Burie et Monluc au roi, Cahors, 18 mars (IV
6. Voir, sur ce personnage, THouin, op. cit. (Revue de l’Agenais, XIV, 214),
REQUÊTE DE LA NOBLESSE GASCONNE. k17
furent « deffaictz ». Ces détails nous sont donnés par une lettre coïlective de Burie et Monluc au roi, du 13, et par une lettre de Monluc à la reine, du même jour’. Dans ces deux lettres, on ne trouve aucune allusion désobligeante aux deux commissaires : Monluc et son collègue, qui n’était pourtant pas moins décidé que lui à sévir, jugeaient alors prudent de ne pas s'exprimer librement sur eux. Elles contiennent, en revanche, la mention d’un fait important omis dans les Commentaires. Un bon nombre de gentilshommes d’Agenais, d’Armagnac, de Quercy, de Périgord, de Rouergue et de Comminges, conduits par Louis de Carmaing, seigneur de Négrepelisse, vinrent à Fumel trouver Burie et Monluc, « sans porter armes autres que leurs espées », pour leur offrir leurs services et les prier de transmettre au roi une requête, où ils traçaient un tableau complet des cruautés « pires que les mahométistes », exercées par « les séditieux et gens de la nouvelle religion », dénonçaient énergiquement leur dessein de réduire, « soubz ombre de religion, les aultres Estatz, principallement la noblesse, en servitude », protestaient contre la mansuétude royale et l’édit de janvier, demandaient qu'on fit sévère justice du meurtre du baron de Fumel, et qu’on leur rendît la paix dont ils jouissaient sous François I, Henri Il et François I1*. Cette démarche solennelle, première tentative de ligue catholique en Guienne, était le résultat de l’énergie déjà déployée par Monluc. Elle le confirma dans ses idées; désormais, se sentant soutenu par l’opinion de la noblesse, il oubliera souvent qu'il est le délégué d’un lointain pouvoir central et conformera sa conduite aux vœux qu'il entendra exprimer autour de lui. Bien loin de noter dans son livre ce fait de nature à atténuer sa responsabilité, il a, semble-t-il, cherché à l’aggraver en écrivant qu'à Fumel en Qung jour il en feust deffaict trente ou quarante ». Les deux lettres déjà citées réduisent ce nombre à quinze ou seize exécutés en deux Jours; et Monluc ajoutait
« Et en tenons encores soixante et cinq de prisonniers que, Je