IV
2, « Requête de la noblesse de Rouergue... presentée par le sr de Negrepe= lisse à Messeigneurs de Burie... et de Montluc... » (B. N., Dupuy, 588, Fos 10g- 110, orig. non daté.) Ce document a été publié dans les Mérm. de Condé, nr 107-111. — Les signataires de la requête étaient au nombre de quatre mille deux cents, d’après la lettre déjà citée du secrétaire du cardinal d’Armagnac.
Pr
croys, les tous ne seront pas coulpables; mais il ne sera faict tort à personne. » Les deux langages sont bien différents ". Celui que tenait Monluc en 1571 était celui de la légende créée le lendemain même de l'événement : les catholiques, pour épou-, vanter leurs ennemis, allaient, en effet, répétant qu'à Fumel on avait tranché la tête à plus de cinquante hérétiques”. En fait, d’après le texte de l’arrêt, dix-neuf furent exécutés.
Le vendredi 13 mars, Burie et Monluc arrivèrent à Cahors. Ils trouvèrent Compaing et Girard qui y étaient depuis le g février. Un certain nombre de prévenus, tous gens de basse condition, étaient retenus dans les prisons de la ville et dans les châteaux voisins, en particulier à Assier, « à la diligence de madame la comtesse du Rin », femme du rhingrave Jean-Philippe de Bade*. Les principaux ceupables avaient échappé. Les commissaires, à peine arrivés, demandèrent à la reine et à l’Hospital une provision plus ample € pour l'instruction de ceulx qui sont des plus apparentez et riches » Ÿ ; en attendant ils les firent activement rechercher. On arrêta, entre autres, le chancelier de l'évêché, Manfrède de Bieule, qui, avec l’évêque Bertrandi, les chanoines et € un Italien Cremonnois, habitué de longtemps en la ville », avaient entravé les premiers prêches 6. La lettre collecüve que Burie et Monluc adressèrent au roi en arrivant à Cahors confirme ce que disent les Commentaires de leur conflit avec les deux commissaires. Ils sont nettement accusés d’être « fort favorables pour le party de la religion nouvelle, comme par leurs actions ilz ont faict congnoistre Jusques à present ». Les deux
1, Le chiffre est encore confirmé par une lettre de Burie au roi de Navarre, Fumel, 13 mars (Arch. hist. de la Gir., X, 47). Du Parc, écrivant de Limoges à Calvin le 19 mars, parle de vingt-cinq exécutions : il exagère moins que Monluc (Calvint opera omnia, XIX, col. 345).
2. « À Fumel haveano fatta tagliare più di 50 teste di heretici, appicati ministri et fatto una exemplarissima giustitia.. » Copia d’un caplo di marzo MD LXIT di Rhodes; [autre main :] 30 marzo 1562, envoyée par le cardinal d’Armagnac au cardinal Farnèse (Arch. d'État de Naples, Carte Farnesiane, fascio 747).
3. Le Zivre de main des du Pouget, publié par L. Grec, place inexactement cette entrée le 6 (Bulletin de la Société des études du Lot, XXI, 41).