BRANTÔME, Î
>. Id., IV, 248-250.
dix ans, «qu'il faisoit bon ouyr parler et de M. de Chaumont et de tous ses capitaines, braves François qu'il avoit tout cogneuz »’, pratiqua soigneusement les « gentilz discoureurs » les plus célèbres de son temps. Il cite «le petit capitaine Valfrenière », qui avait si bien vu et retenu « qu’il faisoit beau l’ouir discourir »”; le vieux Sansac, le héros de La Mirandole, qui, lorsqu'il se mettait «en ses resveries et discours de guerre », évoquait Tristan et Lancelot et les chevaliers errants de la Table-Ronde, les comparant à Jarnac et à La Châtaigneraie *; le baron de la Garde, qui lui contait, après d’autres vieux capitaines, «tout le mystère » de la campagne de Provence et du siège de Nice en 1543, et «la peyne qu'il y eut », et aussi ses voyages chez le Grand Seigneur, duquel il avait obtenu « par grand speciauté » de voir le « pennache de plumes de phœnix » *.
Monluc brillait au premier rang parmi ces conteurs. Il laisse entendre lui-même que François I aimait à lui demander « le discours de la bataille de Sérizolles » ; il se plaint que, dans les dernières semaines de sa vie, le roi-chevalier ne prit plus plaisir à l’écouter. Devenu vieux, il trouva dans Brantôme un auditeur de choix, d’une inaltérable patience, d’une insatiable curiosité. C’est au siège de La Rochelle, en 1573, que Brantôme, qui connaissait d’ailleurs déjà Monluc *, le pratiqua plus particulièrement. « Lou nas de Rabastain », réduit depuis trois ans à lPinaction, avait été Cappellé au festin comme les autres ». Quoi qu'il en dise, 1l en avait été flatté ; il apportait au duc d'Anjou l'appui de son expérience et les conseils d’un des plus vieux capitaines de l'Europe. Il ne se ménagea pas, se répandit en remontrances, Où il rappelait des souvenirs des sièges de Pavie, de Boulogne, de Thionville, de expédition de Naples sous Lautrec, dont il trait des leçons 6. Il retrouva là un de ses com-