LA ( GUERRE MOUILLÉE D (JANVIER
avait quitté la cour le 5 novembre; mais il ne partit que le 7 décémbre dé Blois pour Bordeaux". Il avait obtenu lPappui secret de Heñri Il, qui lui permit de joindre à ses Béarñais trois mille légionnaires de Guienñe, aux ordres de Symphorien de Durfort, sieur de Duras, le futur chef huguenot?. Au début de novembre, ayant reçu du roi et du duc de Guise des lettres lui maridant de se rétidré en diligence droit à Bordeaux « pour exécuter quelque entreprise, qui consérné grandement le service de Sa Majesté », Monluë quitta Paris. Il ignorait encore dé quoi il s’agis= sait; le roi de Navarre devait l’eñ instruire?. L’état de santé ét les perpétuelles hésitations d'Antoine de Bourbon retardèrént l’ouverturé des hostilités. A la fin de décembre, il ordonnait à sés capitaines de ne pas bouger. Aussi, lé 6 janvier 1559, retrouve-t-on Monluc dans ses terres de Gascogne. Le 14, il réjoigait à Pau le roi de Navarre, qui y réunissait ün conseil de guerre composé de Bürie, Monluc, Jarnac, pour dresser enfin son plan de campagnéf. De là, le 15 ou le 16 janvier, on va à Bayorne, comme le dit Monluc ; le lendemain, on loge à Béhobie. Une compagnie de gens dé pied franchit la Bidassoa. Mais il était trop tard : dès le 2 janvier, Henri Il écrivait que l’entreprise était de tous côtés « descouverte » 7. Informé par don Sanclie d'Ursua qu'il est trahi, sans argent pour payer ses troupes, Attoine de Boufbon recule précipitamment sur Bayonne. Le 56 janvier, tout est terminé. Monluc n’a pas insisté davantage et s’est borné à faire allusion d’un mot au traître Pierre Fernan-
1. Le 24 novembre, il écrivait de Vendôme à Henri IT : « Quant aux autres devers Bayonne, je n’en ay aucune nouvelle non plus que s'ils éstoient tous mortz. » (Lett, d'Ant. de Bourbon et de J. d'Albret, éd. Rochambeau, p. 159.)
2, BorDeNave cite Monlue parmi les chefs de expédition.
3. Monluc à Brissac, Paris, 6 novembre (IV, 102). — Cf, une ilettre au duc de Guise pour lui recommander le contrôleur La Morlière, datée, le même jour, d'Orléans (rbid., 104). L'une des deux dates est évidemment inexacte,
4. Antoine de Noailles à Burie, Bordeaux, 22 décembre 1558 (B. N., fr 6910, fo 120), — CF, ne Rue, Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret, 1, 422.
5. Monluc au duc de Guise, Saint-Puy, 6 janvier 1559 (IV, 106).
6. Le procès-verbal de ce conseil a été publié par le marquis de Rocrañseau, Galerie des hommes illustres du Vendômoïs, 1879, p. 168. — Cf. aussi une lettre de Burie au roi, Pau, 14 janvier (Arch. hist. de la Gir., XV, 322).
7. Henri I au roi de Navarre, 2 janvier (B. N., fr, n. acq. 1233, fo 46).
8. Antoine de Bourbon à Henri Il, Bayonne, 26 Janvier, — Instructions pour lé sieur d’Audaux, même date (Let{. d'A. de B. et de J. d'A., pp. 163-167).