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LE MASSACRE DE TERRAUBE

ordonné cette exécution. Le désaccord est formel et grave : si, en effet, la date du 25 était exacte, la barbarie du massacre en serait singulièrement accrue; l’ordre donné à Verduzan serait un acte de férocité à peu près gratuite, non de représailles. Aucun document connu ne permet de résoudre la difficulté.

L’Iistoire ecclésiastique se trompe, en tout cas, lorsqu'elle prétend que Monluc avait avec lui devant Lectoure quatre compagnies espagnoles. Une lettre de Burie confirme ce que disent les Commentaires de la désertion de ces compagnies, qui, n'étant pas payées, avaient abandonné le camp de Montech, et que Monluc arrêta à Fleurance". Le samedi 3, il les expédia, ainsi que les cinq enseignes du baron de Clermont qui avaient pris part au siège, vers Layrac pour y passer la Garonne, avec ordre de rejoindre Burie à Belvès. Lui-même employa sa journée à « remettre les gens d’esglise en l’evesché et aux monastaires, les gens de justice en leurs sièges », conformément à la capitulation *. Le dimanche matin, après avoir écrit à la reine par le général Portal, il s’en alla diner à Estillac et coucher à Agen‘. Il y atteignit ses compagnies qui, « tout le dimenche et la nuict venant au lundy », avaient passé le fleuve à Layrac dans deux petits bateaux. Il y apprit que Duras avait pris le château de Mercuès, le 23 septembre, d’après l’Æistoire ecclésiastique, le 27, d’après un livre de raison rédigé à Cahors 5, et qu’il marchait sur Sarlat 7. La présence de Monluc à Agen le lundi 25 octobre est

1. Burie au roi, [ Belvès,] 6 octobre (Arch. hist. de la Gir., XVI, 271. — La lettre est datée, par erreur, de Bellence [sic], 6 août). — Burie à la reine, même date (B. N., fr. 15877, fo 169, orig.).

2. Monluc à Saint-Sulpice, 12 octobre : « Je prins Leytoure le deuxiesme de ce moys : le troisiesme, qui estoict le sabmedy, fus contrainct y demeurer pour reigler les affaires. »

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