‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 411 sur 533 · Monluc au roi, Agen, 26 mars (IV · texte numérisé non relu

Monluc au roi, Agen, 26 mars (IV

3. Monluc à don Juan de Bardaxi, Agen, 27 octobre 1564. — Mémoire de Monluc pour Philippe Il, mème date (IV, 361, 365). 4. Mémoire au roi d’Espagne, juin 1565 (V, 23). — Sur le rôle de Monluc à

Bayonne, voir la lettre du due d’Albe à Philippe I, du 15 juin (Arch. Nat., K, 1504, n9 15, orig.), publiée, d’après une copie, dans les Papters d aa de Granvelle, IX, 281 ; J. ne Croze, Les Guise, les Valois et Philippe IT, V, 142- 144; La Ferrière, Leit. de Cath. de Méd., H, Introd., pp. Lxv et LxxIV; For-

NERON, 1, 323-324 et 418-419 (appendice D).

h90 ENTRE LES PREMIERS ET LES SECONDS TROUBLES.

conta, présents les cardinaux de Bourbon et de Guise, que le soir de la journée de Dreux, croyant la bataille perdue, elle délibéra de se réfugier avec le roi en Guienne". Il a pris soin de mettre ces détails en relief et n’a accordé qu’une mention dédaigneuse aux « praticques et menées » que les huguenots, ses bons amis, ne ménagèrent pas alors contre lui. La vérité est que la reine n’était qu'à demi satisfaite de son attitude et de la façon dont il administrait la province. Pour répondre à un nouveau réquisitoire de Jeanne d’Albret et pour donner à la cour une idée de son prestige et de sa popularité en Guienne, il avait publié son intention de se faire accompagner à Toulouse d’une grande suite de noblesse. C'était désobéir formellement aux ordres du roi, qui avait interdit ces manifestations *. La reine le lui rappela 3. Il passa outre à la défense et, vers le 15 janvier 1565, arriva à Toulouse avec une brillante escorte * Le roi en fut informé et le blâma; il répondit en protestant des intentions pacifiques des gentilshommes qui l’accompagnaient et pria son frère d'intervenir”. L'évêque de Valence, jugeant sans doute qu’il s'était mis dans un mauvais cas, suggéra l’idée de lui adresser une lettre dans laquelle le roi, prétextant « l’incommodité des logis et des vivres » à Toulouse, inviterait la noblesse gasconne à se retirer en Guienne, où il la verrait avec plaisir 6, Nous igno-

1. Monluc avait rappelé ce fait dans son discours au roi de 1573. (V, 307.) Il a tenu à le consigner dans son livre et l'y a, par mégarde, inséré deux fois. (If, 331-332; IT, 79.) — La « brave lance » qui annonça à la reine*que la bataille était perdue était Vieilleville. (Barbaro au sénat de Venise, Paris, 20 décembre 1562, Dép. vénit., filza 4, fo 627, B. N., f. ital. 1722.)

2. Harangue de Charles IX prononcée au Louvre le 28 novembre 1563. (B. N., Dupuy, 955, fo 136, copie.)

3. Catherine de Médicis à Monlue, Arles, 22 novembre 1564. (Lett. de Cath. de Méd., 11, 235-230.)

4. La date approximative de son arrivée est donnée par une lettre du cardinal d’Armagnac au roi, du 23 janvier. (T, ne LarRoQUE, Lett. inéd. du card. d'Armagnac, dans la Coll. mérid., V, 117. — Cf. Hist. de Languedoc, éd. Privat, XII, 787.)

5. Monluc au roi, Toulouse, 23 janvier (V, 1). — Monluc à l’évêque de Valence (lettre mentionnée par D. Vaissete, Æïst. de Languedoc, éd. Privat, XI, 406. — L’ambassadeur anglais Smith, qui était à Toulouse, écrivait à Cecil, le 24 janvier, que la bande des Gascons de M. de Monluc cause du trouble dans la ville, qu’on lui a donné l’ordre de la retirer et qu’il s’y refuse. (State papers, Foreign, 1564-1565, n0 941.)

6. Jean de Monluc à la reine, Toulouse, 4 janvier 1565. (B. N., fr. n. acq.

LE VOYAGE DU ROI EN GUIENNE. hot

rons ce qui fut fait, mais il est certain que, lorsque le roi et la cour arrivèrent‘, On était plutôt mal disposé pour ce lieutenant peu docile, dont le zèle apparaissait toujours comme suspect. S'il faut en croire Belleforest, Monluc, « accusé par quelques grands qui w’aimotent guère la rondeur et la liberté de ce grand personnage », réussit à se justifier *, « effaçant de son lustre, dit d’Aubigné, toutes les plaintes qu’on avoit fait de lui » 3. Ses explications ne furent cependant pas jugées suffisantes. On dut trouver au moins que son attitude passionnée ne lui donnait pas l’autorité nécessaire pour réprimer « plusieurs cruelles et inhumaines entreprises, meurtres, forces et viollances » qui s’étaient faits en Agenais et en Quercy, particulièrement à Sainte-Foy et à Bergerac, et le 1° mars, Charles IX signait une ordonnance donnant commission au maréchal de Bourdillon de « nectoyer le païs de ces meurtriers et perturbateurs »*. Les exécutions, que l’on redoutait de confier à Monluc, furent faites, pendant le séjour de la cour à Bayonne, par un prévôt agissant au nom du maréchal. Cet incident, qui fait honneur à la prudence politique de Catherine, prouve que si elle redoutait de mécontenter la noblesse de Gascogne en sacrifiant Monluc, elle ne cessait pas de le tenir en bride.

Dans le Preambul à Monseigneur qui accompagnait les Commentaires, 1 n’a pas manqué de rappeler que la fille aînée de son second mariage, Charlotte-Catherine, eut lhonneur d’être tenue sur les fonts baptismaux par le roi et la reine 6. Cette cérémonie des « batzailles » fut, pour Monluc, un des glorieux incidents du voyage. Elle eut lieu solennellement, le dimanche 25 mars, en l’église Saint-Étienne d'Agen ?. A l'entendre, la cour

20598, f0s 261-262, orig. — Publié sous la date de 1564 dans les Arch. hist. de la Gir., XVII, 296.)

1. Sur l'entrée de Charles IX à Toulouse et sur son séjour, voir une relation du temps. (B. N., Cinq-Cents Colbert, 140, fos 487 et suiv.)

2. Becceronesr, Mist. des neuf roys Charles, Paris, 1568, in-f0, p. 630.

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