‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 356 sur 533 · L’ANARCHIE EN GUIENNE · texte numérisé non relu

L’ANARCHIE EN GUIENNE

près de Nérac, pris et pillé. D’autres gentilshommes, près de Villeneuve-d’Agen, avaient été maltraités par leurs vassaux!. « La noblesse se commensoyt laisser aller, de telle sorte qu'ilz commensoient de composer avecques eulx, leur priant de les laisser vivre seurement en leurs maisons, avecque leur labouraiges; et: quant aux oblies et aux fieufz, 1lz ne leur en demandoit rien. D’aller à la chasse, il n’y avoit si hardy qui y ausast aller, car 1lz veniont tuer les levriers et les chiens au milieu de la campaigne, et n’ausoit-on dire mot à poyne de la vye; et si vous en touchiés ung, toutes leurs eglises incontinent estoient mandées, et dans quatre ou cinq heures estiés mort ou bien failloit fouyr ou cacher dans quelque maison de ceulx-là qu’avoient pactisé avecques eux, ou dans Tholose; car en aultre lieu ne pouvyés estre asseuré ”. » Ce tableau si vivant tracé par Monluc est à peine noirci. L’/istoire ecclésiastique fait allusion à ces excès pour les déplorer, mais elle ne marque pas aussi nettement leur véritable caractère 3.

Il fut aussi frappé de la sympathie que les gens de robe et les officiers royaux témoignaient aux idées nouvelles et qui se traduisait par une inertie complète en face des fauteurs de désordres, briseurs d’images, coureurs de grande route, qui s’assemblaient sous couleur de religion et dont les excès inquiétaient les chefs de la Réforme‘. Tandis qu'à Bordeaux les conseillers du Parlement déployaient une grande énergie, multipliaient les arrêts et les enquêtes, dans les petites villes les magistrats chargés d’assurer l’ordre fermaient les yeux et ne cachaient pas leurs

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