‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 209 sur 533 · Lanssac au connétable, Rome, Q juin. (Zbrd., I · texte numérisé non relu

Lanssac au connétable, Rome, Q juin. (Zbrd., I

7. Cest ce jour-là que Sozzini mentionne l’arrivée de Strozzi (p. 262). Monluc

dr . nl 2 4 + 2 L'ESCARMOUCHE DE SANT’ ABBONDIO (14 auILL. 1554). 239

Ici se place le premier épisode sur lequel il s’est étendu avec complaisance : l'escarmouche de Sant’ Abbondio. Le marquis de Marignan, après avoir occupé la route de Rome, s'était replié vers Sienne et avail songé à s'emparer des positions au sud de la ville pour barrer au moins là le passage au corps de secours ‘. Mais à l’approche de Strozzi, il avait évacué le faubourg de San Lazzaro, en avant de Porta Romana, et s'était retiré au nord de la ville, dans son quartier général de Palazzo de’ Diavoli?, laissant seulement quelques troupes dans les forts de Monistero et de Sant’ Abbondio. Le duc Cosme, indigné de cette reculade, donna l’ordre à son général de reprendre l'offensive. Le corps de secours arrivait par la vallée de la Tressa. Pour lui faciliter l’entrée, Strozzi fit sortir de Sienne, dans la nuit du 12 au 13, environ trois cents arquebusiers, qui occupèrent le couvent de Sant’ Abbondio, «ung monästaire de nonains, disent très exactement les Commentaires, près Saint-Mare, qui est ung aultre monastaire de religieux » *, après avoir, dit Sozzini, guéri de tout mal les cinquante soldats malades qu'y avait laissés le marquis+. Le lendemain, ces arquebusiers furent renforcés de trois compagnies d'infanterie, celles des capitaines Giustiniano da Faenza, Federigo Montauto et Bartolommeo da Pesaro : Monluc s'est souvenu seulement du dernier. On commença à fortifier Sant’ Abbondio

n’entra donc pas dans Sienne le 28 ou le 29, comme l’avance de Ruble, qui place par erreur le 12 août le combat de Marciano qui eut lieu le 2. La note 1 de la p. 452 du t. I de son éd. repose toute sur ce gros lapsus, et Monluc ne se trompe pas en disant plus loin que le 2 août il y avait quatorze où quinze jours qu'il était arrivé à Sienne.

1. Peter Vannes au Conseil, Venise, 13 juillet (S{ate papers, Mary, n° 237).

>. Le Palazzo de’ Diavoli dresse encore aujourd’hui, sur la Strada fiorentina, sa tour carrée de briques, à 1 kilom. environ de Sienne.

3. Le couvent de Sant’ Abbondio appartenait aux Gesuate; elles avaient alors pour protecteur le cardinal d’Armagnac (le cardinal d’Armagnac aux Huit de la guerre, Rome, 6 novembre 1554. Arch. d’rtat de Sienne, Lettere agli Otto, 6). Quant au monastère de Saint-Marc, c'est l’abbaye de Saint-Eugène, appelée aussi Monistero fuort porta San Marco depuis que Pie HT Pavait, en 1479, réunie à la paroisse San Marco de Sienne (cf. Z{ territorio di Monistero illustrato, Siena, 1856, p. 26).

4. Sozzanr, p. 262. — L’occupation de Sant’ Abbondio est mentionnée en termes semblables dans Dico De Fuenres, La conquista di Sena traduzida de diversas partes de lengqua toscana en nuestro vulgar castellano, imprimée à la suite de l’Æistoria del fortissimo y pradentissimo capitan don Hernando deAvalos, marques de Pescara, Anvers, 1570, fo 51 vo, ouvrage utilisé souvent par Brantôme.

et Lanssac demanda à Strozzi de lui envoyer des pionniers ”. Dans la soirée, les Impériaux tentèrent contre la position une attaque qui fut repoussée ”.

Le 14 au matin, le marquis quittait Palazzo de Diavoli (le Palais du Diau de Monluc), emmenant avec lui ses Allemands et ses Espagnols, en tout quatorze enseignes, dit Sozzini. Les Impériaux contournèrent, au nord-ouest de la ville, le poggio de San Prospero et, par le vallon de la Tressa, descendirent vers Monistero et Sant’ Abbondio. La narration des Commentaires, très minutieuse et riche en petits détails, n'apparaît pas très claire. Pour la comprendre, il importe de létudier sur les lieux et de se faire une idée nette du théâtre de l’action. L’escarmouche s’est déroulée à l’ouest de la ville, en avant des portes San Marco et Tufñ, dans les prés qui bordent la Tressa et sur les pentes, couvertes de vignes, comme au seizième siècle, des coteaux de Monistero. Le « palassot » dont parle Monluc est le Palazzetto Tolomei; le petit oratoire « au coing des vignes tirant à Saincte- Bonde et à Sainct-Marc » est la petite église Saint-Charles, dont on montre encore la place auprès du pont où passe la vieille route qui mène de Porta San Marco à Monistero. Monluc appelle cette route « le grand chemin ». Les Siennois, que commandaient le Bolonais Cornelio Bentivoglio et Francesco Chiaramonti, occupaient le Palazzetto et Sant’ Abbondio. Les Impériaux s’appuyaient sur la position de Monistero, que Monluc appelle toujours « leur fort de Sainet-Marc », où ils avaient mis en batterie quatre petites pièces *. Ce dernier détail est confirmé par Sozzini. Quant aux troupes de Strozzi, elles n'étaient pas sur le théâtre de Paction : « Monsieur le mareschal, dit Monluc, qui estoit de

1. Lanssac à Pietro Strozzi, [ Sienne}, 13 juillet (Corresp. de M. de Lanssac, 17120)À

Page 1