LA MARCHE DES PROVENÇAUX (OCT. 1568). D
détails les marches et contremarches qu'il fit pour approcher lennemi et le reconnaître. Le 27 septembre, 1l était encore à Agen; le 30, il était arrivé à Cahors ?; il a donc exagéré en prétendant qu’il demeura quatre ou cinq jours à Castelnau-Montratier, « cinq lieues près de Cahors ». Il s’est fait peut-être plus malade qu’il n’était. Une lettre de Felipe de Bardaxi rend, du reste, hommage à l’activité qu’il déployait pour lever des troupes; on y voit qu'il parvint à réunir quatre mille fantassins et environ quinze cents chevaux, « bons ou mauvais » ?. Les Commentaires réduisent ces chiffres à « quatre cens sallades » et dix-huit cents hommes de pied : le chevalier de Monluc avait été, en effet, obligé, « passant le pont à Cahors », de casser trois ou quatre cents de ces derniers, qui se trouvèrent n'être que des pillards de profession. Une injonction à Jehan de Maliac, fermier général des finances en Guienne, pour se faire payer son état trimestriel de quinze cents livres comme lieutenant de roi et de cinq cents comme chevalier de l’ordre, atteste que Monluc demeura, comme il le dit, deux jours à Cahors+. D’après ses indications, il arriva le 4 à Souillac. Une lettre au roi, datée le 9 de cette ville, confirme qu'il y reçut deux dépêches de l’évêque de Rodez et de « monsieur de Cornusson le jeune », linformant de la marche des ennemis 5. Par contre, ce n’est pas à Gourdon, entre Cahors et Souillac, qu’il apprit que le roi lui ordonnait, ainsi qu’à d’Escars, d’aller rejoindre en Poitou le duc de Montpensier pour combattre Condé et Coligny : dès le 30 septembre, à Cahors, il connaissait cet ordre. Il dut lui être simplement confirmé par Monsalès à Gourdon, d’où il écrivit au roi qu’il espérait, après avoir opéré sa jonction avec le gouverneur d'Auvergne, Gaspard de Montmorin, comte de Saint-Herem, et son lieutenant, le grand prieur, arrêter lPennemi au passage de la Dordogne.
1. Délibération des États d’Agenais, Agen, 27 septembre (Arch. hist. de la Gir., XXIX, 65).
2. Monluc aux consuls d'Agen, Cahors, 30 septembre. — Monluc au orandprieur d'Auvergne, même date (V, 125-127).
3. Sommaire d’une lettre de Felipe de Bardaxi à don Juan de Bardaxi, Toulouse, 6 octobre (Arch. Nat., K, 1510, n° 47, ancien n° 40).
4. Injonction à Me Jehan de Maliac, Cahors, rer octobre (V, 330).