LE CAPITAINE PEYROT PREND TERRAUBE
la garnison de Lectoure : à la fin de juin, elle avait pris par escalade La Sauvetat-de-Gaure; le 31 juillet, Larromieu; le 8 septembre, Terraube'. Les gentilshommes du pays qui étaient au camp de Montech s’émurent en apprenant que leurs maisons et leurs terres étaient menacées. Monluc ne dut pas l’être moins qu'eux : Saint-Puy était tout voisin. A la nouvelle que la reine de Navarre envoyait à Lectoure un renfort de cinq cents Béarnais sous le capitaine Jean de Mesmes, il expédia en Gascogne, pour « tenir en bride » les huguenots, le capitaine Peyrot avec trente salades de sa compagnie, deux enseignes de gens de pied et de la noblesse”. Peyrot, arrivé à Fleurance, rencontra la garnison de Lectoure qui allait au-devant de Jean de Mesmes. Il lui barra la route et obligea les frères Bégolles, qui la commandaient, à s’enfermer dans Terraube. Dans sa grande lettre à Saint-Sulpice, Monluc a exposé ces faits presque dans les mêmes termes ; il a seulement omis de dire que Peyrot fit Bégolles prisonnier. L’/istoire ecclésiastique place le fait le 20 septembre, mais le raconte tout autrement : Bégolles, qui était catholique, se serait secrètement abouché avec Peyrot à Saint-Puy et aurait, sous prétexte d’escorter Jean de Mesmes, fait sortir de Lectoure la garnison pour la jeter dans le traquenard de Terraube 3. Cette trahison paraît peu vraisemblable ; la version de lAistoire ecclésiastique est ruinée par le texte formel de la lettre de Monluc à Saint-Sulpice déjà citée. D’ailleurs, la légende s’appuie sur un fait exact, mentionné dans un document original : une tentative faite par Bégolles pour surprendre Peyrot à Saint-Puy, qui échoua*. Ce
Navarre y avoict mis, nommé Begolles, neveu de monsieur d’Ausun, pilloict toutes les maisons des gentilzhommes aux environs, à plus de deux lieues à l’entour. »