DOTE
2. 1, 452, n. 1. — Le combat de Marciano fut livré le 2 août et non le 12.
3. Le Florentin Bartolomeo Cavalcanti y est donné comme un « citoyen siennois », et la place de Savigliano, en Piémont, comme un capitaine français qui amène « au prince (sic) d'Enghien un renfort d’Italiens ».
pondance de Catherine de Médicis, a copié 74 lettres ou mémoires de Monluc, qui ont pris place aussi dans la publication de de Ruble ‘. Les archives de Sienne et de Florence, explorées par MM. Gaffarel et Benoist, lui en ont donné 22. Au total, l'édition de la Société de l'Histoire de France a fait connaître 275 documents, presque tous inédits, publiés in extenso, 39 Ordonnances, commissions ou lettres patentes analysées, et signalé 34 lettres ou ordonnances imprimées dans d’autres recueils. Depuis 1872, époque où elle fut terminée, de nouvelles découvertes ont légèrement grossi cet important dossier ?. De Ruble n’en a pas moins le mérite d’avoir réuni et fait connaître cette correspondance où Monluc s’est peint lui-même, non plus en vue de la postérité, mais au naturel et sans apprêt, où sans arrièrepensée il a donné parfois, au lendemain même des événements, une première version des faits racontés dans les Commentaires, où ses exploits enfin apparaissent non plus isolés, simplifiés, idéalisés, mais confondus dans la trame infiniment complexe que l'historien doit reconstituer pour approcher de la vérité. Depuis lPapparition de l’édition de Ruble, les Commentaires n'ont fait l’objet d'aucune étude critique . On s’est borné à constater les désaccords entre le témoignage de Monluc et celui de Martin du Bellay à propos de la journée de Cérisoles *. L'auteur du seul travail que l’on ait spécialement consacré à Monluc depuis les trois articles de Sainte-Beuve, M. Charles Normand, dans un livre très agréable et très savoureux, s’est demandé ce qu'il fallait penser de sa véracité : « Elle est réelle, dit-il, en cela que, s’il ne dit pas tout, au moins tout ce qu'il dit est vrai. Il est
1. Voir comte pe La Ferrière, Deux années de mission à Saint-Pétersbourg, 1867. Ce volume se termine par une étude sur Blaise de Montluc d'après sa correspondance inédite, qui fut pour la première fois imprimée en 1865 (in-80 de 10 pages), et où l’auteur a indiqué certaines lacunes des Commentaires que comble la correspondance.
2. J'ai dressé le bilan de ces découvertes en tête de ma publication : Douze lettres inédites de Blaise de Monluc, 1898 (extrait des Annales du Midi, t. X).
3. Ils ont été simplement utilisés dans les travaux de Bouillé et de Forneron sur les dues de Guise, de F. Decrue sur Montmorency, de l'abbé Marchand sur le maréchal de Brissac, de G. Duruy sur le cardinal Carlo Carafa, enfin de de Ruble lui-même sur Antoine de Bourbon et Jeanne d’Albret.
4. H. Lemoxnier, Histoire de France, publiée sous la direction de M. E. La-
visse, V, 2, p. 119, n. 1.
rare qu'on puisse le surprendre en flagrant délit d'erreur voulue. J'écarte, bien entendu, optique particulière qui lui fait toujours croire, même là où il ne commande pas en chef, que c’est lui qui a gagné la bataille. C’est de l'illusion ou du grossissement ; ce n’est pas du mensonge... Il n'invente pas, il exagère; et puisqu'il est de bonne foi, il y aurait mauvaise grâce à lui en vouloir. En réalité, on peut le consulter avec confiance : si lon veut faire abstraction du premier rôle qu'il s’attribue partout, on le trouvera rarement en défaut. Les faits qu'il cite sont exacts, et ses jugements sur les personnes, moins passionnés que les appréciations de ses lettres, contiennent une dose suffisante d’équité. C’est tout ce qu’on peut demander en conscience à un auteur de mémoires . » Ce jugement très modéré, mais aussi très flatteur, n'est-il que l'impression d’un lecteur des Commentaires cédant, après tant d’autres, au charme et inclinant à l’indulgence? Est-il possible de l’appuyer sur des preuves solides? Pour le savoir, il est indispensable d'établir pourquoi et comment Monluc a composé son livre, et d’éprouver son récit, par une enquête minutieuse, au contact des documents originaux. C’est l’objet propre de cette étude.
1. Ch. Norman, Monluc (classiques populaires), 1892, p. 212. — Voir, sur ce livre, le compte rendu enthousiaste, mitigé par quelques réserves, de Tamizey de Larroque dans la Revue de Gascogne, 1893, p. 82.