LE COMBAT DÉ VERGT (9 OCTOBRE 1562). A
à la gendarmerie d’aller de l’avant. Mais les trois compagnies de Burie, Randan et La Vauguyon se trompent de route et tombent sur une compagnie d’argoulets huguenots qui couvre la retraite de Duras. Bordet accourt avec « cent ou six vingts chevaux, tous lanciers », et charge si rudement que les trois compagnies en sont « ébranlées ». M. d’Argence, enseigne de Randan, rétablit l’ordre; Fontenilhes survient à point et Bordet recule. Mais cette faute a pour résultat de provoquer un arrêt général dans la marche de l’armée huguenote. « Je leur attacquis sur leur deslouger, écrivait Monluc le lendemain de la bataille, l’escarmouche si redde, qu’ilz furent constrainctz s’arrester ; lescarmouche fut grande‘. » L’Ærstoire ecclésiastique raconte de même cet engagement et, tout en donnant à Duras le mérite d’avoir préparé lembuscade, reconnaît qu’il négligea absolument de s’éclairer sur la marche de l’ennemi. Elle lui reproche aussi d’avoir commis la faute de « faire sa retraite à la teste d’un camp »; c’était ce qui avait perdu le connétable à Saint-Quentin, Strozzi à Marciano. On comprend la confiance joyeuse de Monluc et son mot : « Je vous respons qu'ils sont à nous. »
Cependant Burie est arrivé à Veyrines, amenant l'artillerie qui tire quelques volées contre les arquebusiers et les argoulets de Bordet*. Monluc range en bataille sa gendarmerie; à l’aile droite la compagnie de Termes, à gauche la sienne et celle du roi de Navarre, au centre les compagnies de Burie, Randan et La Vauguyon. Là-dessus, les enseignes gasconnes et espagnoles arrivent. Monluc aussitôt modifie son ordre : il invite Burie à se mettre à la tête des gens de pied qui formeront la bataille : les gendarmes et les arquebusiers à cheval les encadreront. Puis il part au galop avec Monferrand et Mongairal pour reconnaitre de nouveau. À moins de trente ou quarante pas, il aperçoit
nécessité où il se crut de trainer après lui ses deux canons. (Disc. polit, el milit., 1596, p. 836). Il convient d'ajouter que Duras ne croyait avoir affaire qu'à Burie, qu’il savait très inférieur en forces.
1. Confirmé par la lettre collective écrite, le soir, au roi par Burie et Monluc (B. N., fr. n. acq. 20598, fvs 1-3, Cette lettre a été publiée assez inexactement dans les Arch. hist. de la Gir., XVI, 280-281). — Cf. Hist. eccl., Il, 938.