre aux affaires des autres villes et places du Siennois et executer quelques entreprises qui se pourront offrir », le roi a fait choix, pour commander en son absence dans Sienne, en qualité de son lieutenant général, de « nostre amé et feal gentilhomme de nostre chambre Blaise de Montluc », avec pouvoir absolu sur les gens de guerre à pied et à cheval et mission de «faire tenir avec toutes les honnestes persuasions dont il se pourra adviser ladite republique, citoyens, manans et habitans de ladite ville en union parfaite, amitié et bonne inteligence les uns avec les autres... »°. La « patente », on le voit, fixait d’une facon très