‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 403 sur 533 · CF. ne Rusce, Jeanne d’Albret, p. 327, n · texte numérisé non relu

CF. ne Rusce, Jeanne d’Albret, p. 327, n

5. GauLcrieur, op. cit, pp. 538-542. — De RüBLE, 0p. cit, pp. 329-927.

6. Lagebaston à la reine, Bordeaux, 1er avril. (Arch. hist. de la Gir., X, 324.)

7: Bibl. munic. de Bordeaux, reg. secrets du Parlement. On trouve diverses rédactions de cette audience, qui se complètent l’une l’autre, dans les mss. 369,

avait retenu du siège de Sienne. Sa’mémoire le trompe; il confond avec un autre discours qu'il prononça devant le même Parlement en décembre 1568, et où il conta l’allégorie du sac et du fagot ‘. IL oublie, par contre, qu’il informa la cour «€ qu’estant en chemin il a trouvé qu’on lui apportoit son pouvoir pour le gouvernement de la province », et fit valoir les inconvénients qui résultaient du « département » par rivières de la Guienne entre Burie et lui?; il se plaignit aussi que les rois ses maîtres, pour toute récompense de ses services, ne lui eussent octroyé, en tout, que deux offices de conseiller au Parlement pour marier sa fille. Les Commentaires parlent de ses hésitations à accepter la charge qu'on lui offrait enfin, et des instances que le Parlement et la noblesse durent faire auprès de lui pour le décider. Ces hésitations étaient-elles sincères? Sans doute, Monluc se rendait compte qu'il ne lui serait pas facile d’administrer la province en qualité de lieutenant du jeune prince de Navarre; les conflits avec Jeanne d’Albret étaient certains; il s’en produisit aussitôt3. Mais, de plus, il était peu satisfait de n'avoir que la moitié du « gàteau ». Il avait espéré que Burie, vieux et malade, retiré depuis le mois d'octobre dans ses terres de Saintonge, serait complètement dépossédé. IT ne cacha pas, d’ailleurs, son mécontentement ; usant de son procédé ordinaire, le 15 avril, il mandait à la reine qu'il était trop âgé pour assumer une si lourde charge, la priant de lui donner son congé après qu'il aurait fait publier la paix t.

Sa nomination était un triomphe pour le parti catholique, dont il était apparu comme le plus brillant soutien. S'il était connu à la cour pour son caractère fâcheux, il l'était aussi pour ses

2, Fos 456-458; 368, Fos 137-138; 370, f0S 705-706, et dans le vol. des reg. secr. conservé aux Arch. dép. de la Gironde, fs 145 vo-146 ro.

1. Ce discours a été analysé par D. Devrenxe, /ist. de Bordeaux, 1, 154-156.

2. Burie gardait tout le pays à l’ouest du Lot; Monluc avait le reste. Il se plaignait que certaines sénéchaussées et même certaines villes fussent, de ce fait, € parties » entre les deux lieutenants. Le Parlement décida d'écrire au roi et à la reine pour appuyer ses réclamations.

3. Voir les mémoires de Monlue du 13 et du 19 mai (IV, 34 et 239) et les réponses du roi, du mois de mai et du mois de juin (B. N., fr. n. acq. G6oo1, Fos 7-8, /2-43, minutes).

4. Instruction à M. de Lioux, Bordeaux, 15 avril (IV, 215). — Lettre à la reine, du 16 avril, où il se plaint que Burie ne rentre pas à Bordeaux et lui laisse toutes les affaires sur les bras : € Car pour moy, Je ne veulx point estre son valet ny d’autres que du roy et de vous. » (IV, 218.)

MONLUC NOMMÉ LIEUTENANT DE ROI. h75

hautes qualités militaires; s’il y avait des ennemis, il y avait aussi des amis qui parlaient en sa faveur. Au lendemain de l'assassinat du duc de Guise, que sa vigilance avait failli empêcher, son nom avait été mis en avant pour le commandement en chef de l’armée royale", et Poltrot de Méré, dans ses premiers aveux, l’avait cité parmi les grands personnages que les chefs du parti réformé avaient résolu de faire périr *. C'était là des titres. La reine avait longtemps hésité. Burie réclamait lui-même un successeur depuis le mois de juillet. En septembre, le duc de Montpensier fut envoyé en Guienne. Monluc se fût, semble-t1l, accommodé de l'aider dans l'œuvre de pacification dont il était chargé *; mais la victoire de Vergt rendit cette mission inutile. Après la mort d'Antoine de Bourbon, Catherine de Médicis songea à nommer lieutenant de roi, en l'absence du jeune prince de Navarre, le maréchal de Saint-André; Monluc « avait esperance d’estre sous Juy »*. La mort du maréchal à Dreux fit échouer cette nouvelle combinaison, mais le nom de Monluc avait encore été prononcé, et la désignation de Saint-André prouvait que la reine était décidée à envoyer en Guienne un homme résolu à tenir tête à Jeanne d’Albret. Aussi son choix s’arrêta-t-1l sur Monluc, avant même que le duc de Guise eût été assassiné, et l'acte de Poltrot de Méré n’était pas fait pour modifier sa volonté. Mais, en donnant satisfaction au parti catholique, Catherine ne voulut pas trop mécontenter la reine de Navarre, qui se plaignait déjà avec amertume de ce choix injurieux pour elle ; elle ne voulut pas non plus trop grandir le vaniteux capitaine ni trop humilier les représentants des vieilles familles gasconnes auxquelles elle préfé-

1. Smith à la reine, 26 février. (S{ate papers, Foreign, 1563, n0 354.) Smith tenait ce renseignement de l'ambassadeur espagnol. (Zbid., n0 361.)

2. Relation de l’assassinat du duc par Julio Alvarotto, ambassadeur du duc de Ferrare, Paris, 2 mars, 1963. (Foxran4a, Renata di Francia, IH, 81.) Cette relation confirme un curieux détail donné par Smith : le matin de l’assassinat, on reçut une lettre de Monluc avertissant le duc de Guise d’une trahison; elle ne fut ouverte que le soir, trop tard.

3. Burie au roi, s. 1. n. d. (B. N., fr. 15876, fo 197 ro, orig.) Il proposait Candale. Le contenu de la lettre prouve qu’elle fut écrite vers le 3 Juillet, au moment où Burie attendait Monluc à Bordeaux.

4. Monluc au duc de Montpensier, Savignac, 19 octobre (IV, 171-179).

5. C’est Jeanne d’Albret elle-même qui nous l’apprend (voir sa lettre à la reine pour la dissuader de nommer Monluc, dans pe RüBze, Jeanne d'Albret,

pp. 348-355).

rait un si petit compagnon. De là cette division de la lieutenance et cette cote mal taillée, contre laquelle Monluc protestait si librement en pleine audience du Parlement de Bordeaux ”.

Les Commentaires sont muets sur son séjour à Bordeaux qui se prolongea jusqu’à la fin de mai. Ils mentionnent seulement qu'au moment où il se disposait à quitter la ville, rappelé à Toulouse pour réprimer les désordres qui s'étaient produits à Pamiers, Auriac et Buzet?, Carriva la paix, que le cappitaine Fleurdelis appourta ». C’est à l’audience du 30 mars que Monluc communiqua au Parlement « certaines lettres du roy et autres du conestable, par lesquelles luy mandoiït qu'il y avoit paix, et autres lettres du roy qu'il la fit proclamer » 3. Une lettre de Burie nous apprend que, le même jour, il se rendit avec lui € à la maison de ville et devers l’arcevesque et le clergé » pour les informer de la nouvelle. La paix fut publiée dans Bordeaux le lendemain *.

1. Nous ignorons la date exacte des lettres de nomination. Les feuillets qui les contenaient paraissent avoir disparu du volume d’enregistrement des édits royaux pour les années 1562-1565, conservé aux archives départementales de la Gironde (BB, 36). L'enregistrement eut lieu le 15 mars. (Bibl. munic. de Bordeaux, reg. secr., ms. 370, f0sS 707-708.)

2. Le Parlement de Toulouse à la reine, 13 avril. (B. N., fr. 15875, fo 180.) — Monluc à la reine, Bordeaux, 16 avril (IV, 217).

3. Bibl. munic. de Bordeaux, ms. 369, 2, fo 463. — C’est le 10 avril suivant que «la patente de la paix », apportée à Bordeaux par le capitaine Sainte- Colombe, fut enregistrée par le Parlement. Cf. Catherine de Médicis à Monlue, 31 mars (Lett. de Cath. de Méd., 1, 551-553); Monlue à la reine, 11 avril, (IV, 205); Bibl. munic. de Bordeaux, reg. secr., ms. 369, 2, os 465-466; Arch. dép. de la Gir., reg. secr., fo 148 ro,

4. Burie à la reine, Bordeaux, 831 mars. (B. N., fr. n. acq. 20598, fos 67-68, orig.)

Page 1