LA DÉFAITE DE MARIO DE SANTA-FIORE
intentions et Monluc se hâtait de faire démanteler les châteaux qu’il venait de prendre ‘. Le 11 juin, il était averti que l’ennemi était de nouveau sorti en campagne *. Don Alvaro, laissant à Sienne cinq compagnies florentines fournies par le duc Cosme, marchait cette fois sur Pienza, à la tête de dix enseignes d’'Espagnols, dix d’Italiens et deux d’Allemands. Après avoir repris aisément Chiusdino, il allait entamer sérieusement la frontière du territoire de Montalcino en occupant l’une des principales places qui la gardaient. Pienza pris, Montalcino était menacé, sinon perdu. Monluc, avec les forces très insuffisantes dont il disposait, Jugea qu'un seul parti était à prendre : évacuer Pienza. Il s'y rendit le 14, fit sortir toute l'infanterie qu’il envoya à Monticchiello et laissa près de la ville la cavalerie avec ordre d’inquiéter l'ennemi et de lui donner, à l’occasion, une «estrette ». Mario de Santa-Fiore, qui la commandait 3, n’eut pas la patience d’attendre les Espagnols : il alla les reconnaître le matin du 15. Une vive escarmouche s’engagea ; après deux ou trois charges, les cavaliers français, sous le feu de l'infanterie, durent tourner le dos. Les arquebusiers du capitaine Faustin de Pérouse, au lieu de les soutenir, lâchèrent pied à leur tour. Mario de Santa-Fiore fut blessé d’une estocade au genou. A mi-chemin de Monüicchiello, au passage de la Tresa*, ses cavaliers firent tête. Un combat terrible eut lieu là : le capitaine Serres, d’un coup de lance, transperça la cuisse d’un capitaine florentin et, du même coup, enfonça son arme de plus d’un pied dans la selle, tandis que son adversaire brisait la sienne dans le cou du cheval, qui portait « plus de deux bras de tronsson de lance ». Les Espagnols tuèrent ou prirent vingt cavaliers français. Le reste, avec l’arquebuserie, se retira vers Monticchiello, d’où le prieur de Lombardie, frère de Mario de Santa-Fiore, était sorti avec