MONLUC MARCHE SUR TOULOUSE
tour d'Auch à Saint-Puy, c’est-à-dire le mercredi 13, et par une dépêche de Terride'. C’est la lettre au roi qui fixe ce point ?. D'autre part, il avait bien reçu le mardi 12, avant son arrivée à Auch, une dépêche de Masencal; mais la lettre au roi nous apprend que c'était une réponse à la première lettre de Monluc, écrite « deux Jours avant » de Faudoas. Le premier président lui mandait que la cour, jugeant ses avertissements véritables, le priait de venir en diligence pour secourir Toulouse. Monluc, on le voit, a confondu la lettre de Masencal et celle de Terride. Il s’est trop fié à sa mémoire et n’est pas parvenu, comme il s’en flattait, à débrouiller ses souvenirs.
Son récit, sur d’autres points, n’est pas absolument clair ni exact. Il dit bien que d’Auch il écrivit à Bellegarde, mais il omet d'ajouter que ce dernier y vint aussitôt conférer avec lui. II laisse entendre qu’il dépêcha à Toulouse les trois enseignes de gens de pied des capitaines Boisjourdan, baron de Clermont et Corne. Dans sa lettre au roi, il parlait simplement de son intention d’en lever quatre, sur les huit commissions en blanc qu'il avait reçues. Bellegarde nous apprend qu’on put difficilement en lever deux, « n’ayans les cappitaines eu assés temps pour ce faire » *. Bosquet affirme, d’autre part, que le capitaine Boisjourdan était déjà dans Toulouse, essayant d’y lever des gens, qu'il y fut arrêté par ordre des capitouls, relâché par ordre du Parlement, et qu'on lui permit seulement de recruter sa compagnie hors des murs *. Monluc à omis d’insister sur ces difficultés,
1. Le 14, il signait à Saint-Puy une ordonnance enjoignant au seigneur de Terraube d’assembler en armes la communauté de cette ville et de faire le rôle de tous les gentilshommes de la juridiction. (Rev. d'Aquitaine, X, 559.)
2. IV, 135 : « Je ne demeuris que une nuict à Auch, et, aprés avoir paciffié tout et mis la ville en seureté, m'en retournis à ma maison, cinq lieues distant dudit Auch, et à mon arrivée trouvis une lettre de monsieur de Terride, par laquelle me mendoit que la maison de ville estoit prinse et que l’on estoit aux mains toute la nuict. »
3. Monluc se vantait donc en écrivant, le 12 octobre suivant, à Saint-Sulpice, qu’il avait fait entrer dans Toulouse quatre enseignes de gens de pied et la compagnie du maréchal de Termes (Monluc à Saint-Sulpice, Grignols, 12 octobre, dans CaBié, op. cit, col. 18). Il dit dans son livre que de Cézan il avait donné l’ordre à la compagnie de Termes, qui était à Pessan, de partir pour Toulouse.
4. Bosquer, Histoire sur les troubles advenus en la ville de Tolose l'an 1562..., trad. fr., Toulouse, 1595, pp. 82-83. — //rst. eccl., TI, 9-10,
dont la cause véritable était le manque d’argent, qu'il dénonçait au roi dans sa lettre. En revanche, les autres historiens confirment les indications très précises qu'il donne sur la jonction, le jeudi 14, de la compagnie de Terride et des enseignes de Charry pour barrer la route au secours que d’Arpajon amenait de Montauban, sur l’arrivée à Toulouse, le matin du même jour, de Bellegarde et du baron de Clermont”. D'après Bosquet, le capitaine Corne, venant de Condom avec trois cents hommes, ne serait entré que le lendemain *. Le samedi 16, le Parlement donnait commission à Liphard Bidault, bourgeois de Toulouse, pour faire le payement des gens de guerre appelés au secours de la ville et solder les dépenses de lartillerie sur les états qui seront dressés par MM. de Monluc, de Terride, de Gondrin et de Fourquevaux, ou lun d’entre eux, et ordonnancés par la cour *. On le voit, il n’exagère pas quand il dit : « Toute ceste conduicte se feist en trois jours et trois nuictz. »
Cest le samedi 16 que Monluc partit de Faudoas avec La Mothe- Gondrin, le lendemain qu'il arriva à Daux, « à deux lieues » de Toulouse. Les comptes conservés aux archives municipales de Toulouse confirment sur ce point les Commentaires : dans la matinée du dimanche 17, Monluc est parti pour Daux; il a avec lui son gendre Fontenilhes, son neveu Leberon, La Mothe- Gondrin, le baron de Benque, le baron de Campaigne, de Lescout, de la Coderie, les capitaines Blancastel, Seyssel, Bonas, Repayre, Lavit et Gavarretf. Le même jour, son arrivée prochaine est annoncée dans la ville et M° Laurent Valete, docteur ès droits, bourgeois de Toulouse, est chargé « de pourveoir de logis M. de Monluc et sa compagnie ès lieux les plus commodes qu'il advisera »*. La veille, samedi 16, le combat qui, depuis deux jours, ensanglantait les rues de Toulouse, + vait cessé et une trêve jusqu’au lendemain midi avait été conclue; Monluc ajoute
1. ist. eccl., IL, 27-28. — Monluc fait allusion au premier fait dans sa lettre au roi.