L'EXÉCUTION DE SAINT-MÉZARD (20 FÉV
La « patente » royale lui ordonnait de se rendre, avec Burie et les deux commissaires Compaing et Girard, à Fumel et à Cahors pour y faire justice des excès commis par les huguenots et par les catholiques. Les Commentaires racontent par le menu ce « voyage ». Dans les derniers jours de janvier, Burie avait écrit à Monluc, par le capitaine Tilladet, de se rendre dans six ou sept jours à mi-chemin d'Agen et de Bordeaux, à Saint-Macaire, afin d’en régler les détails avec le général Portal et le receveur général d'Agen ‘. L’Æistoire ecclésiastique place le 8 février cette entrevue, après laquelle Monluc revint « en sa maison »°. Les Commentaires laissent entendre que Burie, dès ce moment, « pendoit quelque peu » du côté de la Religion; ils oublient de dire que les pluies continuelles l’arrêtaient, et que peut-être il rètardait volontairement son départ pour deux raisons : la nécessité d'attendre les effets de la publication de l’édit de janvier, faite à Bordeaux le 6 février et le 14 à Agen, et la venue encore possible du prince de Condé. Monluc, cependant, s’est mis à la besogne. Le 19 février, il est de retour à Saint-Puy, où il reçoit des consuls d'Agen un présent de poissons ÿ. C’est de là qu'il part pour « divertir les bons d'avec les mauvais », d’après sa nouvelle méthode, en faisant des exemples « sans sentence ny escripture ». Son récit de l’exécution de Saint-Mézard, très détaillé et très vivant dans son horreur, et celui de lÆistoire ecclésiastique, beaucoup plus succinct, concordent pleinement, sauf sur un point, où l'historien réformé exagère évidemment pour rendre Monluc plus odieux. Les Commentaires complètent lAHrstotre ecclésiastique en nous éclairant sur les motifs qui le déterminèrent à faire trancher la tête au neveu de Verdier, avocat du roi de Navarre à Lectoure, à faire pendre deux paysans et fouetter jusqu’à en mourir un diacre de dix-huit ans. Ils lui avaient
1. Burie au roi de Navarre, Bordeaux, 1er février 1502 (Arch. hist. de la Gr X> 30):