Burie au roi, Bordeaux, 28 décembre
2. Burie à la reine, Bordeaux, 3 janvier. — Cette lettre, donnée comme inédite par pe Rugce et analysée par lui (op. cit., p. 438), a été pour la première fois publiée dans les Arch. hist. de la Gir., X, 31-32.
3. Une lettre de Monluc à Damwville, du 29 juillet 1569, contient sur le capitaine Sendat des renseignements qui prouvent que c'était un homme de sac et de corde, et aussi que Monluc lui gardait rancune de sa proposition. (V, 198-200.)
4. «La royne me portera, s’il luy playt, tesmoignage, comme l'ayant peu entendre de plusieurs, que aux premiers troubles il me feut presenté une foys trente mil escus, et huit jours après quarante mil par ceulx de la Religion pour ne prendre les armes contre eulx. Geulx qui m’aportarent ceste parolle ne s’en cuydèrent bien trouver. » (V, 272.)
5, Trou, op. cit. (Rev. de l’Agenaïs, XIV, 491-492).
Ajoutons que Monluc connaissait, à n’en pas douter, personnellement les ministres Barrèles et Boisnormand. Le premier, ancien cordelier espagnol, prêchait à Agen, où il avait épousé la fille d’un apothicaire ‘. Quant à François Le Guay, sieur de Boisnormand, l’apôtre et l’organisateur de la Réforme en Agenais, il était, en juin 1560, le prêcheur attitré du roi de Navarre, et Monluc avait dû l'entendre à Nérac°. L'offre par les églises d’un
« bon présent », quarante mille écus, est aussi très vraisemblable : on connaissait la cupidité de Monluc. Il a pris soin de souligner la proposition pour se disculper du reproche d’avarice ; le fait n’en est pas moins significatif. Les Commentaires sont ici confirmés incomplètement par les autres témoignages. L’Æistoire ecclésiastique parle de la visite de Barrèles à Monluc, mais est muette sur la tentative de corruption 5. Les documents originaux sont vagues, mais suggestifs. Le 11 janvier, Burie avait reçu par le capitaine Tilladet de Saint-Orens, celui-là même qui avait été chargé de lever des gens de pied, une lettre de Monluc lui communiquant « ce qu'il a appris depuys qu'il est en sa maison » f. Le 17, le président La Chassaigne lisait au Parlement de Bordeaux une autre lettre où Monluc linformait « des choses et menées qu il a descouvertes depuis son arrivée en ce pays-ci » *. Le même jour, Burie transmettait la lettre qu'il avait reçue de son côté, « par laquelle ïl lui apprenait que les réformés avaient formé le projet de l’assassiner, et que leurs ministres excitaient le peuple à la révolte » 6. Ce dernier document permet de dater l’entrevue des réformés d’Agen au Passage avec Monluc et le sénéchal d’Agenais, Raffin Poton, confirmée du reste par l’//istoire ecclé-
1. ist. eccl., 1, 875, 879, 882. — G. Bosquer, Atst. des troubles advenus en la ville de Tolose l'an 1562, trad. fr., Toulouse, 1595, in-12, pp. 56-59. IL est difficile de soutenir, comme on l’a fait en se fondant sur le désintéressement de Monluc, que Barrèles était un agent provocateur de Philippe II. (Les descendants des Albigeois et des Huguenots où Mémoires de la famille de Portal, [par le baron Porrar], Paris, 1860, p. 220, n. 2.)
2. Voir, sur Boisnormand, BourGEoON, 0p. cit., pp. 57-60. Hist. eccl., 1, 893.
Burie à la reine, Bordeaux, 11 janvier. (Arch. hist. de la Gir., X, 33.) . Le texte de cette lettre, à RUE fait allusion une mention des Registres secrets (Bibl. munie. de Dordeniss ms. 369, 2, fo 323 ro), a été conservé, d’après une autre copie perdue de ces registres, par Dom Devienne, Aist. de Bordeaux, éd. de 1862, I, 138.