OCCUPATION DE L'ÎLE DE RÉ
des barques pour gagner la Rochelle. La Gombaudière, avec ses « chaluppes », en coula une partie. Monluc ne fut pas informé de ces événements « deux jours après », puisque, dès le samedi, il fit passer de Marennes dans l’île de Ré deux enseignes sous son fils le chevalier, que le roi lui avait envoyé « pour commander aux gens de pied qui seront à la Rochelle » ‘.
Il a négligé de dire que cette occupation de Ré avait pour objet d’affaiblir la Rochelle; elle montre bien qu’il eut un moment l'intention d’en faire le siège”. En revanche, il a mentionné, avant le récit de la prise de Ré, une entrevue, près de Saint- Jean-d’Angély, « à la maison d’ung gentilhomme », avec le comte du Lude, qui l’assura de sa bonne volonté et de son intention de lui obéir, « pour estre le plus vieulx cappitaine de France ». Elle eut lieu après la prise de Ré, exactement le 1 avril, € à moytié du chemin de Nyort et de ceste ville de Saint-Jean-d’Angely », dit une lettre de Monluc; à Villeneuvela-Comtesse, dit la Popelinière. Monluc ne s’y borna pas, du reste, à recevoir du comte du Lude, gouverneur du Poitou, ces assurances de respect qui chatouillaient agréablement sa vanité et le consolaient de ses disgrâces. À cette entrevue, à laquelle assistait aussi Jarnac, du Lude offrit d’aller reprendre le château de Marans. Monluc, qui avait d’abord parlé de Paider, consentit à laisser en Saintonge huit compagnies de gens d’armes et trois enseignes de gens de pied, mais annonça sa résolution de ramener le reste en Gascogne et de renoncer au siège de La Rochelle, puisque le roi ne [ui avait pas envoyé tout ce qu'il lui avait mandé « pour l’exécution de la dicte entreprise »*. Il sentait que ses compagnons ne se souciaient aucunement d'exposer leurs vies et de perdre leur temps loin de leurs terres, pour assurer le succès d’un dessein hâtivement conçu, mollement suivi et