‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 424 sur 533 · Charles IX au duc d'Anjou, 10 février · texte numérisé non relu

Charles IX au duc d'Anjou, 10 février

>. La GRaxGe indique bien cette raison : (€ Quum autem rei bellicae ratio postularet, uti Rupellanos (qui domesticis copiis sustentari non poterant) præsidio nudaret finitimarum insularum, Rhetas suam in potestatem redigere

constituit. »

3. Monluc au roi, Saint-Jean-d’Angély, 2 avril (V, 115). — La PoPeLiNIÈRE, La vraye et entière histoire des troubles…., X, 0 102 vo, — Amos BarBor, 0p.

cit. (Arch. hist. de la Saintonge et de l’Aunts, XVII, 273.) 4. La PoreinièRe se trompe donc en disant que « le siège fut conclud, mises bas toutes remontrances qu’aucuns faisoyent du contraire ».

déjà à demi abandonné‘. Il n’a pas noté cette décision dans son livre; mais ce qu’il dit de l'ignorance où il était des intentions royales et des difficultés qu’avaient les courriers à circuler est confirmé par la lettre au roi du 29 mars.

Dès le 2 avril, il était informé que la paix était prochaine. Elle avait été signée le 23 mars, à Longjumeau, et non, comme il le prétend, à Chartres. Cette « petite paix » dura encore moins qu'il ne le dit : six mois (avril-octobre 1568), et non « huict ou neuf mois au plus »*. Il insiste avec raison sur son caractère précaire et est d'accord avec les protestants pour blâmer « le pas de clerc » que firent Condé et Coligny en la signant au moment d’emporter Chartres. Il assure qu'il ne voulut pas se trouver à Bordeaux pour la faire publier, jugeant bien « que c’estoit une paix pour prendre alayne ». En fait, pourtant, il y passa à son retour de Saintonge : le 10 avril, il datait de Bordeaux une lettre au duc d’Albe#.

Après avoir récapitulé les services qu’il avait rendus au roi pendant les seconds troubles, il raconte en grand détail deux nouveaux faits à son avantage : ses efforts, d’ailleurs vains, pour prévenir la trahison de Pons de Polignac, sieur des Roys, qui livra la place de Blaye à Mirambeau et Pardaillan, et un plan qu’il élabora pour reprendre La Rochelle. Monluc soupçonnait depuis quelque temps des Roys; lors de son passage à Bordeaux en mars, il avait fait arrêter un sieur de Fors, accusé de vouloir « susciter monsieur des Roys et ceulx de la nouvelle religion dudict Blaye à prendre les armes ». Lui-même, on la vu, était passé par Blaye, sans doute pour s'assurer que tout y était tran-

1. « Je croy, dit-il très bien, qu'ayant veu monsieur le prince et monsieur l’admiral avec leurs forces aux portes de Paris pour donner une bataille, et puis se promener par la France, ilz songeoient plus à celles-là qu'aux affaires de la Guyenne. » Condé et Coligny, renforcés des auxiliaires de Jean-Casimir, fils de l'électeur palatin, avaient investi Chartres et marchaïent sur Paris. Leurs pro= grès décidèrent Catherine à traiter.

2. Dans un discours adressé le 26 janvier 1570 au Parlement de Bordeaux, Monluc, résumant ce qu’il avait fait depuis le début des guerres civiles, avait dit plus exactement : € La paix a duré cinq ou six mois » (DevienNE, Aistoire de Bordeaux, X, 164).

3. Dès le 14 mai, le duc de Montpensier informait le roi que les huguenots s’apprètaient à reprendre les armes. (B. N., fr. n. acq. 6009, fo 23, orig.)

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