Bibl. munic. de Bordeaux, Reg. secr., ms. 369, 2, fo
TENTATIVES DE CORRUPTION. Lo5
Le capitaine Peyrot, précédant son père, avait apporté des commissions qui avaient été déjà expédiées aux capitaines désignés par le roi. Il fut décidé que, tandis que Burie irait rétablir l’ordre à Bazas, Monluc se rendrait « en Agenois, où sont ses maisons, pour entendre comme tout s’y porte et gaigner gens tant qu'il luy sera possible, divertissant les bons d'avec les mauvais pour estre ceulx qui l'ont merité et meriteront plus aysement chastiez, et sans entrer en despence extraordinaire, s’il est possible ». Les deux capitaines conclurent qu'il faudrait entretenir tout lété quatre où cinq cents hommes d’armes dans la province; les C'ommentaires parlent seulement de deux cents arquebusiers et cent argoulets qui, conformément aux instructions royales, furent immédiatement levés !
Le 3 janvier, Monluc était à Estillac et Burie se plaignait de n'avoir pas encore reçu de ses nouvelles”. C’est à ce moment que se placent les quatre tentatives de corruption des ministres Barrèles et Boisnormand, du fermier de Puch de Gontaut Labat et du capitaine Sendat3, complaisamment contées dans les Commentaires en vue de justifier l’auteur d’avoir pactisé jamais avec les huguenots. Monluc les à rappelées lui-même dans une lettre au roi, écrite en mars 1570, où il fait appel au témoignage de la reine“. Elles sont, d’ailleurs, très vraisemblables, comme la déjà remarqué M. Tholin*, si l’on songe aux compromissions antérieures de Monluc et aux espérances que sa mission avait dû faire naître chez les réformés. Ceux-ci ne faisaient, en somme, que renouveler auprès de lui les démarches qu'avait tentées trois mois avant le prince de Condé.