‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 430 sur 533 · Monluc au grand-prieur d'Auvergne, Cahors, 30 septembre · texte numérisé non relu

Monluc au grand-prieur d'Auvergne, Cahors, 30 septembre

C’est à Souillac, et non à Gourdon, comme semblent le dire les Commentaires, que Monluc et d'Escars réunirent le conseil de guerre où lon délibéra sur le parti à prendre. Fallait-1l, suivant l’ordre du roi, se replier vers Bergerac et Périgueux pour « favoriser » Angoulême, assiégé par Condé, ou tenter d'arrêter les Provençaux, de concert avec Joyeuse, avant qu'ils eussent franchi la Dordogne? Monluc, dans sa lettre au roi, dit qu'il proposa le premier plan, mais qu'il fut seul de son avis. Tous les capitaines firent observer que, si l’on s’éloignait vers la Charente, Assier s’emparerait sans coup férir d'Agen, de Moissac, de Villeneuve, et qu’il était prudent d’attendre les forces de Joyeuse et celles d'Auvergne pour attaquer un ennemi qui se renforçait de jour en jour. On décida donc de reculer sur Gourdon. Dans son livre, Monluc à omis, au compte rendu qu’il donne du conseil, de dire qu'il fut d’avis d’obéir aux ordres royaux; mais, quelques pages plus loin, il le rappelle pour se justifier du reproche d’insubordination qui lui fut adressé par la cour, à l’instigation de Monsalès. Son récit se trouve donc confirmé par la première épreuve qu'en donne la lettre au roi du 9 octobre.

Les Commentaires ne marquent pas d’une façon nette le mouvement de retraite qui suivit le conseil de guerre : il fut réel, puisque le rr Monluc avait reculé jusqu’à Villefranchede-Périgord”". C’est là, sans doute, qu’il reçut de l’évêque de Cahors l’avis que les Provençaux approchaient de cette ville et qu'il était urgent de la secourir. Assier avait, en effet, quitté Millau le 5 octobre : le 10, il était à Capdenac. Mais au lieu de tourner vers Cahors, où Monluc avait envoyé en hâte La Valette et Fontenilhes, il se dirigea vers la Dordogne par Assier et Gramat. Après avoir dénombré son armée à Payrac?, il franchit cette rivière le 14 octobre, à gué, au droit de Souillac, « duquel ledit sieur de Montluc estoit departy le jour precedent, ayant sondé ladite rivière et trouvé qu’elle estoit guéable presque partout, ne se sentant pas assez fort pour empescher telle armée de passer »*. C'est pendant cette marche que Monlue,

1. Monluc aux capitaines de Comminges, Astarac et Rivière-Verdun, Villefranche-de-Périgord, 11 octobre (J. Lesrrane, ODAGUL ID ES 2)

2. Payrac, Lot, ch.-1. de cant., arr. de Gourdon (13 kil.), à 51 kil. de Cahors.

3. Jean DE SERRES, 0p. cit., p. 233. — CF, La Porecnière, E, fo 150 ro, qui copie Jean de Serres.

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