‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 404 sur 533 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Entre les premiers et les seconds troubles.

(Mars 1563-septembre 1567.)

Les seconds troubles.

(Septembre 1567-mars 1568.)

Le début des troisièmes troubles.

(Septembre 1568-mai 1569.)

Fidèle à son dessein, Monluc à passé sous silence les quatre années et demie de paix qui s’écoulèrent entre l’édit d’Amboise et le commencement des seconds troubles (mars 1563-septembre 1567). Il a laissé aux historiens futurs le soin de raconter par le menu comment il administra la Guienne, d’abord de moitié avec Burie, puis seul à partir de juin 1565". Ce chapitre de sa biographie est encore à écrire. M. G. Tholin a précisé, dans son excellente étude sur Agen pendant les querres de religion. les rapports de Monluc avec ses voisins immédiats, à l’aide de sa correspondance et des documents agenais *. Mais un travail d’ensemble reste à faire; il serait très intéressant et très nécessaire d’éclairer cet aspect de la physionomie de Monluc, que les Commentaires laissent systématiquement dans l'ombre. Je n'ai point à entreprendre ici; je me bornerai à marquer brièvement l’im-

1. Charles IX signa à Bayonne, le 11 juin 1565, les « lettres de lieutenant général en Guyenne seul du sieur de Monluc », et, le 24, les lettres de viceamiral de Guienne. Ces deux documents sont conservés aux archives départementales de la Gironde, B, 36, fos 109-110. — C’est donc à tort qu'un document cité par pu Prar, Æistorre d'Élisabeth de Valois, Paris, 1859, p. 183, dit que Burie ayant trépassé le 6 juin, sa succession, âprement recherchée par Monluc, fut donnée à d’Escars.

2 Voir le chapitre v de ce travail (Revue de l’Agenais, XV, 193-218).

portance de la lacune et à critiquer les rares allusions que Pauteur fait dans son livre à cette période.

On n’y trouvera rien sur les relations qu'il entretint avec Jeanne d’Albret, dont les états bornaient au sud son gouvernement et dont certains propres étaient enclavés, en Guienne et en Gascogne, dans le domaine royal. Il a parlé de cette puissante et redoutable voisine avec une sobriété et une circonspection qui étonnent. Deux fois seulement, il s’est laissé aller à rappeler qu'il n'eut pas à se louer d’elle : « Dieu sçait si elle me vouloit mal, et comme elle me baptisoit, m’appelant le tyran, avec toutes les injures du monde”. » « Après les premiers troubles, la royne de Navarre s’en alla à Rossilhon, qui apporta à Leurs Majestés ung sac d'informations, là où il ne se parloit que de trahisons et intelligences que j'avois avecque le roy d'Espaigne, pour luy mectre la Guyenne entre ses mains, forcemens de femmes et filles, concussions, impositions, pillé les finances du Roy”. » Monluc avait ses raisons pour être discret. Dès le mois de mai 1565, il avait bruyamment dénoncé la façon dont Jeanne appliquait édit de pacification, son ardent prosélytisme, sa prétention « de faire prescher par toutes ses villes et chasteaux », et non pas seulement dans un lieu par sénéchaussée. Avec le Parlement de Bordeaux, il avait protesté contre les lettres patentes du 24 avril, par lesquelles la reine de Navarre, se fondant sur son titre de haut justicier, réglait elle-même lexercice des deux cultes dans le duché d’Albret*. Son zèle, accru par son animosité, le portait à signaler la propagande active qu’elle faisait en Béarn; il y voyait un danger possible de guerre avec l'Espagne. A ces objurgations véhémentes, Catherine répondait en affirmant sa volonté d'empêcher tout empiétement sur Pautorité royale, mais aussi en invitant son

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