‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 365 sur 533 · Hist, eccl,, I · texte numérisé non relu

Hist, eccl,, I

LE SOULÈVEMENT DE TOULOUSE. h25

tive de Charry avorta et que ses gens furent défaits par « ceux de Penne et de Monflanquin » ‘.

Monluc a hâte d'aborder les événements de Toulouse et de mettre en relief le rôle actif qu’il y joua. Le 22 mai, il adressait au roi une grande lettre, qui constitue comme une première épreuve de la narration des Commentaires et permet, avec quelques autres documents, d’en faire une rigoureuse critique ?. Les deux récits, pris en gros, se ressemblent; mais un examen attenüf révèle des désaccords assez graves entre le Monlue de 1562 et le Monluc de 1571. En premier lieu, la chronologie des Commentaires est, ici comme en tant d’autres endroits, défectueuse. L'auteur n’est pas parvenu, comme il s’en flattait, à reproduire exactement par le menu la succession des jours du 10 au 18 mai. IL donne pourtant, par exception, une date précise : mais il se trompe — D. Vaissete l’a démontré? — en affirmant que le r2 au matin le premier président au Parlement de Toulouse, Masencal, communiqua à ses collègues la lettre par laquelle il linformait du projet des réformés de « rendre la ville de Tholoze, dans le dix-huitiesme de ce mois », à la dévotion du prince de Condé. Une lettre de Bellegarde au roi de Navarre nous apprend, en effet, que le 12 Monluc était à Auch. Or, la lettre de Monluc au roi mentionne une lettre qu’il reçut, avant son arrivée « audict Auch », de Masencal, répondant à une qu'il lui avait envoyée de Faudoas « deux jours avant, que ung mien parent, dit-il, m’avoit mandé de Cahours, que ung gentilhomme estoit passé là qui venoit d'Orléans ». On trouve dans les Commentaires, citées intégralement, la lettre du gentihomme et celle du parent, M. de La Rocque des Ars, qui la transmettait. Monluc les reçut toutes deux à Faudoas, au moment où s’y trouvaient rassemblés les seigneurs gascons, pour apaiser une querelle particulière entre Terride et Fimarcon et aviser aux moyens de marcher contre Îles réformés d'Agen, de Nérac et de Lectoure”. Elles durent lui

. Hist, eccl., I, 897. — Ds Taou a suivi l’Æisloire ecclésiastique. D MINE rs 2-72.

3. Histoire de Languedoc, Preuves, note [IV (éd. Privat, XI, 11).

4. Bellegarde au roi de Navarre, Toulouse, 12 juin (B. N., fr. 15896, fo 115, orig.).

5. Ce détail, omis dans les Commentaires, est fourni par la lettre au roi. L'AHist. eccl, mentionne sans date la réunion de Faudoas (IE, 893). De Taou la

parvenir le 8 mai. Il les transmit aussitôt à Masencal. Le courrier arriva à Toulouse dans la nuit, et ce fut le dimanche matin r0 que le premier président assembla, non pas toutes les chambres du Parlement, mais les présidents de Paulo, Daffis, Latomy et huit conseillers, pour leur communiquer la dépêche et aviser aux mesures à prendre ‘.

Monluc se trompe encore en datant du mercredi 13 son retour de Faudoas à Saint-Puy. Dans sa lettre au roi, il écrivait qu'il revint chez lui le jour même de la délibération de Faudoas, soit le lundi 11 au soir, puisqu'il ajoute que le lendemain matin 1l se rendit « en diligence à Auch », ayant été averti « que s’y faisoit quelque menée ». D’après les Commentaires, ce voyage aurait eu lieu le jeudi 14. En réalité, c’est le mardi 12 qu'il employa si bien : la date ainsi établie concorde avec ce que dit Bellegarde. Autre erreur : Monluc n’a pu ce jour-là recevoir à Cézan, à une lieue de Saint-Puy, une dépêche de Masencal Pinformant que les « huguenots de Toulouse s’estoient saisis de la maison de ville et de l'artillerie qui estoit dedans ». Le Capitole ne fut occupé par les réformés que le lundi 11, vers neuf heures du soir”. Un courrier ne put franchir en une nuit la distance qui sépare Toulouse de Cézan. En réalité, Monluc n’apprit cet événement qu'à son re-

copie (Æis!. univ., IV, 374). — Durreix confirme et complète ce que Monlue dit de la brouille de Terride et de Fimarcon : « Le seigneur de Gondrin et luy [Monluc] estoient bons amis et de bonne intelligence; mais le marquis de Fimarcon ne luy voulut point deferer ; les sieurs de Besoles et de Tilladet firent un bon service au Roy en les faisant voir et les mettant d'accord. » (Æist. de France, 1644, in-fo, IIT, 689.)

1. La date du 10 est donnée par Bosquer, auteur de l’/ugoneorum haereticorum profliqatio, publiée en 1563, que Monluc, on le voit, n’a pas connue. Bosquet donne des lettres d'avertissement une analyse qui n’est pas absolument conforme au texte cité dans les Commentaires ; on y lit que Toulouse devait être livré à Condé le 15 mai. L’/7ist. ecel. (HT, 12) reproduit Bosquet en insinuant que les lettres de Monluc pouvaient être « apostilles » (contrefaites). La Porernière, ist. de France, 1, fo 312 vo, copie l'Ærst. ecel. — Voir, sur ette date, la note additionnelle de J. Romax à la dissertation de dom Vaissete (Hist. de Lanqued., XI, 18) et l'£xtrait du second livre de l'histoire de Toulouse (1bid., 609).

2. Bosquer, p. 87. — Hist. eccl., IT, 13. — La PoPeuiNiÈRE, Il, f0 312 ro. — La Porgtiière, dont l’Æistoire de France parut en 1581, c’est-à-dire un an après l’//is!. eccl., la copie presque textuellement pour ce qui concerne les événements de Toulouse, dont il fut pourtant témoin oculaire. Sur ce plagiat, voir l’Introd, de Reuss en tête du t. [de l’éd. Baum et Cunitz de l’Æist. eccl. (p.Lxxv).

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