RÔLE OFFICIEUX DE MONLUC EN GUIENNE
Le dégagement de la Plume n’est pas le seul fait de ce genre à l'actif de Monluc. Le 24 Janvier, il est à Marmande, auprès de « monsieur de Burie, qui commandoit en l'absence du roi de Navarre en Guyenne ». Il Paccompagne à Agen pour l'aider à pacifier la ville, émue par les prédications d’Odet de Nort'. Ils y arrivèrent le 26, et Monluc semble bien avoir approuvé par son silence lattitude de Burie, qui, facilement persuadé par les protestations de loyalisme des réformés agenais, les laissa occuper l’église de Saint-Fiary et leur dit en s’en allant « que s’ils avoient acoustumé de prier Dieu une fois, qu'ils priassent quatre »?. Le 12 mars, 1l assiste à Agen à l’assemblée des États de la sénéchaussée, réunie pour délibérer sur les propositions faites aux États d'Orléans : il donne aux députés de sages conseils, leur remontre la nécessité d'aider « ung prince endebté comme est le nostre », calme les susceptibilités des représentants de la noblesse catholique, émus par la présence des sieurs de Biron et de Caumont, qui passaient pour favorables aux idées nouvelles, s’efforce, en un mot, d'appliquer la politique tolérante de la reinemère, auprès de qui il n’oublie pas de se faire valoir en cette occasion *. En mai, il se rend de sa maison d’Estillac à Agen pour y « visiter quelques fois les habitants et subjects du Roy audict Agen, pour les contenir et faire vivre en paix les ungs avec les aultres »*. Le mois suivant, des troubles éclatent à Layrolle et à Sérignac : l’église a été pillée et le curé tué. Le roi et la reine lui confient la mission de punir les factieux *. En juillet, il négocie avec «ces nouveaux chrestiens » pour les « pacifier »°. Il commençait ainsi à se rendre nécessaire, et le vieux Burie deman-
1. Burie à la reine, Marmande, 24 janvier 1561 (Arch. hist. de la Gir., XII, 151).
>. Hist. eccl., 1, 874-875. — Voir, sur ces événements, DE Rue, Jeanne d’Albret, 1, 60-62, et G. Taoux, La ville d'Agen pendant les querres de religion (Rev. de l’'Agenais, XIV, 443-444).