‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 387 sur 533 · Monluc à la reine, Moissac, 12 septembre (IV · texte numérisé non relu

Monluc à la reine, Moissac, 12 septembre (IV

tembre, Duras, Marchastel et Bordet arrivaient à Caussade, en marche sur Montauban, « pour y prendre la grosse arüllerie et recueillir encores quelques enseignes » avant de se replier sur la Saintonge’. Le 8, Burie et Monluc, laissant leurs canons à Moissac, venaient loger à Puycornet. Le même jour, le capitaine Peyrot poussait une reconnaissance jusqu’à Mirabel, d’où l’ennemi avait délogé la veille?. Le soir, sur les instances de Monluc, Burie consentait à quitter Puycornet pour venir loger à Mirabel. La nuit était employée à tâter l'ennemi, et le lendemain, après l'avoir reconnu vers Réalville, Monluc laissait passer l’armée huguenote qui gagnait Montauban sans encombre. Ce fut le o septembre que fut faite, pour employer son style énergique, cette « belle coyonade » 3. « Monluc estoit sur un cousteau et le camp de Duras en une belle plaine, n’estant qu’un petit ruisseau entre les deux armées. » Ces précisions topographiques, données par l'Histoire ecclésiastique, concordent exactement avec celles des Commentaires. Il y a, par contre, désaccord complet entre les deux témoins sur un point capital : d’après le chroniqueur protestant, « Burie estoit d’advis de donner bataille »; Monluc, au contraire, « n’en vouloit point manger, disant qu'ils auroient à faire à gens désespérés, et qu'il faloit attendre meilleure occasion ». Les Commentaires racontent heure par heure les hésitations de Burie, les instances de Monluc pour livrer bataille, leur désaccord violent. Les documents, comme on va le voir, les confirment et démontrent l'erreur étrange commise par l'Histoire ecclésiastique.

Après avoir noté le départ de Malicorne, qui eut lieu le 12 septembre, Monluc raconte brièvement la tentative qu’il fit avec Burie sur Montauban. Comme la première fois, il échoua; aussi n'insiste-t-il guère : « Brief je ne sçay, dit-il avec mauvaise humeur, par quel boult commencer à escripre ceste belle entre-

1, ist eccl ML "921:

2. Le 7, le trésorier Laboyrie avait été envoyé par les consuls d'Agen pour savoir « quel chemin tennoyt » Duras; arrivé à L’Hospitalet, il apprit qu'il en était parti le matin « tenant le chemin de Mirabel ». (Arch. munic. d'Agen, CC, 301.)

3. ist. eccl., I, 922. — Les huguenots présentèrent la reculade de Burie et de Monluc comme une défaite que leur avait infligée Duras. (Coligny à d’Andelot, 12 septembre, dans Mém. de Condé, II, 677.)

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