‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 360 sur 533 · LÉ & VOYAGE » DE FUÜMEL · texte numérisé non relu

LÉ & VOYAGE » DE FUÜMEL

Le mardi 24 seulement et non « le lendemain », Monluc quitta sa maison d’Estillac pour aller rejoindre Burie à Clairac'. La discussion qui s’éleva entre eux pour savoir s'ils iraient d’abord à Cahors instruire les procès des catholiques, comme le voulaient les commissaires, où à Fumel châtier les huguenots, comme le voulait Monluc, n'eut pas lieu à ce moment, mais plutôt lors de l’entrevue de Saint-Macaire. Compaing et Girard y font, én effet, allusion dans une lettre, datée du 22 février, où ils se plaignent que plusieurs coupables se sont évadés, « combien que nous eussions faict prier mons' de Monluc de nous en ayder, estant le plus proche de nous en Agenoys. Mais au lieu de ce faire, ül a escript en ce pays que nous avions presté ceste charité à ceulx de Cahors d'y venir premièrement, et puisque n’estions passez par Bordeaux, que demourerions sans escorte et contremanderoit la compaignye de mons' le marchal de Termes qui avoit mandement de mons' de Burye de venir à Cahors... »°., Ce passage significatif confirme pleinement ce que dit Monluc de ses sentiments à l'égard des deux commissaires, « les deux plus grandz huguenotz du royaume de France »*; mais il a négligé de noter les preuves évidentes de sa mauvaise volonté à leur égard.

Le 26, Burie et Monluc partaient de Clairac pour Villeneuved'Agen‘, où ils arrivèrent, d’après les Commentaires, le lundi suivant. Ce lundi était le 2 mars. Le 3, en effet, le consul Philippe Berard partait d'Agen pour Villeneuve afin d'y conférer avec les deux capitaines sur « les grands excès que les hugonneaux commettoient dans la presente ville... »°, Les Commentaires placent le mardi 3 l'exécution à Villeneuve du capitaine

1. « Le xxrrre, le secretaire et moy sommes allés à Estilhac pourter à Mon sieur de Monluc les informations faictes contre le prieur des Carmes de la presente ville, estant à Estilhac : ay payé pour le passaige, pour ce que la riviere estoyt grosse, II S. » (Arch. munic. d'Agen, CC, 300, comptes du trésorier Jacques Laboyrie.) ,

2. Compaing et Girard à la reine, Cahors, 22 février (B. N., fr. 3210, fo 76, orig.).

3. L'Hist. eccl. dit, par contre, que la guerre empêcha Compaing et Girard « de faire le bien qu'ils pretendoient ». ([, 897.)

4. « Nous partirons demain pour estre mardy prochain à Fumel », écrit Burie le 25.

5. Arch. munic. d'Agen, CC, 300 (Taouin, 0p. cit, dans rev. de l'Agenais,

XIV, 498-499). — Cf. Hist. eccl., I, 898.

h16 LES PRÉMIERS TROUBLES.

Morelet-Lauzette et des autres huguenots d’Astaffort, arrêtés par Tilladet sur l’ordre de Monluc. L’/istoire ecclésiastique confirme le fait, en ajoutant ce détail très vraisemblable que Monluc en voulait à Morelet-Lauzette « à cause qu’il avoit tenu quelque propos desavantageux contre le sieur de Lihoux », son frère”. Le vendredi 6 mars, « au partir dudit Villeneuve », Burie et Monluc arrivèrent à Fumel : la date exacte est fournie par une lettre de Durfort de Bajamont à la reine, qui nous apprend que l'enquête et les arrestations commencèrent aussitôt”. On n’attendit donc pas les commissaires, qui, d’ailleurs, refusaient de quitter Cahors, d’où ils soumettaient à la reine une divergence d'opinion grave qui s’était produite entre eux et les deux capitaines sur l’interprétation d’un article de l’édit de janvier*. Monluc et Burie avaient, dès ce moment, demandé qu’on leur adjoignit deux conseillers au Parlement de Bordeaux, Jehan d’Alesme, « le vieulx », et Arnaud de Ferron, «afin de bailler à ces commissaires, pour contrecarre, gens qui entendroient bien le chemyn qu'il fauldroit prendre ». Dès le 20 février, Burie les avait mandés : le Parlement reçut le 7 mars les lettres patentes qui les déléguaient «en absence toutesfois desdicts Compaing et Girard » ; il leur délivra aussitôt leur commission, « pour aller en Agenois et ailleurs faire et refaire le procès aux cedissieux »#, et ils arrivèrent à Cahors avant le 18 mars.

Burie et Monluc restèrent à Fumel du 6 au 13 mars. « En défaut des conseillers de Bordeaulx et commissaires Compaing et Girard », ils firent venir d'Agen le lieutenant criminel Antoine Tholon, déjà connu pour son zèle catholique, et six conseillers du présidial. Ceux-ci, avec le prévôt général Gervais Heraudeau, firent le procès à quinze ou seize prévenus, qui, le 11 et le 12,

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2. Durfort à la reine, Fumel, 12 mars (B. N., fr. 3186, fo 56, orig.).

3. Compaing et Girard à la reine, Cahors, 17 mars (B. N., fr. 3189, fo 59, orig.), Les commissaires étaient d'avis d'accorder la liberté d'ouvrir destéglises aux réformés qui avaient respecté les édits antérieurs interdisant les prêches, Burie et Monluc soutenaient qu’on ne le pouvait. En fait, l’édit de janvier n’avait pas prévu ce cas.

4. Le Parlement de Bordeaux au roi, 7 mars (Mém. de Condé, NI, 151-155). — Bibl. munic. de Bordeaux, reg. secr., ms. 370, fo 369.

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