‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 210 sur 533 · Sozzini, p · texte numérisé non relu

Sozzini, p

3. Ces explications sont nécessaires pour comprendre, par exemple, la phrase suivante : « Ceux qui estoinct sortis de Sainct Marc [les Impériaux de Monistero] se retirarent aussi en haste, et en ramenarent les quatre petites pièces, desquelles ilz battoinct Saincte-Bonde, dens leur fort de Sainct-Marc [entendez : évacuèrent les quatre petites pièces qui étaient dans leur fort de Monistero]|. » 1, 450. — Le marquis occupait ce fort depuis le mois d'avril. Cavalcanti écrivait de Sienne, le 15, au duc de Parme : Ç[ nemici non cessano di fortificarsi, et di nuovo fanno un forte a Monistero, vicino a Porta S. Marco un miglio. »

(Lett. di Cavalcanti, p. 62.)

l'aultre cousté de la porte Sainct-Marc, en ces valons qu'il y

a..." » Il s’agit des vallons qui se creusent à l’est de Sienne, entre Porta Tufi et Porta Ovile. Les Grisons de Fourquevaux étaient derrière le Palazzetto, masqués par la hauteur qui les couvrait du feu de lartillerie impériale ?. Quant aux Gascons et aux Allemands, ils étaient restés en arrière, attablés à boire sur le grand chemin, c’est-à-dire ici sur la route encaissée et fraiche qui longe PArbia. Ils refusèrent de marcher. Monluc n'avait avec lui que son fidèle Charry et trente bons soldats, « presque tous lesquelz estoinct gentilzhommes ».

On peut maintenant distinguer trois parties dans la narration des Commentaires : l'arrivée de Monluc sur le lieu de l’escarmouche et la première charge faite par les Siennois de Mario de Santa-Fiore ralliés, qui se termina par la reprise de deux petites maisons sur la vieille route; Pentrée en ligne des Grisons, appelés par Monluc pour soutenir les Siennois; enfin la charge finale qui amena la retraite des Impériaux.

Sozzini, Montalvo et Diego Fuentes, l’auteur de La conquista de S'ena, ont aussi raconté l’escarmouche de Sant’ Abbondio à. À leurs récits, on peut joindre, pour être complet, la chronique inédite de Teofilo Gallaccini*. Aucune de ces relations ne cite

1. On voit que Monluc se rend compte ici que Strozzi avait de nouveau quitté Sienne, l’y laissant. Plus haut, il a imaginé de toutes pièces un dialogue qui suppose qu’il était resté dans la ville. Sozzini dit qu'il était retourné, le soir du 12, à Buonconvento.

2. Il est nécessaire, pour comprendre ainsi la phrase de Monluc (I, 445), et elle ne peut avoir d’autre sens, de modifier la ponctuation de de Ruble et de lire : « Cependant tout au long du cotau l’escaramouche üroict, et au long des vignes droict au Palassot qui est ung petit palais au derrière duquel estoinct les Grisons et au doz de la montaigne, etc. »

3. Le récit de Pecer (Memorte storico-critiche di Siena, IV, 153) est un résumé de Monluc. Je cite pour mémoire celui d’Argrzz, Vita di Piero Strozzi, qui dit simplement que Sant’ Abbondio (Santa Bonda) fut fortifié par ordre de Lanssac et que le lendemain Strozzi dégagea les capitaines Giustiniano da Faenza et Saporoso da Fermo qui y étaient enfermés (Vite di uomint d'arme e d’affari del secolo XVI narrate da contemporanet, pp. 575-576). — Cormrer dit inexactement : « Senenses, auctis ob supplementum ab Henrico rege missum animis, Monasterium magnis viribus oppugnare parant; ac ejus potituri videbantur, ni Marignanus, educto latebris exercitu, praesto Monasteriensibus adfuisset. Ibi consertis manibus octingenti utrinque cadunt. » (Op. cit., fo 119 ro.) ;

4. Cronica di Siena dalla sua origine fino al 5540 (Bibl. commun. de Sienne, C, VI, 14).

Monluc. On ne peut douter pourtant qu'il ait assisté à l’action. En dépit de son obscurité apparente, sa narration est, pour le détail topographique, la seule satisfaisante; grâce à elle, et à elle seule, on peut reconstituer lescarmouche sur le terrain. Le récit de Sozzini, bourgeois pacifique qui ne sortit pas de la ville, est beaucoup plus bref et plus vague. Gelui de Montalvo est plus détaillé et plus intéressant. L'auteur, qui est un soldat, insiste, comme Monlue, sur les difficultés du terrain, coupé de fossés et de vallons; comme lui, il dit que le marquis renforça lescarmouche avec ses arquebusiers espagnols et que ceux-ci furent repoussés. Fuentes cite Mario de Santa-Fiore comme ayant pris part au combat, Ccon otros principales » : Monluc était de ces derniers. Il mentionne également le renfort envoyé par le marquis ‘. Quant à la chronique de Gallaccini, elle confirme ce que disent les Commentaires du résultat de la Journée : ce ne fut pour Strozzi qu'un demi-succès, en raison de l'absence des Gascons et des Allemands”. Montalvo met ce résultat en lumière avec plus de vigueur et de précision que Monluc; il assure que Strozzi, voyant l'impossibilité d’enfermer toute son armée dans Sienne, inquiet aussi de l'accueil très froid que lui avait fait la Seigneurie, qui ne se souciait pas de nourrir toutes ces troupes, tenta, ce jour-là, de tout terminer par une bataille. L'affaire se réduisit à une escarmouche, dont tous les historiens sont unanimes à noter le caractère sanglant. Ce que les Commentaires ne disent pas et ce que nous apprennent Sozzini et Montalvo, c’est que la veille, le 13 juilet, 11 y en avait eu une, non moins sérieuse, qui dura onze heures, où les arquebusiers espagnols de don Giovanni di Luna tentèrent sans succès d’emporter Sant Abbondio?. Monluc n’y eut sans doute aucune part. Un autre historien, qui n'a pu connaître le récit des Commentaires, Adriani, en confirme certains détails, tels que la lutte autour des maisons, et le caractère exceplionnellement sérieux de l'affaire, où,

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