‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 46 sur 533 · RIDE NN PET · texte numérisé non relu

RIDE NN PET

5. I l'avait certainement vu en 1565, à Bayonne, lors de l’entrevue de Catherine et de sa fille Elisabeth.

6. Voir le mémoire au duc d’Anjou publié par T. ne LarroQue, Quelques pages inédites de Blaise de Monluc, 1863. On y peut lire en particulier l’histoire du capitaine Laguo à Thionville, que l’on retrouve dans les Commen-

taires (I, 269-271).

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pagnons de Sienne, Galeazzo de San Severino, comte de Gayazzo, qui servait comme maréchal de camp. [Il aimait à causer avec ce vétéran des guerres d'Italie, qui « estoit fort entendu et sage capitaine, et paraissoit bien qu’il avoit bien veu et retenu, et si avec cela ne s’espargnoit point aux coups, encor qu'il fut estropiat d’un bras ». Brantôme assistait à ces conversations, écoutant avec déférence ces deux débris. Ils évoquaient les souvenirs du fameux siège : « Et les faisoit on beau ouyr en parler et se remémorer des exploictz qui se firent là »'. Une autre fois, « de nuict », dans la tranchée, Monluc, étant « en ses causeries », contait à Brantôme lui-même un de ses plus anciens souvenirs de Jeunesse, les amours de Lescun et de la marquise d’Escaldasol ?. Il lui avait aussi donné son opinion sur Pedro Navarro, le capitaine général de Lautrec dans la désastreuse expédition de Na ples *, et il fut sans doute de ceux qui lui attestèrent la bonté de Renée de Ferrare à l'égard des soldats du duc de Guise rentrant en France après la défaite de Saint-Quentin. Des liens furent vite noués entre deux personnages si bien faits pour s'entendre : le premier, flatté, ouvrit sans se faire prier le vaste trésor de sa mémoire; le second y puisa sans se lasser. Lorsqu’en septembre 1574, ils se retrouvèrent à Lyon, ils resserrèrent encore leur amitié et Brantôme se glorifie d’être devenu « sur la fin de ses jours » un des « grands gouverneurs » du nouveau maréchal de France : « J’estois, dit-il, fort souvant avec luy et m’aymoit fort, et prenoit grand plaisir quand je le mettois en propos et en train, et luy faisois quelques demandes de guerre où autres choses; car je ne suis jamais esté si jeune que Je n’aye tousjours esté fort curieux d'apprendre; et luy, me voyant en ceste voulonté, il me respondoit de bon cœur et en bons termes, car il avoit une fort belle éloquance militaire, et m'en estimoit davantage *. »

Des curieux aussi passionnés que Brantôme étaient rares, sans doute; Monlue, en tout cas, ne les laissait Jamais échapper

BRanTÔME, VI, 213.

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