‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 381 sur 533 · Arch. hist. de la Gir., VIII · texte numérisé non relu

Arch. hist. de la Gir., VIII

4. Une Notice des documents déjà publiés ou encore inédits relatifs à la ville de Sauveterre (Entre-deux-mers) place ce passage le rer août. La date est inexacte. L'auteur de la notice, Lgo Daouyn, vise peut-être un compte, acquitté le rer août, de la dépense faite deux jours avant pour le logement de Burie et de Monluc (Arch. hist. de la Gir., X, 214).

5. Voir le plan de Monségur donné par Leo Daouyx dans sa Gutenne mulitaire, Il, 378.

kh4 LES PREMIERS TROUBLES.

porte des Tours, à l’est, il va reconnaître la ville avec les deux commissaires de l'artillerie Ortubie et Fredeville, et décide d’ouvrir la batterie, du côté de la tannerie, contre la porte des Fontaines, au sud, Les canons furent placés dans l’étroit ravin qui sépare l’enceinte du plateau du Champ-Fresin, forte position stratégique qu'il fit occuper par les compagnies des gens de pied. La brèche ouverte dans la muraille contiguë à la porte des Fontaines, Monluc donna l’ordre d’escalader le rempart aux capitaines Binos et Bardaxi, dont les arquebusiers occupèrent la tour carrée sous laquelle s’ouvrait la porte. Quand les assiégés s’aperçurent de la manœuvre, il était trop tard : les soldats de Monluc avaient déjà gagné, au moyen d'une petite échelle à main, le toit de la tour, d’où ils faisaient pleuvoir les arquebusades. Les défenseurs reculèrent dans la rue, puis jusqu’à la place. Après une terrible et courte mêlée, déconcertés par la soudaineté de lattaque, ils s’enfuirent à toutes jambes par la rue Notre-Dame et la rue Saint-Jean et gagnèrent l'enceinte du nord, d’où ils espéraient sauter sur le chemin de ronde et de là franchir le Drot pour se sauver. Mais Monluc avec quatre-vingts ou cent soldats, avait fait le tour de la ville par l’ouest et, à mesure que les ennemis sautaient la muraille, il les faisait tuer". Une lettre collective de Burie et Monluc au roi confirme, d’autre part, le récit des Commentaires : elle mentionne les approches faites dans la nuit du 31 juillet, la prise de la tour carrée le samedi matin re" août, et le combat dans les rues de la ville. Il y a pourtant entre les deux récits une importante nuance. Dans son livre, Monluc insiste avec complaisance sur les horreurs du massacre ; il oublie qu'il avait écrit au lendemain de la prise : « Et à nostre très grand regret, Sire, ladicte ville fut saccaigée, non toutesfois comme elle leust pu estre, car nous y donnasmes ordre?. » En évoquant les scènes finales du siège, il n’a plus songé qu'il avait fait des efforts pour contenir ses soudards. L’/Æistoire ecclésias-

1. Je résume en quelques lignes la copieuse et intéressante reconstitution du siège faite sur les lieux par M. labbé Léarise dans son étude sur HMonségur, histoire, archéologie (Soc. archéol. de Bordeaux, XIX, 1894, pp. 26-33).

2. Burie et Monluc au roi, camp de Saint-Andras, 7 août (Arch. hist. de la Gir., XVII, 272). — Le nom de Monluc, dans ce document et dans d’autres, urés de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg et publiés dans le même volume, a subi une étrange défiguration : il est partout écrit du Moulin.

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